Accueil Intelligence artificielle Carlo Purassanta, Microsoft : « Il faudrait arrêter de parler d’Intelligence Artificielle...

Carlo Purassanta, Microsoft : « Il faudrait arrêter de parler d’Intelligence Artificielle »

Bel exercice de rhétorique pour le président de Microsoft lors de la conférence de rentrée de l’éditeur. Alors que l’IA fait peur aux foules, Microsoft préfère désormais parler d’intelligence numérique… tout en poussant ses programmes d’aide à l’adoption de l’IA en France.

Carlo Purassanta, président de Microsoft France, s’est livré à un bel exercice de communication lors de la conférence de rentrée de Microsoft. Les éléments de langage de l’éditeur ont changé : la montée de l’IA fait de plus en plus peur en France, notamment dans le secteur bancaire où le spectre de lourdes restructurations plane. Pour le président de Microsoft France, il convient désormais parler d’intelligence numérique: « Il faudrait arrêter de parler d’intelligence artificielle, mais plutôt d’intelligence numérique car ce n’est qu’une évolution de ce que l’on connaît déjà. Il ne faut pas faire peur en disant que l’ordinateur va prendre la main sur le monde, va détruire des jobs, va faire du mal aux humains, ce n’est pas vrai. » C’est à la suite de ce préambule que Carlo Purassanta et Laurence Lafont, COO de Microsoft France, ont présenté les actions de Microsoft afin de faire de la France “une nation de l’IA“.

Innovation, compétences et confiance, les trois axes de la stratégie Microsoft 2019

Microsoft souhaite développer son programme d’aide technique en faveur des industriels et startups afin de les aider à adopter les technologies Microsoft mais aussi les aider dans l’adoption de l’IA dans leurs processus. C’est le cas de Smuggler, PME du textile qui produit ses costumes à Limoges et dont la future usine 4.0 bénéficiera des technologies Microsoft, notamment en matière d’algorithmes prédictifs. Autre entreprise séduite par Microsoft, Younited Credit, une startup qui vient d’entrer dans le classement Next40 et qui mise sur l’IA pour automatiser ses processus.

Si les technologies sont là, notamment via Azure, Carlo Purasssanta a bien compris que l’adoption massive de l’IA par les entreprises françaises bute avant tout sur le manque de compétences formées, tant du côté des développeurs, que des Data Scientists. Microsoft a créé sa première Ecole IA avec Simplon.co en 2018 et force est de constater que l’action entreprise par Microsoft France monte en puissance. 10 écoles comparables ont ouvert cette année et l’objectif fixé par Carlo Purassanta est de monter à 20 écoles en 2020, soit une promotion de 500 jeunes. Le cursus mis en place comprend 7 mois de formation intensive suivis de 12 mois de contrat de professionnalisation en entreprise.
Un an et demi après avoir lancé le programme, 100 % de ceux qui ont été en contrat de professionnalisation ont reçu une offre de CDI de la part de l’entreprise pour laquelle ils ont mené leur stage. La promotion 2019 a vu l’effectif multiplié par 10 avec comme objectif d’avoir un effectif 100 % féminin. L’objectif n’a pu être totalement tenu devant la difficulté de trouver des candidates, mais cette promotion affiche un taux record de 80 % de femmes, ce qui est sans doute un record dans un monde IT très masculin.
2020 verra la montée en puissance du dispositif se poursuivre avec cet objectif de 20 écoles, mais Carlo Purassanta a fixé un nouvel objectif : mettre l’accent sur la diversité et l’inclusion. « Nous nous sommes posés la question de savoir si nous pouvions aller plus loin afin de trouver des emplois à des personnes pour lesquelles ce n’est pas si simple. Nous avons axé la promotion 2020 sur la promotion de l’intelligence atypique […] accompagner des personnes dont l’intelligence est différente comme les autistes asperger ou des autistes de haut niveau. Nous prenons le pari qu’il existe des talents atypiques qui ont un appétit à se former au digital et à qui nous pourrons faciliter l’accès à l’emploi. » Microsoft va notamment s’appuyer sur Urbilog, une agence spécialisée dans l’intégration du handicap, pour mettre en place ce cursus. Microsoft cherche des entreprises partenaires qui pourront accueillir les 15 futurs apprenants de cette première promotion.

Yvette Boidi, une des apprenantes de la première promotion de l’Ecole IA Microsoft aux côtés de Carlo Purassanta à gauche et de Louise Joly, directrice de l’Ecole IA Microsoft à droite.
Une centaine de collaborateurs Microsoft engagés dans le programme Share IA

Le troisième volet de la présentation de Microsoft France portait sur le programme interne Share IA, programme de mécénat de compétences qui a vu une centaine de collaborateurs Microsoft s’investir sur 12 projets, dont celui défendu par Pascal Clerc, directeur du développement de Microsoft pour la région centre-Est. Ce projet a été mené avec l’institut Carnot Calym, un consortium de chercheurs qui travaillent sur le lymphome. Un premier prototype de modèle de diagnostic pour ce cancer du sang dont on compte près de 80 variantes a déjà atteint un taux de fiabilité de son diagnostic compris entre 90 % et 98 %. Des résultats encourageants après 6 semaines de développement seulement.

Si Microsoft se défend de parler d’IA au grand public, l’éditeur semble toujours aussi actif auprès des entreprises, des chercheurs et des jeunes pour les convaincre d’utiliser l’intelligence numérique façon Microsoft.

 

 

Auteur : Alain Clapaud