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Cyberattaques du 17 octobre : des pirates revendiquent des millions de données françaises

Ce visuel a été créé grâce à l'IA.

Fédération française de tir, I-CAD, Nomad Education, Malakoff Humanis, O’Tacos… Le samedi 17 octobre, une vingtaine d’organisations françaises auraient été ciblées par une vague coordonnée de fuites de données, doublée d’attaques DDoS contre des sites publics. Selon le décompte de Sébastien Forte, alias Seb La Tombe, fondateur de FrenchBreaches, plus de 9 millions d’enregistrements seraient exposés, un volume cumulé qui pourrait toutefois inclure des doublons.

Une journée noire revendiquée sur les forums

Le chiffre donne le vertige. Dans un récapitulatif publié sur LinkedIn et X, Seb La Tombe, spécialiste OSINT, recense les fuites revendiquées par des pirates au cours du week-end. En tête, Nomad Education : l’application de révision scolaire aurait perdu 4,8 millions de fiches d’utilisateurs, dont des élèves et des étudiants. L’I-CAD, le fichier national d’identification des chiens, chats et furets, serait touché à hauteur de 2,2 millions de propriétaires d’animaux et de 50 000 vétérinaires, tandis que la Centrale Canine aurait vu exposées les données de 1,4 million de propriétaires.

La liste ne s’arrête pas là. Inter-Etab, utilisé par des lycées pour gérer stages et contrôle continu, aurait laissé fuiter 286 773 fiches d’élèves. O’Tacos se verrait délesté de 334 474 adresses de livraison, Alain Afflelou de 49 761 enregistrements de facturation liés à ses magasins et franchisés. Les Grandes Loges Traditionnelle et Féminine de France seraient également visées, avec 3 400 documents internes et les données de 987 personnes. Les armureries Gilles et Laudier compteraient plus de 38 000 clients et utilisateurs potentiellement exposés. Au total, des millions d’enregistrements seraient concernés, dont certains particulièrement sensibles : documents d’identité, informations médicales, coordonnées personnelles et données administratives. Et Seb La Tombe prévient en commentaire : “nous sommes au courant de pas mal de piratages non revendiqués encore”.

La date n’aurait rien d’un hasard. La journée coïncidait avec une mobilisation sociale d’ampleur nationale, et plusieurs pirates auraient explicitement inscrit leurs publications dans ce mouvement.

Malakoff Humanis réagit, la FFTir de nouveau touchée

Plusieurs lots inquiéteraient tout particulièrement. Chez Malakoff Humanis, les 16 556 enregistrements revendiqués contiendraient des documents de santé, des prises en charge hospitalières et des historiques de remboursements. Le groupe a réagi directement sous la publication de Seb La Tombe. Il indique avoir pris connaissance de la revendication et explique que les données publiées renverraient à une cyberattaque ayant visé l’un de ses prestataires de gestion, IGA, qui gère environ 2 000 assurés, incident dont il avait été informé le 11 août. La CNIL et les autorités compétentes auraient alors été notifiées et les assurés informés. Ses équipes analyseraient désormais les éléments publiés pour en vérifier l’authenticité, l’origine et le périmètre.

La Fédération française de tir, elle, revivrait un scénario déjà connu. Entre le 18 et le 20 octobre 2025, elle avait subi une intrusion touchant environ 250 000 licenciés actifs et 750 000 anciens adhérents, des données ensuite exploitées pour cambrioler des tireurs. La présence de licences de la saison 2026/2027 suggérerait une nouvelle intrusion récente.

L’ANSSI et la CAF dans le viseur des attaques DDoS

En parallèle des fuites, plusieurs sites publics auraient été pris pour cible par des attaques par déni de service. Seb La Tombe cite la CAF et l’ANSSI, mais aussi les sites officiels des villes de Marseille et de Lyon ou celui de Toulouse Métropole. L’attaque contre l’agence nationale de la sécurité des systèmes d’information aurait été revendiquée par le groupe CyberTroll Team, qui l’aurait lancée vers 10 heures. Apparu début octobre, ce collectif se réclamerait de NoName057(16), groupe prorusse coutumier des campagnes DDoS contre les institutions européennes. Le site et l’application de la CAF sont, eux, restés inaccessibles plusieurs heures avant un retour à la normale vers 17h30, l’organisme n’a pas confirmé l’origine malveillante de l’incident.

Au-delà des volumes, le risque immédiat serait celui de l’hameçonnage ciblé. Un nom, une adresse, une date de naissance ou un numéro de licence suffiraient à rendre crédible un faux message.