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Interview – « Quand on se lance dans l’e-marketing, il faut rester simple », William Troillard, Comexplorer.

Lorsqu’une entreprise bascule pour la première fois ses activités sur Internet, travailler son identité numérique et s’adapter à son nouveau canal de vente devraient être ses priorités, estime William Troillard, le président de l’agence d’inbound marketing Comexplorer. Des précisions à travers quelques questions.

 

S.N. Qu’observez-vous depuis le début de cette pandémie ?

W.T. Nous faisons face à une transformation digitale accélérée. Les 10 dernières années ont connu une augmentation des usages d’Internet et du mobile, et aujourd’hui on assiste à une accélération de ces usages. Tout le monde veut se mettre au numérique pour survivre. Les entreprises cherchent à savoir quel est l’impact de cette crise sur le marketing et recherchent des solutions pour continuer au moins à entretenir une relation avec des clients et des potentiels prospects. Dans ce contexte où l’économie et l’activité sont en pause, elles sont poussées à repenser leur organisation.

Comment procéder pour changer d’organisation lorsqu’une entreprise n’a aucune ou peu expérience du numérique ?

Le premier réflexe est de ne pas être seul dans cette démarche. Internet regorge d’endroits où se retrouvent des communautés, des personnes qui partagent des intérêts, des sujets communs. Les réseaux sociaux et leurs groupes sont bien sûr les plus connus. L’objectif est de s’associer, de créer des synergies avec les partenaires avec qui on a l’habitude de travailler mais également avec de nouveaux professionnels. Les réseaux sociaux sont une caisse de résonance de « l’effet Netflix », du nom du service qui, dans ce contexte de crise, a le vent en poupe : aux professionnels de s’accaparer ce succès en créant eux-mêmes du contenu interactif audio et vidéo, par exemple en filmant les coulisses de leur activité ou de leur commerce, puis en plaçant ces contenus sur les lives des réseaux sociaux. Ensuite on passe au site Internet, vitrine ou e-commerce selon la nature de l’activité. Aujourd’hui, la création d’un site Internet est simple, même sans compétence technique. Mais si les réseaux sociaux et un site Internet constituent le socle d’une présence numérique, la question est de savoir quelle place on veut s’y faire. Mon conseil est de se baser sur ses valeurs, ses atouts différenciants et apporter du contenu personnalisé et authentique car c’est cet aspect qui attire aujourd’hui les internautes.

Une fois ce socle en place, comment initier une stratégie d’e-marketing ?

Il faut rester simple. D’abord, ne choisir qu’un seul réseau social, celui qui correspond le mieux à la cible de l’entreprise, avant d’aller sur les autres. Cela permet de délivrer un message beaucoup plus concentré. Ne pas créer de site web avec trop de pages est aussi recommandé. L’objectif est de réduire le périmètre d’intervention pour garder un ensemble maîtrisable et accessible. Mon deuxième conseil est de mettre le client au centre de ces approches… Ce n’est pas nouveau, mais en réalité on trouve encore trop d’entreprises qui se mettent en avant alors qu’elles devraient d’abord parler de leurs clients. Ceux-ci attendent des réponses aux questions clés qu’ils se posent. Dans ces approches combinées, il ne faut pas oublier de penser collectif : se tourner vers son écosystème et embarquer les partenaires qui peuvent travailler de concert sur une stratégie d’e-marketing (élaboration commune de contenu, relais des informations d’un compte à un autre, valorisation d’un partenaire qui pourra ensuite vous valoriser en retour, etc.) est une façon de créer de la valeur. Sur ces questions fondamentales de choix d’un réseau social, de stratégies de présence en ligne, de suivi des performances de ces stratégies, il ne faut pas hésiter à se faire accompagner par des spécialistes.

Frédéric Bergonzoli