Un sondage OpinionWay réalisé pour Chance auprès de 513 étudiants français révèle une génération parfaitement lucide sur ce que l’intelligence artificielle fait au marché du travail et qui se sent pourtant seule pour y faire face.
La compétition avant le remplacement
Ce qui frappe d’emblée dans les résultats de ce baromètre, c’est la précision du diagnostic que les 18-24 ans posent sur leur situation. La peur n’est pas irrationnelle, ni fantasmée : elle est ciblée. Ce que redoutent les étudiants, ce n’est pas tant un grand soir de l’automatisation qu’un durcissement immédiat des conditions d’accès au marché du travail. 77 % anticipent une concurrence accrue pour les jeunes diplômés, 59 % estiment que l’IA rend d’ores et déjà plus difficile le fait de trouver un emploi, et 61 % disent en être inquiets pour leur futur professionnel. Un étudiant sur deux craint même que son futur métier soit directement remplacé.
Ce que ce sondage cartographie, c’est moins une angoisse diffuse qu’une lucidité pointue sur le moment précis où tout se joue : la porte du premier emploi. Plus de concurrence, plus d’incertitude, plus de filtrage, c’est là que le basculement est attendu.
Informés, pas formés : le vrai décrochage
Les étudiants ne rejettent pas l’IA. 67 % considèrent qu’en maîtriser les usages constitue un atout indispensable pour trouver un emploi dans leur secteur, et 63 % pensent même qu’elle peut accélérer la recherche d’emploi. L’outil est perçu comme un levier, à condition de savoir s’en servir.
C’est précisément là que le bât blesse. Si 60 % estiment que leur établissement les informe suffisamment sur l’impact de l’IA dans leur futur métier, 51 % ne se sentent pas formés concrètement à l’usage des outils. La nuance est de taille : informer n’est pas former. Résultat, 57 % jugent leur établissement en retard sur les enjeux liés à l’IA, et 58 % considèrent que les formations proposées ne correspondent pas aux réalités du marché du travail tel qu’il se reconfigure.
Une urgence sociétale, une réponse à l’échelle
C’est sur ce constat que Chance.co, co-fondée par Ludovic de Gromard, s’appuie pour déployer « First Chance », un programme gratuit et personnalisé destiné à 100 000 étudiants, combinant orientation et mise en relation vers le premier emploi. Le programme bénéficie d’un soutien de Google.org à hauteur de 10 millions de dollars, avec une ambition de déploiement en France et dans 22 pays de la zone EMEA d’ici 2028.
Pour Ludovic de Gromard, le sondage dit « une chose très simple : les étudiants ont compris que l’IA révolutionne le monde du travail dans lequel ils sont censés entrer, mais ils ne se sentent pas suffisamment outillés pour savoir comment y entrer ». L’IA est simultanément perçue comme un levier et comme un facteur de risque — cette tension-là, les entreprises qui recrutent feraient bien de ne pas la sous-estimer.






