Si le télétravail était déjà présent avant la crise sanitaire dans les collectivités locales, la région Ile-de-France et la ville de Montreuil ont affiné leurs pratiques et augmenté leurs effectifs en télétravail. Témoignages.

Le télétravail est récent pour les agents de la Région Ile-de-France, puisqu’il a été lancé en septembre 2017 sur la base du volontariat. Il a été initié en lien avec le déménagement début 2018 du siège de la Région, du 7e arrondissement de Paris à Saint-Ouen en Seine-Saint-Denis.
Fin février 2019, la Région comptait 1 029 télétravailleurs actifs, soit 63 % des agents ayant des fonctions compatibles avec le télétravail. La Région compte 1 800 agents, en très grande majorité éligibles, qui ont reçu des ordinateurs portables.
Les agents de la Région ont un ou deux jours de télétravail par semaine. Ils ont signé une convention de télétravail, par laquelle ils se sont engagés à travailler dans de bonnes conditions de travail, à domicile ou dans les centaines de tiers-lieux conventionnés dans toute l’Ile-de-France. Ceux-ci garantissent l’ergonomie des postes de travail. Leur utilisation est financée intégralement par la Région, mais ils restent peu utilisés. 100 euros de prime ont été versés pour s’équiper à domicile. 10 euros par mois de participation aux frais Internet sont également versés.
Puis la crise sanitaire a généralisé le télétravail à 100%, avant de repasser à un système hybride. Un guide du télétravail est disponible depuis avril 2020, et un guide des outils digitaux du travail à distance l’est depuis mai 2021.

La Région attentive aux risques liés au télétravail

Fabienne Chol, directrice générale adjointe des ressources humaines de la Région Ile-de-France, remarque lors de la remise du rapport sur le télétravail et l’égalité femmes-hommes au siège de la Région, à Saint-Ouen : « Certains agents étaient d’abord réticents, craignant de faire des heures supplémentaires à domicile. Nous avons fixé la possibilité de télétravail à deux jours fixes dans la semaine, plus à 20 jours flottants dans l’année. Nous sommes attentifs aux risques liés au télétravail : l’isolement, l’invisibilisation de l’agent. En présentiel, nous tenons à vérifier que les agents soient toutes et tous en bonne condition physique et mentale, en portant notamment notre attention sur la communication non verbale. »

Une enquête annuelle sur le télétravail est réalisée par la Région. La proportion de télétravail n’est que de +2% en faveur des femmes par rapport aux hommes, sachant qu’il y a 60 % de femmes qui travaillent au siège de la Région. 85 % des agents déclarent ne pas souffrir de la porosité vie privée/vie professionnelle, 82 % déclarent être moins fatigués, et 76 % ne pas souffrir de l’isolement.

La démocratisation de jours de télétravail fait que la région a progressivement limité les bureaux fixes, jusqu’à aujourd’hui passer en 100 % flex office.

Montreuil a élargi les tâches télétravaillables

A Montreuil, la ville est passée de 100 agents qui avaient des jours de télétravail à 350 lors du confinement. Aujourd’hui, ils sont 400. 86 % des télétravaillleurs sont des femmes.
Maud Gauthier, responsable de la mission relations sociales de la ville de Montreuil, explique : « nous avons publié un guide à l’attention des managers pour développer des process vertueux, comme avoir un comportement managérial compréhensif vis-à-vis des parents. »
Eva Maginot, chargée de mission droit des femmes à la ville de Montreuil, ajoute : « La crise nous à fait réfléchir à l’élargissement des tâches télétravaillables. Ainsi, les agentes de l’Etat Civil peuvent avoir un jour de télétravail pour effectuer des tâches de saisie. Nous avons constaté que le niveau de maturité vis-à-vis des outils numériques est variable. Une formation sur les risques liés au télétravail est obligatoire. »

La ville est garante des bonnes pratiques, que ce soit des réunions efficaces et préparées à l’avance, avec un ordre du jour, ou le droit à la déconnexion.

Dans le privé comme dans le public, ces pratiques sont transposables pour une meilleure efficacité et plus de bien-être en télétravail.

 

 

Christine Calais