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Livre – « L’entreprise nouvelle génération »… avec les méthodes agiles

Dans l’ouvrage « L’entreprise nouvelle génération », les trois auteurs, Luc Bretones, Philippe Pinault et Olivier Trannoy, interrogent sur la façon de passer d’un management traditionnel à une organisation adaptative et centrée sur sa « raison d’être ».

Luc Bretones

Comment transformer son management pour devenir une entreprise nouvelle génération ? Luc Bretones l’affirme : « cette transition n’est pas une option, elle est nécessaire pour survivre et persister dans le monde qui vient, un monde ultra rapide et ultra complexe dans lequel les entreprises traditionnelles vont se fracasser comme les bateaux sur les rochers d’un rivageLa grande majorité va disparaitre assez vite y compris des grandes sociétés ». Tandis que la crise agira comme un accélérateur de cette tendance. « La dernière révolution industrielle, qui est celle d’Internet, est en train de générer ses gains d’efficacité, explique-t-il. Les nouveaux business models inventés par le Net s’imposent partout et cette révolution touche désormais le management. Celui-ci est aujourd’hui totalement inadapté car non inspiré par elle ».

Le livre le met bien en exergue, la consubstantialité d’une entreprise nouvelle génération réside dans son mode de management et dans sa « raison d’être » (cf le concept de « société à mission » de la loi PACTE), qui peut être sociale, sociétale, environnementale ou encore politique. « Si le mode de management n’est pas un modèle à autorité distribuée et n’est pas outillé par le numérique, c’est-à-dire avec des méthodologies totalement agiles, la raison d’être de l’entreprise ne pourra pas s’exprimer et elle en restera au « washing » », estime Luc Bretones. « Aujourd’hui, dans le monde de conversation avec Internet où elle évolue, tout finit par se savoir et les intentions louables mais non sincères et non exécutées se retrouvent très vite démasquées », déclare-t-il.

Un nouveau mode de gouvernance

Les méthodes agiles qu’il évoque, et en premier lieu Scrum, né dans la Silicon Valley en 1996-1997, touchent aujourd’hui, selon lui, l’ensemble de l’entreprise. « Self management, gouvernance distribuée, gouvernance partagée ou encore organisation responsabilisante…, cette voie lactée de termes, qui ont la même signification, désigne des méthodologies poussées par le numérique, extensions de Scrum ou du lean startup », confie-t-il.

Dans le livre, les auteurs décrivent en particulier la plateforme d’auto-organisation Holaspirit, créée par Philippe Pinault. «  Avec elle, on arrive à modéliser des organisations non plus avec la fameuse pyramide hiérarchique mais avec une hiérarchie d’équipes, qui contribuent chacune à son niveau à la raison d’être de l’organisation ou de son écosystème tout entier, explique-t-il. Cela permet de savoir exactement qui fait quoi et d’avoir une réorganisation permanente, non pas en top down mais en bottom up. Sur la base de cette organisation, on peut ensuite gérer tous les processus agiles : prises de décision, réunions… ». 

« Raison d’être » forte et fédératrice, autonomie et responsabilité des collaborateurs, transparence et confiance, le livre décrit, au fil de plus de 400 pages, les fondamentaux de l’entreprise nouvelle génération au travers d’une enquête internationale, menée auprès de plus de 200 pionniers, managers et chefs d’entreprises de toutes tailles et de tous secteurs, dans une trentaine de pays. Toutes ces firmes ont mis en œuvre des formes très innovantes de management, au sens de l’organisation et de la gouvernance internes. Leurs dirigeants racontent la transformation profonde de leur entreprise et ses caractéristiques.

En France, le modèle le plus marquant chez les entreprises de la tech, qui, naturellement, vont adopter plus facilement ces nouvelles pratiques de management, est, d’après Luc Bretones, la société Octo Technology. Des expérimentations plus ou moins avancées sont par ailleurs aujourd’hui menées dans tous les grands groupes. « Ceux qui ont le plus testé à large échelle sont Michelin, Décathlon, Engie et Orange », souligne-t-il.

 

Patricia Dreidemy