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IoT et 5G, moteurs des datacenters edge

> À l’intérieur d’un datacenter Equinix

L’Internet des Objets et l’arrivée de la 5G ouvrent la voie à l’émergence de petits datacenters régionaux, plus proches des utilisateurs et des objets connectés.

 

L’edge computing nécessite de mettre la puissance de calcul et de stockage au plus près des besoins, le degré de proximité étant fonction du temps de latence nécessaire à l’application. En traitant les données à proximité de la périphérie du réseau, là où elles sont générées, l’edge computing impacte l’industrie des datacenters. Si la tendance de ces dernières années a été de construire de grands datacenters centraux, l’edge computing devrait soutenir le développement de petits datacenters locaux, de 100 à 1000 m². L’objectif est d’offrir des temps de latence très restreints, que demandent certaines applications temps réel. Car 80 km de réseau représente un temps de latence d’une milliseconde. Des applications de vidéosurveillance demandent par exemple 5 millisecondes de latence. Différents usages commencent à voir le jour, avant même l’arrivée de la 5G. Par exemple, les plateformes de streaming vidéo diffusent en 4K et commencent à diffuser en 8K. Elles souhaitent distribuer le trafic au plus près des utilisateurs, avec de la mise en cache chez un opérateur local, passant d’un modèle de plate-forme centralisée à celui de plate-forme distribuée.

Smart cities

« Dans le cadre de l’essor des Smart Cities, de la 5G et de l’Internet des objets pourrait se dessiner un nouveau modèle associant un grand datacenter central et de petits datacenters locaux », envisage Jérôme Totel, directeur stratégie de Data4 Group, qui opère 19 datacenters répartis dans quatre campus à Paris, Milan, Luxembourg et Madrid et cherche deux nouveaux sites en Europe, dans la zone Allemagne – Europe de l’Est – Pays nordiques.

> Jérôme Totel

« Ces applications peuvent nécessiter un taux de latence réduit et du stockage local. Les applications d’un véhicule autonome pourront ainsi, en fonction de l’usage des données et du temps de réponse que celui-ci implique, envoyer des données au datacenter local et/ou au datacenter central. Mais il y a encore très peu d’applications qui nécessitent un temps de latence très réduit. Ainsi, une seule plateforme nationale, comme nos campus français, espagnol et italien, permet de couvrir actuellement 80 à 90 % des besoins d’un pays de taille moyenne. L’évolution devrait se faire en fonction du développement réel des usages et des contraintes financières, sachant que le prix de la bande passante diminue constamment et que construire un petit datacenter de proximité coûte relativement plus cher et pose des problèmes d’efficacité énergétique. Dupliquer des plateformes, c’est augmenter les coûts, la complexité et la gestion opérationnelle. »

Modèle multi-tier

Pour Nicolas Roger, directeur des architectes solutions d’Equinix en Europe, le positionnement des datacenters dépend des cas d’usage : « Remonter à un point centralisé la montagne de données générées par l’Internet des objets peut générer des coûts non viables. Un modèle multit-tier est alors d’avoir un premier niveau d’analyse de données fournies par l’objet en local, et un second niveau d’analyse générale en central, pour analyser les grandes tendances. Les usines qui se digitalisent, et qui ont souvent leur intelligence sur site, seraient certainement intéressées par des datacenters locaux. Des datacenters edge au plus près des zones industrielles et logistiques auraient du sens.

Avec l’essor de la 5G qui, en accélérant la capacité de collecte des données, va faire exploser le volume de données, on peut aussi envisager des racks au pied des antennes 5G. »

Nicolas Roger souligne aussi que l’Europe est déjà bien desservie : « Aujourd’hui, 95% de la population européenne est à moins de 10 millisecondes d’un datacenter. Nous avons un petit datacenter à Gênes, et allons également lancer un datacenter en région en France cette année. Mais nous sommes avant tout présents en région pour fournir un espace d’interconnexion, d’échange de trafic entre des clients d’un même territoire. Notre stratégie est d’offrir des services homogènes dans le monde, pas d’être partout. »

 


L’edge computing accélère le traitement des données

L’edge computing est une architecture informatique distribuée et ouverte avec une puissance de traitement décentralisée, permettant de déployer l’informatique mobile et l’Internet des objets : les données sont traitées soit par l’appareil lui-même, soit par un ordinateur ou un serveur. Il permet d’accélérer les flux de données, voire le traitement de données en temps réel sans latence.