Réunissant 4 000 experts issus de 41 nations, l’exercice Locked Shields 2026 était organisé du 13 au 24 avril 2026 par le Centre d’excellence de cyberdéfense coopérative de l’OTAN. L’équipe franco-suédoise s’y distingue avec une troisième place, portée par une mobilisation conjointe d’acteurs civils, militaires et académiques.
Un exercice grandeur nature pour éprouver les capacités de défense
Locked Shields s’impose comme l’un des plus vastes exercices internationaux dédiés à la cyberdéfense. Les participants ont été confrontés à des scénarios d’attaques complexes dans un environnement réaliste et contrôlé, reproduisant les conditions d’un incident cyber majeur. “Pendant deux semaines, les cybercombattants seront répartis entre une Blue Team (représentant des nations et leur défense) et une Red Team (composée d’attaquants simulant des attaques cyber sophistiquées)”, explique le ministère des armées sur son site.
L’exercice met à l’épreuve la capacité des équipes à détecter, analyser et contenir des attaques, tout en assurant la continuité des systèmes d’information, il valorise également la coordination et la prise de décision sous pression.
À l’issue de l’édition 2026, l’équipe franco-suédoise décroche la troisième place du classement. Une position qui prolonge la dynamique engagée l’année précédente, où elle avait atteint la deuxième marche du podium. L’équipe réunissait notamment des experts de l’ANSSI, des cybercombattants militaires ainsi que des étudiants issus de trois écoles partenaires du COMCYBER.
Des infrastructures critiques au cœur des scénarios
Les équipes ont été confrontées à des cyberattaques en temps réel visant des systèmes d’information nationaux et des infrastructures critiques. Les scénarios couvraient un large éventail de technologies sensibles, allant des réseaux 5G aux systèmes de gestion satellitaire, en passant par les réseaux électriques et les dispositifs de vote électronique. Cette diversité a permis de tester la capacité des participants à protéger des environnements complexes, à la fois techniques et stratégiques.
« Les cybermenaces deviennent plus fréquentes et de plus en plus sophistiquées à l’échelle mondiale. Nous devons être capables de développer nos capacités de cyberdéfense pour garder au moins une longueur d’avance. Locked Shields réunit la puissance de 41 alliés et partenaires pour s’entraîner à la cyberdéfense multinationale dans des scénarios de crise et de guerre, échanger des savoir-faire et renforcer la collaboration, ce qui est essentiel pour une résilience durable face aux cybermenaces », a déclaré Tõnis Saar, directeur du Centre d’excellence de cyberdéfense coopérative de l’OTAN (citation traduite de l’anglais).
Au-delà de la simulation technique, l’exercice mobilise des expertises multiples, allant du renseignement sur les menaces à la réponse à incident, en passant par le conseil juridique, la criminalistique numérique et l’analyse de malwares. Cette approche transversale reflète l’évolution des cyberattaques, qui exigent désormais une coordination étroite entre compétences techniques et non techniques.
Dan Cristian Ungureanu, directeur de l’exercice Locked Shields 2026, rappelle la finalité de l’événement : « Notre objectif ultime avec Locked Shields est de renforcer la collaboration entre les nations et de bâtir une confiance ainsi qu’une compréhension commune des moyens de consolider la résilience dans le cyberespace. Je remercie l’ensemble des participants, organisateurs et partenaires – près de 5 000 personnes dans le monde – pour leur contribution à cet objectif partagé », lit-on dans le post Linkedin de la CCDCOE.





