Élu le 1er juillet 2026 à la présidence de Numeum pour trois ans, Mehdi Houas succède à Véronique Torner à la tête du syndicat qui représente près de 2 500 entreprises du numérique. Entre ambitions européennes, rapprochement avec le continent africain et plaidoyer pour l’investissement technologique, le président fondateur de Talan pose les bases de son mandat.
De Valoris à Talan
Administrateur de Numeum depuis neuf ans, où il a présidé les commissions Finances & Fiscalité et Industrie, Mehdi Houas n’est pas un inconnu du syndicat. Ingénieur Télécom Paris, passé par la R&D chez Alcatel puis par le marketing de l’innovation chez IBM, il fonde sa première entreprise en 1989. Devenue Valoris, elle grimpe jusqu’à l’éclatement de la bulle internet. De cet échec naît Talan, qu’il fonde avec deux associés de longue date et qui répresente aujourd’hui plus de 6 200 collaborateurs dans 22 pays. Entre-temps, il aura aussi occupé, en 2011, le poste de ministre du Commerce et du Tourisme de Tunisie, au lendemain du Printemps arabe.
Rayonner, impacter, s’ouvrir : le triptyque du mandat
Élu pour poursuivre le travail engagé par sa prédécesseure Véronique Torner, Mehdi Houas veut s’inscrire dans la continuité de trois axes : asseoir la légitimité du syndicat comme référence du secteur. Le deuxième vise à transformer cette reconnaissance en impact concret, à travers la création de commissions sectorielles capables d’accompagner chaque filière selon son niveau de maturité technologique, la finance et l’assurance n’ayant pas les mêmes besoins que l’Éducation nationale, par exemple. Le troisième, c’est une double ouverture. A la fois européenne et africaine. Numeum dispose déjà d’une représentation permanente à Bruxelles depuis plus de cinq ans et a assuré cette année la présidence du TECH7, qui réunit les organisations pro du secteur, des pays du G7. Le syndicatentend approfondir ces liens, notamment avec l’Allemagne, dans un dialogue bilatéral renforcé, tout en construisant ce que Mehdi Houas appelle une “troisième voie” entre les modèles américain et chinois. Cette voie passerait par un partenariat renforcé avec l’Afrique, avec un conseil d’administration envisagé de l’autre côté de la Méditerranée.
Il faut aussi noter la volonté d’un ancrage territorial. Le prochain conseil d’administration se tiendra à Marseille le 23 septembre, en marge d’un salon dont Numeum est partenaire, tandis que le séminaire stratégique du syndicat, organisé l’an dernier à Bruxelles, se déroulera cette fois à Bordeaux. Les rencontres numériques de Strasbourg, menées avec le Cigref, seront reconduites pour la troisième année. Le 25 septembre, Numeum lancera aussi, en partenariat avec le Medef, le Tour de France de la résilience, un dérivé du précédent Tour de France de l’IA, pour sensibiliser les petites et moyennes entreprises à la cybersécurité.
L’investissement et la commande publique, leviers de la souveraineté
Interrogé sur la souveraineté, le président de Numeum pointe entre autres l’écart de moyens entre l’Europe et ses concurrents. Un rapport de force qu’il ne croit pas possible de renverser à coups de milliards, mais par l’innovation et l’intelligence stratégique. Au-delà de l’investissement, il insiste sur le rôle de la commande publique, qu’il ne réduit pas à un portefeuille : “c’est la capacité à résoudre un problème complexe avec un niveau d’exigence élevé. Pour lui, leur résolution fait ensuite paraître “simples et faciles” les autres défis à relever.
Mehdi Houas plaide également pour une préférence européenne assumée face à un marché fragmenté : “l’Europe, c’est 27 pays et presque 27 marchés (…) il va falloir qu’on puisse s’appuyer sur une Europe qui décide, qui a une priorité et une préférence européenne, pour permettre à des champions d’émerger”.








