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Interview – Le Campus Cyber sera « la caserne des casques bleus du réseau », Michel Van Den Berghe

Le futur centre de cybersécurité ouvrira ses portes à La Défense près de Paris en novembre prochain. Solutions Numériques a interviewé Michel Van Den Berghe, grand maître d’oeuvre du projet, qui se veut la pierre angulaire de la stratégie de cybersécurité française, réunissant des grands acteurs privés, des services publics, des PME et startups ainsi que des organismes de recherche et des écoles.

Un an après son lancement officiel, le Campus Cyber faisait un point d’étape le 18 mars au travers d’un événement virtuel intitulé « Le Campus Cyber : pour qui, comment et pourquoi ». Aux côtés de Michel Van Den Berghe, directeur général d’Orange Cyberdéfense, nommé pour la création de ce centre, on a pu écouter notamment Cédric O, secrétaire d’Etat au Numérique, Valérie Pécresse, présidente de la région Ile-de-France, et Guillaume Poupard, directeur général de l’ANSSI.
« 1 987 personnes, exactement, s’étaient connectées pour visionner ce point d’étape, un succès, d’autant que nous l’avions juste annoncé via nos réseaux sociaux personnels. C’est un sujet qui intéresse beaucoup de monde. Depuis ce matin, nous avons vingt nouvelles demandes d’entreprises françaises qui souhaitent participer au campus », se félicite Michel Van Den Berghe. En outre, l’événement a eu le mérite de réveiller ceux qui s’étaient au préalable mobilisés, souligne le président du Cyber Campus.

Finaliser la prise à bail et l’augmentation de capital 

« Nous avons deux étapes très importantes à finaliser dans les jours qui viennent. La finalisation de la prise à bail pour l’immeuble de 26 000 m2 qui va accueillir le Cyber Campus, et, en parallèle, celle de toute la partie étatique – nous travaillons avec la DIE, la direction de l’immobilier de l’État, pour toutes les entités de l’Etat qui vont rejoindre le Campus Cyber, sur 8 000 m2 environ. Enfin, nous faisons une augmentation de capital pour faire rentrer les entreprises dans l’actionnariat de notre SAS. Nous avons trois types de tickets : ceux à 100 000 euros pour les grandes entreprises, ceux pour les PME à 30 000 euros et enfin ceux pour les startups ou les associations à 10 000 euros. Quel que soit le ticket, chaque entité sera représentée au conseil d’administration, pour avoir toutes les tendances et toutes les voix. »

Une threat intelligence commune

Reste à déterminer dans le détail ce que les différentes parties prenantes vont faire de ce lieu. Michel Van Den Berghe nous répond : « D’abord une base de threat intelligence commune, pour partager tous nos marqueurs, nos indicateurs pour augmenter le niveau de la cyber française. Nous avons demandé aux entreprises de déporter une partie de leur activité cyber, qu’ils ont intérêt à partager, sur ce campus cyber. Beaucoup d’entreprises vont y mettre leur CERT par exemple, afin qu’ensemble nous partagions nos traceurs, nos sondes pour détecter plus vite des signaux faibles liés à une attaque. Ce campus sera un centre opérationnel. » D’autres réflexions sont en cours, en particulier sur un espace réservé aux grandes banques françaises qui pourraient y partager des données sur des attaques spécifiques. Le campus disposerait « d’un centre de réponses à incidents », un CERT inter-bancaire, mais aussi d’un centre « où une entreprise victime d’une attaque pourra porter plainte et être aidée à sa formalisation »… « Nous ne voulons surtout pas en faire une galerie marchande d’offreurs. D’ailleurs, 35 % de l’immeuble est dédié aux espaces collaboratifs », précise Michel Van Den Berghe.

« La prochaine crise importante sera  numérique. Je nous vois comme la caserne des casques bleus du réseau qui rassemblerait les personnes capables de protéger le territoire numérique ».

Au programme également, deux projets concrets qui seront effectivement réalisés sur le campus : la sécurisation de la Coupe du monde de rugby, la sécurisation des Jeux Olympiques de 2024 avec la création de consortiums.
D’autres initiatives naîtront, les groupes de travail étant en pleine réflexion, et Michel Van Den Berghe s’assurera que ce Campus Cyber reste avant tout un projet entrepreneurial, collaboratif et collectif.

 

Campus Cyber : 2 000 m2 dédiés
aux activités de formation

La question de la formation est également importante. « Nous allons également former des talents en manque d’expertises, créer des vocations en montrant que les métiers de la cyber ne sont pas réservés aux geeks à capuches. » Lire au sujet de la formation au Campus Cyber notre article dédié.

 

 

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