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Dust devant OpenAI ? Une cartographie des dépenses IA de 1 700 entreprises françaises

La deuxième édition du benchmark Spendesk sur les dépenses en intelligence artificielle, portant sur plus de 1 700 entreprises françaises ayant réalisé des achats via la plateforme, dresse un portrait du marché hexagonal, via ses données.

Une ligne budgétaire comme les autres

La France met la main au portefeuille, “elle représente 39 % des dépenses totales analysées, ce qui en fait le premier marché européen en volume. C’est également le seul pays où un acteur français, Dust, devance largement OpenAI”, lit-on dans l’étude. 

En trois ans, le taux d’adoption de l’IA parmi les entreprises françaises d’apres les données de Spendesk est passé de 41,8 % en 2023 à 70,3 % en 2025. Mais le chiffre le plus révélateur n’est pas celui-là. Sur la même période, la nature des achats s’est profondément transformée : 64 % des transactions liées à l’IA sont désormais des abonnements récurrents, contre 42,7 % deux ans plus tôt. L’IA a rejoint le rang des dépenses SaaS ordinaires, renouvelables, traçables, et de plus en plus soumises aux mêmes exigences de gouvernance que n’importe quel contrat logiciel.

Au total, les entreprises analysées ont dépensé 13,2 millions d’euros en outils d’IA en 2025, soit une progression de 44 % par rapport aux données recueillies en 2024. La part de l’IA dans les budgets totaux a bondi de 49 % en un an, atteignant 0,269 % des dépenses globales. Ce qui frappe davantage, c’est que cette hausse n’est pas portée par un afflux de nouveaux utilisateurs, la pénétration utilisateur n’a progressé que de 22 %, mais par les organisations déjà équipées, qui ont massivement intensifié leurs investissements. Pour les équipes finance et achats, la conséquence est directe : suivi des renouvellements, contrôle des usages et consolidation des fournisseurs deviennent des priorités opérationnelles à part entière.

Une exception française documentée

Sur les marchés britannique, allemand et espagnol couverts par l’étude Spendesk, OpenAI (ChatGPT) s’impose comme le premier fournisseur, présent dans 82 % des organisations utilisatrices d’IA à l’échelle du continent. En France, la configuration est différente. D’après les données collectées par Spendesk, c’est Dust, acteur français, qui capte 61 % des dépenses totales en IA, soit 8,07 millions d’euros, plus du double d’OpenAI (3,46 millions d’euros). La France représente par ailleurs 39 % de l’ensemble des dépenses analysées sur les quatre marchés européens, pour un total de 33,8 millions d’euros.

Cette prédominance de Dust dans les chiffres recueillis à l’occasion de l’étude sur le marché français tient à une réalité commerciale précise. : ses dépenses correspondent à des déploiements à l’échelle de l’entreprise, avec des tickets unitaires élevés, là où OpenAI concentre sa présence sur le volume — 34 141 transactions enregistrées en France, soit 69 % de toutes les transactions IA, mais seulement 26 % de la valeur totale. Deux logiques coexistent donc : une adoption de masse, individuelle, portée par des abonnements accessibles, et des investissements structurants, concentrés sur un nombre restreint de plateformes à forte valeur unitaire.

Le paradoxe des volumes et des valeurs

Cette dualité se lit directement dans les chiffres. Les abonnements représentent 64 % des transactions mais seulement 35,8 % de la valeur totale des dépenses (4,7 millions d’euros). À l’inverse, les achats ponctuels (36 % des transactions) concentrent 64,2 % de la valeur, soit environ 8,5 millions d’euros. Ces achats correspondent en général à des déploiements sur mesure, des licences d’entreprise ou des intégrations techniques spécifiques. Autrement dit, les dépenses les plus importantes restent concentrées sur des investissements structurants peu fréquents, qui précèdent souvent la mise en place d’abonnements récurrents.

À noter également, l’entrée de Mistral dans le classement des principaux fournisseurs d’IA en France, avec 46,4 k€ de dépenses et 704 transactions enregistrées en 2025, contre une présence quasi nulle en 2024. Un mouvement qui s’explique par l’intérêt croissant des entreprises françaises pour des modèles souverains, en complément des acteurs américains dominants.