Huit jours après l’intrusion, Sony Network Communications, filiale du groupe Sony, a publié sa lettre d’excuses. Son fournisseur d’accès à Internet So-net a laissé fuiter les données personnelles de 2 141 986 clients japonais, actuels ou anciens, et de 443 495 abonnés de l’offre plala. S’y ajoutent des adresses mail accompagnées de leur mot de passe, une poignée de RIB et des avis de réinitialisation. La cause reste “en cours d’investigation”.
Quatre jours pour voir, un de plus pour compter
Le calendrier tient en trois lignes. Le lundi 19 octobre 2026, un attaquant extérieur accède à la base de données des membres de So-net, le service d’accès à Internet de Sony Network Communications. L’entreprise ne s’en aperçoit que le vendredi 23. Elle coupe alors le serveur concerné et bloque les communications venant de la source de l’attaque. Le samedi 24, l’enquête interne confirme une fuite de données personnelles et en chiffre l’étendue. L’annonce publique arrive le mardi 27, avec les formules de rigueur. Le fournisseur d’accès japonais dit présenter ses « plus profondes excuses » pour la gêne et l’inquiétude causées à ses clients et partenaires. Les citations de cet article sont traduites automatiquement du japonais.
Le volume est considérable. Côté So-net, 2 141 986 fiches sont parties : 1 869 771 appartiennent à des abonnés actuels et 272 215 à d’anciens clients. Ces derniers ont tous résilié depuis mars 2026. Le communiqué précise que les personnes parties avant fin février ne sont pas concernées. Une seconde marque du groupe, plala (formule S), ajoute 443 495 fiches, dont 21 130 d’ex-abonnés. Le contenu est le même des deux côtés : nom, numéro de téléphone, adresse mail, identifiant utilisateur, date de naissance, sexe et identifiant de connexion Internet. C’est de quoi monter une campagne d’hameçonnage très bien ciblée.
“Pas de mot de passe”… sauf ceux des boîtes mail
So-net le répète pour chaque catégorie : aucun mot de passe n’a fuité. Quelques paragraphes plus bas, le document nuance pourtant le propos. Pour plusieurs services de messagerie, les adresses mail ont été exposées avec leur mot de passe. Trois services payants sont aussi concernés. Ces boîtes se retrouvent exposées avec la clé qui permet de les ouvrir. L’opérateur a réinitialisé ces mots de passe le 27 octobre et demande aux clients concernés d’en définir un nouveau depuis leur espace personnel.
La liste continue. Seize jeux de coordonnées bancaires ont fuité, avec le nom de l’établissement, l’agence, le type de compte, le numéro et le titulaire. So-net précise qu’il ne détient pas les codes confidentiels. Sept avis émis pour la réinitialisation de mots de passe ont également été dérobés, et les identifiants correspondants ont été remis à zéro. Le communiqué apporte toutefois deux éléments rassurants : aucune donnée de carte bancaire n’apparaît dans ce bilan, et aucune fuite n’a été constatée sur les autres services du groupe, NURO compris.
Une cause encore inconnue, des conseils qui en disent long
Sur l’origine de l’attaque, le communiqué ne livre qu’une ligne : un “accès non autorisé par un tiers”, avec la mention “enquête en cours”. La Commission japonaise de protection des informations personnelles a été prévenue, et les investigations sur la cause et le périmètre exact se poursuivent. Au 27 octobre, l’entreprise affirme n’avoir constaté aucun préjudice secondaire “dans la limite de ce qu’elle a pu établir”.
L’opérateur demande de ne répondre à aucun mail, SMS ou appel suspect, de ne cliquer sur aucun lien et de n’ouvrir aucune pièce jointe. Avec les noms, téléphones, dates de naissance et identifiants de millions de personnes en circulation, les fraudeurs ont de quoi rendre leurs messages très crédibles.








