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Cyber-braquage de banques : 1 milliard de dollars volés

1 milliard de dollars, c’est la somme qui aurait été volée aux banques en deux ans par des cybercriminels ingénieux, qui sont entrés dans le cœur même des systèmes de gestion des comptes.

Avec l’aide d’Interpol et d’Europol, Kaspersky Lab a mis au jour une campagne de cybercriminalité internationale, qui a touché une centaine de banques et institutions financières dans le monde dont la France. L’attaque est toujours active, prévient l’éditeur de sécurité.

Carbanak, c’est le nom de cette campagne, serait active depuis fin 2013, et aurait permis de voler 1 milliard de dollars en deux ans. A l’origine : un gang international de cybercriminels russes, ukrainiens, chinois et européens. L’éditeur Kasperky indique qu’il s’agit d’un nouveau mode opératoire, les hackers volant « l’argent directement aux banques, sans passer par un utilisateur final »

En moyenne, chaque vol a pris entre 2 et 4 mois, depuis l’infection du premier ordinateur à l’entrée dans le réseau de la banque. Les criminels utilisent la technique du spear phishing, infectant l’ordinateur d’un employé avec le malware Carbanak. Ensuite, ils sont capables d’entrer dans le réseau et de surveiller par vidéo les ordinateurs d’administration et les écrans du personnel s’occupant des systèmes de transfert de cash.

Des attaques au coeur du système

Dans certains cas, les criminels ont pénétré directement dans le cœur même des systèmes de compte, gonflant les crédits, avant de réaliser une transaction frauduleuse sur les sommes en excès. Par exemple, un compte de 1000 dollars se voit crédité artificiellement de 10 000 dollars pour être débité ensuite de 9 000 dollars. Ni vu ni connu, puisque la somme d’origine n’a pas varié.

En outre, précise l’éditeur, les cybercriminels ont pu prendre dans certains cas le contrôle des guichets automatiques des banques et leur ont ordonné de distribuer de l'argent à un moment prédéterminé. Lorsque le paiement était dû, l'un des hommes de main du gang attendait à côté de la machine pour récupérer le paiement «volontaire».

« Ces braquages de banque sont surprenants, car ils ne dépendent pas du logiciel utilisé par la banque. Les assaillants n’ont même pas besoin de pirater les services des banques : une fois qu'ils sont entrés dans le réseau, ils ont appris à cacher leur complot malicieux derrière des actions légitimes », indique Sergey Golovanov, chercheur en sécurité chez Kaspersky Lab.

Juliette Paoli