Le marché français du cloud a dépassé les 20 milliards d’euros en 2024 et affiche une croissance de 27 %, selon Numeum. Derrière cette dynamique, les systèmes d’information se complexifient. Cloud public, cloud privé, infrastructures on premise, logiciels propriétaires, open source, SaaS : les DSI doivent désormais composer avec des environnements multiples et des dépendances de différentes natures.
Dans ce contexte, réduire la souveraineté numérique à une opposition entre technologies françaises, européennes ou américaines ne suffit plus. Pour AntemetA, ESN française spécialiste des infrastructures, du cloud et de la cyber-résilience, l’enjeu est avant tout de conserver la capacité de décider, d’exploiter et de faire évoluer son système d’information dans la durée. Une approche qui repose sur une conviction : la liberté réside dans la gouvernance de son hybridation.
L’hybridation est une réalité, encore faut-il la maîtriser
Le système d’information homogène est devenu l’exception. Les entreprises combinent infrastructures privées, cloud public, services managés et applications SaaS, tout en faisant cohabiter solutions propriétaires et technologies open source.
Cette hybridation s’accélère avec la généralisation des architectures cloud native. Selon l’enquête annuelle 2024 de la Cloud Native Computing Foundation (CNCF), 93 % des organisations utilisent Kubernetes, le testent ou l’évaluent et 80 % déclarent l’utiliser en production. Dans cette réalité hybride, opposer systématiquement les modèles présente peu d’intérêt. Une technologie propriétaire peut répondre efficacement à un besoin précis. Une solution open source peut offrir davantage de maîtrise, de réversibilité ou permettre
de développer des solutions et des compétences localement.
La question porte davantage sur le niveau de dépendance accepté.
Pour AntemetA, une architecture souveraine doit permettre de conserver une indépendance opérationnelle. Une entreprise doit pouvoir continuer à exploiter son système d’information, même lorsque les conditions économiques, contractuelles ou technologiques d’un fournisseur évoluent brutalement
C’est là que la distinction entre souveraineté réglementaire et souveraineté opérationnelle prend tout son sens. La qualification SecNumCloud apporte des garanties fortes en matière de sécurité et de protection juridique des données. Elle ne règle cependant pas, à elle seule, toutes les questions de dépendance technologique. Certaines offres françaises de « cloud de confiance » restent étroitement liées aux technologies de grands fournisseurs de cloud public.
AntemetA privilégie une lecture plus large : évaluer la localisation et la protection des données, bien sûr, mais aussi la réversibilité, l’architecture, les conditions de licence, les compétences nécessaires et la capacité à poursuivre l’exploitation en cas de changement de stratégie d’un fournisseur.
Du Vendor Lock-in au Skills Locker
L’open source occupe naturellement une place importante dans cette réflexion. Il permet de réduire certaines dépendances aux éditeurs, de favoriser l’investissement dans des compétences locales et de conserver une plus grande maîtrise technologique.
Mais ouvert ne signifie pas automatiquement indépendant.
Une entreprise peut sortir d’un Vendor Lock-in et créer involontairement une nouvelle dépendance : le Skills Locker.
Kubernetes, OpenStack, Ceph, Proxmox ou d’autres technologies ouvertes offrent de nombreuses possibilités. Leur exploitation peut toutefois nécessiter des profils spécialisés, parfois difficiles à recruter et à fidéliser.
Le marché de l’emploi illustre cette tension. Selon les données relayées par le Labo Société Numérique à partir des travaux de Numeum, 45 % des collaborateurs quittant une ESN rejoignent directement un client et 43 % un concurrent. Pour une DSI ayant concentré l’exploitation d’une plateforme stratégique sur quelques experts, leur départ peut rapidement devenir un risque opérationnel.
Le coût réel d’une architecture doit donc intégrer les licences mais aussi les recrutements, la formation, les certifications, la transmission des connaissances et la disponibilité des compétences sur plusieurs années.
L’enjeu n’est pas d’opposer open source et technologies propriétaires. Il consiste à utiliser les deux de manière maîtrisée, selon les besoins de l’entreprise et sa capacité réelle à les exploiter.
La souveraineté à 100 % : une promesse difficile à tenir
Peut-on pour autant construire un système d’information totalement souverain ? La réalité industrielle invite à la prudence.
Les processeurs proviennent d’un nombre limité d’acteurs internationaux. Les infrastructures matérielles reposent sur des chaînes d’approvisionnement mondiales. Les communautés open source dépassent largement les frontières européennes. Même une infrastructure hébergée et opérée en France intègre nécessairement des composants venus d’ailleurs.
La souveraineté ne peut donc pas être réduite au pays d’origine d’une technologie. Elle consiste plutôt à identifier où se situent les dépendances et jusqu’où l’entreprise accepte de les subir.
Certaines technologies propriétaires peuvent ainsi parfaitement s’intégrer dans une stratégie souveraine lorsqu’elles sont exploitées sur une infrastructure indépendante des grands clouds publics et qu’elles permettent de conserver une capacité d’évolution. De la même manière, l’open source peut constituer un puissant levier de souveraineté lorsqu’il s’accompagne des compétences et du modèle d’exploitation nécessaires.
La souveraineté devient alors un arbitrage permanent entre sécurité, performance, coûts, compétences, réversibilité et indépendance opérationnelle.
Lever le Skills Locker par les services managés
Cette complexité fait également évoluer le rôle des ESN.
Conseiller une entreprise sur le bon équilibre entre technologies propriétaires et open source constitue une première étape. Encore faut-il être capable d’exploiter durablement l’architecture retenue.
C’est ici qu’AntemetA élargit son rôle. L’entreprise accompagne les DSI dans la conception de leurs architectures hybrides mais peut également prendre en charge l’administration et l’exploitation des plateformes à travers ses services managés.
Cette capacité apporte une réponse directe au Skills Locker. Une entreprise peut choisir une technologie open source sans devoir nécessairement constituer et maintenir en interne l’ensemble des expertises nécessaires à son fonctionnement.
L’objectif est de conserver la meilleure des deux approches : adapter le périmètre des solutions propriétaires et open source aux besoins réels de l’entreprise, tout en garantissant que le système d’information restera gouvernable et exploitable dans la durée.
C’est probablement là que se joue aujourd’hui la souveraineté numérique la plus concrète.
Elle ne repose ni sur le « tout open source », ni sur le « tout propriétaire », ni sur le rejet systématique des clouds publics mais sur la capacité d’une entreprise à connaître ses dépendances, à décider lesquelles elle accepte et à conserver des alternatives lorsque ses choix technologiques, économiques ou réglementaires doivent évoluer.
La souveraineté n’est pas l’absence de dépendance. C’est la capacité à ne jamais en devenir prisonnier.
Pour en savoir plus : https://www.antemeta.fr/









