Accueil e-santé Espaces intérieurs – Une solution connectée de dépollution des micro-organismes de l’air

Espaces intérieurs – Une solution connectée de dépollution des micro-organismes de l’air

EVO2 de Mercate

Rien à voir avec certains purificateurs d’intérieur de grandes marques d’électroménager, et qui finissent d’ailleurs par ne plus rien assainir du tout si l’on ne change pas très régulièrement leurs filtres. Ce modèle nommé « evO2« , conçu par la startup Mercate, est une solution connectée de dépollution des micro-organismes de l’air pour les espaces intérieurs. 

Plus qu’un système de filtration, evO2 permet la destruction ou l’inactivation des éléments polluants ou pathogènes dans l’air. Il utilise une technologie « Advanced Oxydation Process » (AOP), qui allie catalyse hétérogène et rayons UV germicides. Elle est intégrée à une cartouche au travers de laquelle l’air passe pour être débarrassé de ses polluants microbiologiques (virus, champignons, bactéries). La pollution de l’air intérieur, dont on parle moins que celle de l’air extérieur, a un impact sur la santé plus fort alors que nous passons plus de temps dans des espaces fermés. « Nous passons 80 % de notre temps en espace clos » indique à Solutions Numériques Marie-Laurence Borie, CEO de l’entreprise Mercate qui a breveté l’appareil de dépollution. Elle précise que « la plupart des systèmes dépolluants reposent sur des filtres. Or il est difficile d’estimer leur stade de saturation.»

L’efficacité du dispositif a été testé par des laboratoires prestigieux tels que l’INSERM, l’INRA ou le CNRS qui ont évalué ses performances à 99,99 % de suppression des polluants. Elle est constante pendant 8 000 heures, soit une année complète en pratique, explique la dirigeante. 

L’appareil fait environ 1m 65 de hauteur et pèse environ 17 kg.

 

Cédric Dutriez, responsable R&D pour EVO2, nous explique comment le dispositif fonctionne. Il inspire l’air sur la partie haute pour le souffler sur la partie basse après voir subi trois étages de traitement. Le premier étage filtre les poussières, le deuxième, le cœur du dispositif, permet d’inactiver tout ce qui est micro-organismes et d’avoir une certaine action aussi sur les polluants chimiques. Le dernier étage est une forme de filtre chimique à chambre active qui va permettre de retenir tout ce qui est molécules éventuellement cancérigènes ou odeurs. « Le cœur de la technologie a été développé dans les cinq premières années de vie de la société au travers de différents projets de recherche avec différents laboratoires académiques, tels que le CNRS et l’INSERM et des entreprises de plus ou moins grande ampleur comme Airbus ou Bertin Technologie« . Cette technologie est brevetée dans 6 pays européens et à l’international aux Etats-Unis, en Inde, en Chine et en Israël, précise-t-il. « Cette technologie combine les effets d’une lampe UVC germinicide et d’un matériau catalyseur qui permet de transformer l’oxygène de l’air en espèce radicalaire très oxydante pour avoir un effet sur les virus, les bactéries, les champignons en les inactivant, c’est-à-dire que ces derniers ne vont plus pouvoir se répliquer. Et en général, quand ils ne peuvent plus se répliquer, ils n’ont plus d’actions pathogène. Dans le cadre des virus, lors des tests, nous n’avons pas testé le SARS-COV-2 responsable du Covid-19 car il n’existait pas, du moins pas sur l’homme. mais nous avons testé différents virus qui étaient à disposition dans les laboratoires publics, des virus avec et sans enveloppe.« 

Un appareil connecté

Cet appareil de purification est destiné aux professionnels et aux collectivités : crèches, dans les salles de jeux par exemple, EHPAD, dans les pièces de vie ou de repas par exemple, établissements de santé, dans les salles d’attente par exemple, cabinets médicaux ou encore bureaux en open space. Il est recommandé pour des pièces de 50 à 150 mètres carrés, indique Cédric Dutriez. Il permet d’être intégré de manière préventive dans les établissements. La société compte par exemple comme client la Mairie de Courbevoie pour l’équipement de ses crèches. La maintenance est assurée à distance par réseau Wifi ou Lora pour visualiser l’état de fonctionnement des appareils. Il peut aussi être commandé via une application Bluetooth à l’aide d’un smartphone. Un écran tactile permet de commander l’appareil ou de recevoir des informations sur son état de fonctionnement (pour savoir par exemple si la cartouche nécessite un changement, s’il y a un défaut de ventilation…).

 

Juliette Paoli