L’Inde annonce son ambition de produire des semiconducteurs de pointe à 2 nm, une stratégie qui dépasse le pur industrialisme pour devenir un levier de souveraineté technologique. Un sujet stratégique croisé entre sécurité des chaînes critiques, compétitivité numérique et autonomie industrielle.
L’Inde vient de réaffirmer ses ambitions dans le domaine des semi-conducteurs en visant la fabrication de puces très avancées (jusqu’à 2 nanomètres) dans les années à venir, contre des capacités historiques limitées aux nœuds plus anciens comme le 28 nm.
Cette évolution s’inscrit dans le cadre de la India Semiconductor Mission 2.0, un programme gouvernemental doté d’un soutien budgétaire ambitieux et visant à faire de l’Inde un acteur majeur de la chaîne de valeur des puces, y compris dans des segments hautement stratégiques comme la conception et la fabrication avancée.
Pour un pays qui dépendait encore récemment de la production étrangère de composants critiques, ce cap représente une étape majeure vers l’autonomie technologique. Des investissements massifs, des incitations à l’industrialisation locale et une feuille de route claire vers les technologies 3 nm et 2 nm montrent que la souveraineté ne se double plus d’ambitions déclarées mais d’objectifs chiffrés et programmés .
Ce mouvement s’inscrit dans une logique mondiale où les États cherchent à renforcer leurs chaînes critiques. Face à la concentration géographique des fabs les plus avancées à Taïwan, en Corée ou aux États-Unis, diversifier les capacités de production devient un enjeu de sécurité industrielle autant qu’économique. Une préoccupation exacerbée par des événements qui ont déjà perturbé la production mondiale ces dernières années…
Pour l’écosystème numérique, la montée en puissance des capacités de fabrication de puces est essentielle : elle conditionne l’accès à des composants essentiels pour l’intelligence artificielle, les datacenters, la 5G/6G ou encore les systèmes embarqués sensibles. Dans un monde où l’IA et les technologies émergentes dictent la compétitivité des nations, maîtriser la fabrication des briques de base devient un facteur clé de souveraineté numérique.
L’Inde n’est pas le seul pays dans cette course, mais sa stratégie illustre comment les politiques publiques peuvent articuler industrie, sécurité des chaînes critiques et autonomie technologique.








