Accueil Cybersécurité UECC 2026 : du réarmement numérique à la commande publique

UECC 2026 : du réarmement numérique à la commande publique

Les Universités d'Été de la Cyber et du Cloud de confiance (UECC) organisées par Hexatrust pour la douzième année.

Aux Universités d’été de la cybersécurité et du cloud de confiance, organisées le 10 septembre à Station F, le Pacte numérique et IA a été signé. Derrière l’acte protocolaire, un message plus large s’est dégagé des tables rondes et des couloirs : la souveraineté numérique n’est plus un argument de vente, elle devient un critère qui pèse dans les arbitrages budgétaires : un critère discriminant.

Du symbole au concret

David Amiel, ministre de l’Action et des Comptes publics, et Anne Le Hénanff, ministre déléguée chargée de l’Intelligence artificielle et du Numérique, ont signé le Pacte numérique et IA, un texte qui formalise une méthode de travail entre la Dinum et les industriels français du numérique de confiance. L’État y expose ses besoins, les entreprises leurs capacités, sans que le dispositif ne se substitue aux règles de la commande publique.

Le Comité stratégique de filière Logiciels et Solutions Numériques de Confiance (CSF) et Hexatrust copilotent l’ensemble aux côtés de l’État.

La filière dispose des entreprises, des compétences et des solutions innovantes et performantes nécessaires pour répondre aux besoins de l’Etat. Ce qui compte désormais, c’est de mieux organiser la rencontre entre ces capacités et les priorités publiques

Michel Paulin, président du CSF.

Le texte s’inscrit dans la continuité du plan de sécurisation numérique et cyber lancé fin avril, doté de 200 millions d’euros, et se veut le relais industriel d’une ambition affichée depuis plusieurs mois déjà. 

Pour Jean-Noël de Galzain, président d’Hexatrust, ce Pacte marque une bascule assumée : “le réarmement numérique n’est pas un slogan. C’est une condition de notre souveraineté. La France dispose d’entreprises, de compétences et de solutions. Avec le Pacte, l’État se donne les moyens de passer des intentions aux actes”. Un discours qui fait écho à ce qu’il développait en interview avec nous : après douze ans (NDLR : il s’agissait de la 12eme édition des UECC) où la souveraineté relevait surtout d’un discours porté par quelques visionnaires de l’industrie, le sujet s’est transformé en nécessité de sécurité publique, avec en toile de fond plus de 43 millions de données volées depuis le début de l’année. La commande publique reste, selon lui, le nerf de la croissance : il cite l’exemple de Palantir, entré en Bourse avec un peu plus de 50% de commandes publiques dans ses revenus, comme preuve que l’industrie se construit d’abord par la confiance de l’acheteur public. 

La souveraineté : critère discriminant, générateur de commande 

Ce que confirment les échanges des différentes tables rondes de l’événement, c’est un changement de paradigme : la souveraineté devient un critère discriminant dans les choix d’achat, ce qui commence concrètement à générer de la commande publique.

La table ronde Cybersécurité et défense : Comment positionner les solutions européennes sur la scène mondiale.

Marc Darmon, président du comité stratégique de filière des industries de sécurité et vice-président de Thales, l’a rappelé lors de la table ronde consacrée à la cybersécurité et a la défense. Il pointe le rôle des exigences de l’ANSSI et des labellisations, a commencer par SecNumCloud et ses quelque 400 critères techniques, un niveau d’exigence que “des acteurs américains n’atteindraient probablement pas”. Mais pour lui, l’autonomie ne se confond pas avec l’autarcie : “il faut choisir ses combats, choisir ses sujets”. Autrement dit, se séparer des géants américains brique par brique plutôt que de vouloir tout réinternaliser.

Face à l’IA, l’ecosystème cherche son tempo 

Reste la question de l’intelligence artificielle, présentée comme une tension supplémentaire a absorber plutôt que comme un chantier à part. Elle constitue, selon les échanges entendus lors de l’événement, une surtension de plus, un agenda largement contraint par les grands acteurs du secteur.

L’écosystème fait ce qu’il peut pour surfer sur la vague, sans se faire submerger

Joffrey Celestin-Urbain, président du Campus Cyber lors d’une table ronde, aux UECC.

Côté éditeurs, il parle d’un mouvement d’incorporation accéléré de l’IA dans les produits cyber existants, porté par un besoin partagé, côté offre comme côté demande, de mutualiser les cas pratiques.

Signature du Pacte et arbitrages concrets : la souveraineté ne se décrète plus, elle se construit, brique par brique, sans naïveté sur les délais, ni sur les moyens qu’il reste à mobiliser.