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Vers un portefeuille européen ?

Paiement en lignePaypal voit de nombreux portefeuilles électroniques, en bon anglais wallets, concurrents éclore. L’observatoire de la sécurité des cartes de paiement les définit ainsi : solution permettant de confier à un tiers jugé de confiance des données personnelles ainsi que des données de paiement en vue de réaliser des opérations de paiement. Xavier de Lavit, responsable financier chez Leroy-Merlin, constate : « Pour un consommateur, un portefeuille électronique, c’est Paypal. Le premier problème c’est l’acceptation des wallets en dehors de celui-ci. Internet est international : quel intérêt a un wallet français ? Il faut a minima un wallet européen. Il n’y a pas la place pour 25 wallets. Il faut réfléchir à des rapprochements entre les acteurs. » Il est rejoint par Jérôme Fanouillère, service de la surveillance des moyens scripturaux de la Banque de France : « aucun acteur du paiement en ligne n’a la taille critique. » Il rappelle qu’aujourd’hui en France, « 30% des paiements à distance en France sont réalisés via 3D Secure, le service de Visa et Mastercard ; 50% des e-commerçants l’acceptent. Mais 16% des transactions ne sont pas validées, contre 12% des transactions hors 3D Secure. » L’étape de validation par un code envoyé en général par SMS rebute certains consommateurs.

Des solutions de paiement visant à simplifier la fameuse expérience client sont lancées par les grands acteurs internationaux du paiement. Les banques partent avec l’avantage du nombre de clients, de la confiance qu’ils portent en leur banque, et de leur capacité à intégrer des services financiers dans des wallets. Ainsi, « Visa propose en marque blanche aux banques V.me », explique Laurent Bailly, chef de produit du portefeuille numérique V.me chez Visa, lancé fin 2013 en partenariat avec le groupe BPCE (Banques Populaires et Caisse d’Epargne) et LCL, mais aussi en Europe, à commencer par le Royaume-Uni et l’Espagne. Camille Constensoux, responsable e-commerce et nouveaux usages de paiement chez BNP Paribas, présente le compte Paylib, lancé en septembre 2013 par cette banque associée à la Société Générale et la Banque Postale : « l’enrôlement du consommateur est simplifié car les informations sont déjà connues de la banque. Il suffit de choisir un identifiant et un mot de passe. Voyages SNCF devrait proposer d’ici fin 2014 Paylib. Un accord avec vente-privée.com a été trouvé. Paylib devrait pouvoir à l’avenir enrôler les cartes de fidélité, précise Mme Constensoux. Fin mars, près de 200 000 clients des trois banques avaient déjà ouvert un compte Paylib.

A côté de ces wallets bancaires, on trouve des portefeuilles avec intermédiaire financier, comme Google Wallet, Buyster, Amazon payments, et des portefeuilles commerçants «one click», tels ceux de Pixmania, Fnac.

Du cross-canal à l’omnicanal

L’enjeu est aussi au cross-canal, en utilisant les wallets également dans les magasins, met en avant Ludovic Francesconi, responsable du département marketing du groupement des cartes bancaires CB. L’usage des wallets dans le point de vente permet de réaliser une réelle convergence des usages entre les achats à distance et les achats de proximité, d’accompagner les stratégies cross canal des commerçants, en rapprochant les parcours client et l’ergonomie quel que soit le canal d’achat, d’intégrer dans un seul outil l’ensemble de la relation client : identification en magasin, self-scanning, fidélité, couponing, des offres ciblées (voire géolocalisées), et last but not least, le paiement !

« L’objectif est de proposer et d’accepter la même gamme de moyens de paiement sur l’ensemble des écrans (physique, web, mobile, borne,…), met en exergue Frédéric Loos, directeur e-paiement de la plateforme de paiement crosscanal Paybox chez VeriFone, fournisseur de solutions monétiques. L’identité client est cross-canal. Il faut des étapes de paiement fluides et multi-écrans. » Il voit à l’avenir le modèle passer du multicanal à l’omnicanal, avec une refonte en profondeur des systèmes d’information de l’enseigne au profit d’un système unique.

Toutefois, il y a foule sur le marché des transactions. En un an en France, de janvier 2013 à janvier 2014, on est passé de 27 à 48 établissements de monnaie électronique et de 191 à 271 établissements de paiement, rappelle David Lejolivet, Sopra Banking Software. Les années à venir auront aussi pour enjeu la rationalisation du marché.

« Il faut des étapes de paiement fluides et multi-écrans. »
Frédéric Loos,VeriFone

Christine Calais