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Utilisation des données personnelles : les Français entre mésinformation et méfiance

Etude 2015 d'Elia/Ipsos sur les données personnelles
Etude 2015 d'Elia/Ipsos sur les données personnelles

C’est un paradoxe français : malgré une crainte diffuse sur l’utilisation de leurs données personnelles, les Français ne modifient pas leur comportement.

Après l’affaire Snowden en 2013, le droit à l’oubli consacré par la CJUE en 2014 et la loi française sur le renseignement adoptée en juin 2015, la question du traitement des données personnelles est plus que jamais d’actualité. La seconde édition du baromètre « Les Français et leurs données personnelles », réalisée par Ipsos pour la start-up de conseil Elia Consulting montre un renforcement des tendances observées dans la première édition de 2013.

Mes données pour quoi faire ?

Les Français sont parfaitement conscients que leurs données personnelles peuvent être utilisées : 9 sur 10 (92 %) pensent que les informations qu’ils renseignent peuvent être utilisées ou conservées pour un usage futur par le fournisseur de services. Mais la majorité ne sait pas vraiment à quoi vont servir leurs données personnelles. Seul 1 Français sur 2 estime être suffisamment informé de l’utilisation des données recueillies par les acteurs qu’ils jugent les plus fiables, leur médecin (53 %), leur banque (51 %) ou l’administration (48 %).

Ma géolocalisation ? Heum

En comparaison avec la première étude, les Français sont globalement moins enclins à autoriser l’utilisation de leurs données, même pour recevoir des avantages commerciaux : 50 % d’entre eux disent accepter de donner leurs e-mails en vue d’une utilisation future par l’entreprise afin d’obtenir des avantages commerciaux. Cette part tombe à 40 % pour les données d’identité (nom, âge, profession) et à 30 % lorsqu’il s’agit de communiquer leur numéro de téléphone. Ils ne sont plus que 18 % à autoriser l’utilisation de leurs données de géolocalisation.

Alors qu’ils ont conscience de la captation de leurs données et se montrent clairement méfiants à l’égard de l’utilisation potentielle qu’en feraient les entreprises, les Français ne changent que peu leurs usages d’Internet. Seul un internaute sur trois prend le temps de lire les conditions générales de vente ou de modifier les paramètres de sécurité de leurs réseaux sociaux et smartphones (33 % dans les deux cas).

 

Pour voir les résultats complets de l’étude 

 

L’enquête a été menée du 29 avril au 4 mai 2015 auprès de 1 049 personnes constituant un échantillon représentatif de la population française âgée de 15 ans et plus. Méthode des quotas : sexe, âge, profession, catégorie d’agglomération et région. Les questionnaires ont été administrés en ligne.

Juliette Paoli