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Conseil national du numérique : la présidente et 20 de ses membres démissionnent

La présidente du Conseil national du numérique (CNNum), Marie Ekeland, a annoncé ce mardi 19 décembre sa démission, tout juste une semaine après sa prise officielle de fonctions, sur fond de différends avec le secrétariat d’Etat au Numérique sur la composition de l’instance. Elle est suivie par 20 membres qu’elle avait nommés…

Dans un message sur le site du CNNum, Mme Ekeland explique son départ par la polémique née de l’intégration de l’essayiste Rokhaya Diallo  et du rappeur Axiom au CNNum et la demande, par le secrétaire d’Etat au Numérique, Mounir Mahjoubi, de les en écarter. « La forme actuelle de nomination et de fonctionnement du CNNum portent à confusion et ne peuvent pas garantir son indépendance« , a regretté Marie Ekeland dans son message. « Le projet que j’ai porté d’ouverture, d’indépendance de pensée et de diversité, a été mis à l’épreuve dès le démarrage. Je ne vois pas aujourd’hui, comment continuer à le porter en maintenant son essence et de bonnes chances de réussite« , a-t-elle ajouté.

La désormais ex-présidente du CCNum avait pris ses fonctions lundi 11 décembre, à l’occasion d’une conférence de presse de présentation aux côtés de M. Mahjoubi afin de présenter la stratégie à venir de l’instance. A cette occasion, le secrétaire d’Etat avait assuré que le gouvernement avait « souhaité confirmer l’indépendance, ses moyens, son mode de fonctionnement » en élargissant les compétences du CNNum par un décret publié la veille.
Lors de cette conférence de presse, Mme Ekeland avait défendu le fait d’élargir le Conseil à des personnalités extérieures au monde du numérique afin de « nous poser la question de savoir quel monde nous voulons construire« . A cette occasion, Mme Ekeland avait notamment cité le nom de Mme Diallo parmi les personnalités rejoignant le Conseil.

Cofondatrice du fonds de capital risque Daphni, Marie Ekeland avait également expliqué avoir quitté les fonctions qu’elle occupait à l’association France Digitale, qui regroupe entrepreneurs et investisseurs du numérique, ainsi que les conseils d’administration de diverses sociétés dont Parrot (drones) ou Showroomprivé (vente en ligne) afin de dégager du temps pour la présidence du CNNum.

Le CNNum était présidé par M. Mahjoubi jusqu’en janvier 2017, date à laquelle il a démissionné pour s’investir dans la campagne d’Emmanuel Macron. Le Conseil était alors resté pendant plusieurs mois sans président, ses quatre vice-présidents assurant conjointement l’intérim à la tête de l’instance, avant de démissionner les uns après les autres.

Le 11 décembre, Mounir Mahjoubi disait sur son compte Twitter être « très heureux » d' »annoncer le nouveau CNNum« .

 

Las, 20 membres du CNNum, sur les 30 au total, ont également annoncé leur départ dans un message collectif sur le site du Conseil : « Nous avons rejoint le Conseil national du numérique en tant que membres bénévoles à la demande de Marie Ekeland et par intérêt pour son projet novateur: “penser demain” en réunissant des voix plurielles et fortes et en misant sur l’intelligence du débat. Marie Ekeland présente aujourd’hui sa démission. Constatant donc l’impossibilité de mettre en œuvre son projet, considérant que le travail du Conseil ne peut plus se faire selon des modalités efficaces, nous avons décidé de présenter collectivement notre démission. »

Lors d’une interview à Public Senat, Mounir a indiqué qu’en voulant ouvrir le Conseil à des personnes de la société civile, par forcément « experts« ,  « on s’est rendu compte que le CNNum tel qu’il était organisé allait être inaudible« . Pour le responsable politique, ces démissions étaient « la solution« .

 

Auteur : La Rédaction avec AFP