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Les secrets de Facebook , la Biographie – Quand Zuckerberg a refusé le milliard de dollars de Yahoo!

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Nous vous proposons de découvrir des extraits du livre: « Mark Zuckerberg – la biographie », par Daniel Ichbiah, Editions de la Martinière.

Nous vous avons fait découvrir la semaine dernière: « les confidences de Noah Kagan« .

Voici la deuxième et dernière partie des extraits: comment Zuckerberg a refusé le milliard de dollars de Yahoo!

 

Quand Yahoo proposait de racheter FACEBOOK

Extrait du chapitre 11

 

En ce matin du printemps 2006, Peter Thiel et Jim Breyer ont rendez-vous avec Mark Zuckerberg pour évoquer une nouvelle qui vient de tomber :

Yahoo! propose de racheter Facebook pour 1 milliard de dollars !

Comment ne pas avoir le vertige en évoquant un tel montant ? Comment résister à une telle offre ?

Facebook n’a encore que deux ans et, même si son revenu annuel avoisine les 20 millions de dollars, elle n’est pas encore bénéficiaire. En ces années pionnières, tout pourrait encore arriver. Le site à la mode, c’est encore Myspace. Par ailleurs, l’application de conversation en ligne MSN Messenger de Microsoft fait ravage auprès des adolescents. Rien n’est joué. Peter Thiel et Jim Breyer sont enclins à pousser un couplet que ne renierait pas Woody Allen :

« Prends l’oseille et tire-toi ! »

Les deux investisseurs savent pourtant que la partie ne sera pas forcément facile. Jusqu’à présent, Zuckerberg a repoussé toutes les avances qui lui étaient ainsi adressées…

Un peu plus tôt dans l’année, MTV est montée au créneau, pour la troisième fois consécutive.

Comme l’a confié un cadre maison :

« Un jour, en sortant d’une réunion, Zuckerberg m’a montré un document : ‘c’est une offre de rachat venant de Viacom/MTV’. Il l’a collé sur le mur et m’a juste dit ‘on oublie’. Nous ne sommes pas à vendre. C’est hors de question. »

Une rencontre avec Michael J. Wolf, président de MTV a tout de même lieu en janvier. Mark Zuckerberg l’a emmené faire une ballade dans Palo Alto et lui a montré son appartement. Durant le déjeuner qui a suivi. Wolf s’est lâché :

 » Nous sommes prêts à payer 800 millions de dollars pour acquérir Facebook. Et presque autant par la suite.

Mark Zuckerberg a semblé gêné et a d’abord cherché une échappatoire. « Je pense que cela vaut beaucoup plus ! »

Puis, il s’est fait plus mesuré.« Vous avez vu mon appartement… Je n’ai pas vraiment besoin de tant d’argent. »

Il est alors devenu plus intense, comme s’il voulait confier un sentiment profond.« Vous savez quoi ?… Il se peut que je n’aie jamais une idée aussi bonne que celle-là. »

Zuckerberg a donc signifié à Michael J. Wolf une fin de non recevoir. Il n’a pas eu besoin d’élever la voix pour faire comprendre au président de MTV que sa décision était irrévocable.

 » Il est clair que nous n’allons pas vendre. « 

La proposition de Yahoo! a une toute autre teneur : on ne dit pas non à un milliard de dollars. Peter Thiel et Jim Breyer sont venus voir Zuckerberg avec un leitmotiv en tête : impossible de laisser échapper une telle opportunité !

Le désenchantement est pourtant au menu du jour. L’insoutenable légereté avec laquelle Zuckerberg ouvre la séance touche au surréaliste. Il ouvre la réunion ainsi :

–            Nous n’avons là qu’une formalité. Une réunion express du conseil d’administration. Cela ne devrait pas nous prendre plus de 10 minutes. Il est clair que nous n’allons pas vendre.

 

Atterrés, Thiel et Breyer échangent des regards furtifs. Qu’est-ce que ce môme connait de la vie ? Que sait-ils des aléas de l’économie ? Comment peut-il évacuer une telle question avec tant de désinvolture ?

–            Nous devons tout de même parler de cela, insiste Peter Thiel. Un milliard de dollars, c’est une somme énorme !

Jim Breyer d’Accel Partners vient prêter main forte à son acolyte.

