Accueil Finances Taxe Gafa européenne : l’Allemagne préférerait une solution internationale

Taxe Gafa européenne : l’Allemagne préférerait une solution internationale

Angela Merkel freine sur la taxe Gafa proposée par Paris. La chancelière allemande s’est déclarée mardi en faveur d’un accord international sur la taxation des géants du numérique, une solution européenne n’étant qu’un choix par défaut, contrairement à ce que veut la France.

« Le mieux serait de trouver une solution internationale, de trouver un accord international sur une taxation minimum« , a déclaré Angela Merkel, devant le Parlement européen à Strasbourg. « Si cela ne réussit pas, il ne faudra pas attendre indéfiniment mais il faudra agir au plan européen et l’Allemagne sera prête à le faire« , a ajouté la chancelière, invitée dans l’hémicycle à venir s’exprimer sur l’avenir de l’Europe.
Le ministre français de l’Economie Bruno Le Maire a pourtant déclaré vendredi « ne pas imaginer une seconde que l’Allemagne ne tienne pas ses engagements et ne signe pas la directive en décembre« . Le gouvernement français espère qu’un soutien allemand à son projet phare de directive européenne destinée à mieux imposer les Gafa (Google, Apple,
Facebook et Amazon) parvienne à l’emporter sur la vive résistance de l’Irlande, du Danemark ou de la Suède, au prochain Conseil européen de décembre. Une centaine de parlementaires français de la majorité ont défendu une telle taxe comme « une avancée historique » dans une tribune publiée mardi.

Une décision en décembre

Le ministre allemand des Finances Olaf Scholz a déclaré récemment être en faveur d’une décision en décembre qui permettrait d’honorer les engagements de l’accord franco-allemand de Meseberg en juin dernier sur une convergence fiscale, sans aller jusqu’à l’adoption d’une directive européenne contraignante. « L’accord envisagé en décembre n’est pas une décision formelle« , a confirmé à l’AFP une source allemande proche du dossier, rejetant l’infaisabilité d’un tel vote à l’unanimité sur « certains pays scandinaves qui ne souhaitent pas la [NDLR : une décision contraignante] soutenir à l’heure actuelle« .

Fin octobre, des patrons d’entreprises numériques européennes comme Spotify, Booking.com ou Zalando avaient de leur côté exprimé leur « grave préoccupation ».

Paris dans les compromis

Pour convaincre les pays réticents, l’Allemagne en tête, Paris avait déjà accepté il y a quelques jours de repousser à 2020 une entrée en vigueur de cette taxation portant sur les recettes (et non sur les bénéfices comme en général) générés par l’exploitation d’activités numériques. Berlin veut d’abord attendre la fin des travaux de l’OCDE sur le sujet, prévue pour l’été 2020.

 

Auteur : La Rédaction avec AFP