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« Il faut valoriser la reconversion professionnelle plus en amont », Godefroy de Bentzmann, Syntec Numérique

Godefroy de Bentzmann
Godefroy de Bentzmann lors du Day-Click 2018

Alors que se tenait mardi 27 novembre le Day-Click, job dating géant organisé par le Syntec Numérique, Godefroy de Bentzmann, son président, a plaidé pour une reconversion professionnelle plus poussée et plus en amont…

Sans cette reconversion professionnelle, alors que les entreprises du secteur numérique cherchent en particulier des talents scientifiques de niveau Bac + 5, « on n’y arrivera pas », soutient Godefroy de Bentzmann, le président de la chambre professionnelle depuis 2016.
Pour la troisième année consécutive, le Syntec Numérique organisait le 27 novembre son événement Day-Click au Centquatre à Paris. La veille, 5 000 personnes s’étaient inscrites à cet job dating géant qui proposait 20 000 offres d’emploi, de stages et d’alternances dans le secteur de l’IT et du numérique. Un événement justement conçu pour répondre à la pénurie des talents dans ce domaine.  

La filière a créé 28 000 emplois nets en 2017

Le secteur numérique enregistre depuis des années une croissance exponentielle. « On créé massivement de l’emploi. La filière a créé 28 000 emplois nets en 2017, ce qui est exceptionnel », précise Godefroy de Bentzmann, portant ses effectifs à 474 000 salariés, soit une croissance de 6,3 %. Mais cela ne suffit pas, le manque de compétences est bien là. Aussi bien pour les sociétés de services, de conseils et éditeurs du secteur que pour les entreprises tous métiers confondus, qui vont d’ailleurs souvent débaucher chez les premiers les talents qui leur font défaut. « L’attractivité naturelle de notre filière nous demande d’être en pointe pour expliquer aux écoles qu’elles fassent des efforts. Pour orienter leurs programmes vers ce dont a besoin notre secteur, expliquer aux jeunes que ça vaut le coup de faire un métier scientifique et de se diriger vers le numérique, et non pas vers des secteurs vieillissants. Nous déployons beaucoup d’énergie et d’initiatives depuis 10 ans. » Ainsi de Pascaline, renommée Talents du numérique, qui rassemble une centaine d’écoles d’ingénieurs et d’universités pour les faire travailler ensemble autour des enjeux du numérique. Syntec Numérique travaille aussi avec l’Etat sur les filières plus scientifiques, le code à l’école, les diplômes informatiques, avec le Capes informatique en particulier, qui d’ailleurs pour l’instant n’existe toujours pas.

Une reconversion professionnelle que le Syntec espère plus rapide

« On cherche à mieux former les conseillers d’orientation, à travailler auprès des jeunes filles, bien moins intéressées que les jeunes garçons à ces métiers. Elles ne représentent que 12 % des ingénieurs qui sortent de l’école, là où on devrait en avoir 50 % », ajoute le responsable.
Il faut également « motiver les grands clients » par un certain nombre « de mécanismes de formation vivants et permanents que nous sommes en train d’affiner » et une prise de conscience, pour sensibiliser les équipes aux nouveaux jobs qui apparaissent. Si les grandes entreprises ont mis en place des écoles internes, des académies propres, il faut faire maintenant « un pas de plus » et démarrer une expérimentation, sensibiliser des collaborateurs qui attendraient encore 3 ou 4 ans avant de bouger pour qu’ils le fassent maintenant. « Il faut valoriser la reconversion plus tôt, et pas en fin de cycle », est convaincu Godefroy de Benzmann.

 

Le secteur logiciels et services informatiques a de nombreux arguments pour attirer de nouveaux talents

  • il compte notamment en proportion le plus de salariés en CDI (93,2%)
  • il emploie 70,2% de cadres
  • la rémunération brute moyenne par an est de 50,3 K€ (contre 35,1 K€ à l’échelle nationale, toute forme de rémunération incluse).
Juliette Paoli

1 COMMENTAIRE

  1. Connaissant bien le secteur pour y travailler de 30 ans, ça me fait bien rigoler quand on voit les conditions de travail. Ok, on est, d’après eux, bien payés mais le quotidien est loin d’être l’extase. ça attirerait plus si les conditions étaient meilleures. Les frais de déplacements, la formations et la R&D sont des variables d’ajustement fortement utilisés à des fins financières. Et c’est très souvent le collaborateur ou sous-traitant qui est lésé.