–            Mark, vous possédez 25 % de Facebook. Prenez le temps de considérer tout ce que tu pourriez faire avec cet argent ! renchérit Jim Breyer.

D’un signe de tête, Thiel abonde dans le même sens

–            Mais je ne sais pas ce que je ferais avec tant d’argent ! réplique Zuckerberg.

Il marque une pause puis reprend :

« Il est probable que je démarrerais un autre réseau social. En attendant, j’aime bien celui que j’ai là… »

Pour Mark Zuckerberg, il est juste trop tôt pour se donner en pâture à un prétendant quelconque. Toute son attention est concentrée sur le futur immédiat de Facebook. 2006 va être une année cruciale. Le site va enfin s’ouvrir à tous, pas seulement aux étudiants. Et puis, Facebook s’apprête à révolutionner l’Histoire avec une mise à jour de taille : le Fil d’Actualité.

Et oui… Il y aura un avant et un après. Facebook va proposer à chacun un journal personnalisé, mis à jour en temps réel. Le contenu ? Ce que je fais, ce que font mes amis, leurs coups de cœurs, les causes qu’ils veulent partager…

« Voilà ce qui se passe quand on a un président de 22 ans ! »

Thiel et Breyer réalisent assez vite que toute discussion est vaine. Ils tentent de faire valoir que Yahoo!, ça n’est pas n’importe qui. C’est un des pionniers du Web qui est venu les solliciter. Un des rares à avoir survécu à la crise de l’an 2000. Un des géants du domaine aux côtés de Google, d’Amazon ou de eBay. Comment rester insensible ? C’est Yahoo! tout de même !

Peine perdue. Zuckerberg semble n’avoir que mépris pour Yahoo! Ils se sont trompés hier et ils se tromperont demain. Ils n’ont pas de véritable vision, que ce soit pour le Web comme pour Facebook. Il est même probable qu’ils sous-estiment Facebook.

L’affaire est tranchée et la réponse tient en un mot : « Non ! »

Thiel sort de cette réunion l’humeur sombre, dérouté par l’obstination du fondateur. Et d’autres couleuvres sont au menu. Durant le mois de mars, Zuckerberg est de passage à New York et quelques hauts cadres de Yahoo! proposent une entrevue durant le week-end. Il refuse l’opportunité pour la simple et bonne raison que sa fiancée est en ville.

« Lorsque je suis avec elle, j’ai tendance à ne pas accepter d’engagements de travail » dira-t-il plus tard.

Au cours des semaines qui s’ensuivent, l’attitude de Zuckerberg fait l’objet de sarcasmes de la part des investisseurs que Thiel et Breyer peuvent alors croiser.

« Voilà ce qui se passe quand on a un président de 22 ans ! »

« Alors comme cela, vous avez fait affaire avec un président qui ne savait pas que tôt ou tard vous chercheriez à vendre l’entreprise ? »

(…)

Les dégâts sont tout de même titanesques. Au bureau, l’atmosphère est lourde. Et les démissions s’accumulent sur le bureau du président.

« Ce fut mon moment le plus dur à la tête de Facebook » a relaté Zuckerberg.

« Au sortir d’une discussion tendue, un investisseur m’a dit que, si je n’étais pas d’accord pour vendre, je le regretterais toute ma vie. »

« Je croyais dans ce que nous faisions mais je me sentais seul… Pire, c’était de ma faute. Je me demandais si je ne m’étais pas simplement fourvoyé, si je n’étais pas un imposteur : un garçon de 22 ans sans aucune idée de la façon dont le monde fonctionne… »

« Presque tout le monde voulait que nous vendions. Faute d’un objectif plus élevé, cela semblait concrétiser le rêve de toute start-up. Cela nous a déchirés. Les relations se sont effilochées au point où, en l’espace d’une année, toutes les personnes de l’équipe de management sont parties. »

 

Daniel ICHBIAH

 

 

A propos de l’auteur :

Daniel Ichbiah est l’auteur de plusieurs biographies de référence dans le domaine du high tech : Les 4 vies de Steve Jobs (n°1 fin août 2011), La Saga des Jeux Vidéo, Bill Gates et la Saga de Microsoft, Comment Google mangera le monde… En tant que journaliste spécialisé, il a œuvré dans de nombreux magazines dédiés aux jeux vidéo et à Internet. Il est également auteur de guides tels que Comment être n°1 sur Google pour les Nuls ou Devenir Youtubeur.