Un acteur malveillant probablement russophone a utilisé des centaines d’agents IA pour développer, tester puis lancer des exploits contre PaperCut NG/MF. GreyNoise a identifié au moins 440 instances compromises appartenant à 395 organisations dans 48 pays, dont 31 en France.
Des agents IA mobilisés dès le développement des exploits
La campagne débute le 31 août. Selon GreyNoise, l’attaquant a d’abord construit un environnement de test reproduisant une installation vulnérable de PaperCut NG/MF et un serveur Active Directory.
Il s’est ensuite servi de centaines d’agents IA pour développer et tester des exploits visant deux vulnérabilités récemment dévoilées, CVE-2026-81578 et CVE-2026-82078. Les agents étaient orchestrés à travers l’environnement Codex d’OpenAI, mais utilisaient notamment un modèle DeepSeek ainsi que plusieurs outils offensifs accessibles publiquement.
Une fois l’exécution de code à distance et le vol d’identifiants validés dans cet environnement, les agents ont été utilisés pour passer à l’exploitation à grande échelle. GreyNoise indique que l’attaquant construisait parallèlement ses listes de cibles avec le moteur de recherche d’infrastructures Netlas.
440 instances compromises dans 48 pays
La campagne aurait permis de compromettre au moins 440 instances PaperCut NG/MF, correspondant à 395 organisations identifiées dans 48 pays. GreyNoise précise que d’autres victimes n’ont pas pu être rattachées à une organisation précise.
Les États-Unis concentrent le plus grand nombre de victimes identifiées, devant le Royaume-Uni. La France arrive parmi les pays les plus touchés avec 31 organisations, dont 23 pour lesquelles GreyNoise a observé une collecte d’identifiants et 12 une récupération de secrets liés au système d’exploitation ou au domaine. Dans un cas français, l’attaquant aurait atteint un compte administrateur de domaine.
L’opération semble essentiellement opportuniste. PaperCut est notamment très présent dans les établissements scolaires et universitaires, ce qui expliquerait en partie la forte représentation du secteur de l’éducation parmi les victimes américaines.
PaperCut publie de nouvelles versions de sécurité
Les deux failles exploitées concernent les versions auto-hébergées de PaperCut NG et MF. CVE-2026-81578 permet un contournement de l’authentification de l’interface d’administration, tandis que CVE-2026-82078, notée 9,4 sur 10, concerne le chargement dynamique de classes Java et peut mener à l’exécution de code dans certaines conditions.
PaperCut avait publié plusieurs correctifs d’urgence depuis le 28 août. L’éditeur a désormais mis à disposition les versions 26.0.5, 25.0.13 et 24.1.10, qui remplacent ces correctifs temporaires et intègrent l’ensemble des protections.
L’entreprise confirme des compromissions chez certains clients et indique que les serveurs toujours accessibles depuis Internet et non corrigés continuent d’être ciblés.
L’IA réduit le temps entre la faille et son exploitation
La particularité de cette campagne tient moins à la technique utilisée contre PaperCut qu’à son organisation. Les mêmes agents ont participé à la recherche, au développement des exploits, à leur validation puis à leur exécution contre plusieurs centaines de serveurs.
Cette automatisation permet à un attaquant de mener simultanément des tâches jusque-là réalisées successivement par des opérateurs humains. Dans le cas PaperCut, elle a contribué à transformer deux vulnérabilités fraîchement divulguées en campagne mondiale en quelques jours.








