Accueil L'industrialisation logicielle : un préalable à la maturité

L'industrialisation logicielle : un préalable à la maturité

“Depuis quelques années, il y a une prise en compte du test par les entreprises mais ce n’est pas uniforme. Il y a différents niveaux de maturité” recadre Natacha Pickaert (manager testing France, Sogeti France). L’un des facteurs de maturité sur les tests et leurs usages, dépend de l’industrialisation logicielle dans l’entreprise. L’industrialisation logicielle doit permettre d’intégrer le cycle de vie des applications (de la récolte des exigences à la production) à l’entreprise, en fournissant des cadres fonctionnels à chaque intervenant des projets, de favoriser la collaboration et mettre en place des bonnes pratiques et des méthodologies de conception et de développement. Ces cadres pouvant être repris dans d’autres projets. L’industrialisation signifie aussi l’utilisation d’un outillage complet (ALM, templates projets et agiles, outils de tests, processus projets, itération, etc.). Il s’agit de passer du développement “artisanal” à un développement ordonné, cadré et réutilisable. Cette approche doit permettre à l’entreprise d’aligner le métier et l’informatique, de respecter les délais et les spécifications, d’être plus réactif. L’industrialisation impose de facto le test, le plus tôt possible dans le cycle. Comme nous l’a indiqué Natacha Pickaert, il y a eu une prise de conscience en 2011 pour un certain nombre d’entreprise mais toutes ne passent pas à l’action car immanquablement, il y a des conséquences sur l’organisation. S’il n’y a pas de plan global, il y a un fort risque de surcoût et de dérives. Par contre, l’industrialisation logicielle, avec en ligne de mire la qualité logicielle, est un levier non négligeable de réduction des coûts. Les projets sont mieux gérés, les ressources rationalisées, la qualité de bout en bout du cycle. Cela impose au préalable un dialogue. “DSI, production, direction générale dialoguent ensemble, se parlent. C’est assez nouveau”, note Natacha Pickaert. Car l’industrialisation logicielle ne peut réussir que si l’ensemble des directions, des équipes sont impliquées. Si la démarche vient de la direction générale ou de la DSI, les risques de blocages se multiplient. La gestion du changement et d’accompagnement (= le changement fait peur) s’avèrera cruciale pour la réussite de l’industrialisation. Les équipes ne doivent pas se sentir contraintes et forcées d’y aller. Même sans industrialisation, il est possible de faire de la qualité logicielle (même si elle implique de la méthodologie, des outils, un cycle de vie), à condition de ne pas voir les tests comme une variable d’ajustement. C’est encore une réalité. Et dans ce cas précis, le test sera effectué par la personne qui développe ou qui va l’utiliser, sans aucun cadre formel, sans méthode. Or, le test pour qu’il puisse aider à la qualité, doit se faire au niveau du cycle de vie et surtout, il peut faire le lien entre MOA et MOE. Se pose alors une autre question : faut-il créer un métier de testeur dans l’entreprise ou externaliser à des sociétés spécialisées ?

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