Accueil SAP : vers le transactionnel

SAP : vers le transactionnel

Si SAP n'est pas le précurseur en matière de in-memory, il faut bien constater que c'est le géant allemand qui imprime le rythme à cette évolution technologique majeure. Il en a les moyens financiers et aussi marketing. Le in-memory est l'un des trois piliers de sa stratégie, avec le cloud et la mobilité, qui s'ajoutent à son métier de base – ou historique – d'éditeur de solutions de gestion. Et depuis son lancement au second semestre 2011, HANA a connu un franc succès : elle a généré 160 millions d'euros de chiffre d'affaires en six mois, ce qui en fait le nouveau produit qui connaît la plus forte croissance de toute l'histoire de l'entreprise. Début février, SAP annonçait une édition particulière de HANA, tournée vers les PME et les ETI : Edge. Destinée aux utilisateurs de Business One, cette solution n'est distribuée que via l'écosystème et comporte de nombreuses fonctionnalités de BI : reporting, analyses ad hoc, tableaux de bord, ETL (Extract, Transform and Load) et qualité de données. La phase de ramp-up est en cours et la disponibilité générale est prévue pour plus tard dans l'année. Identique fonctionnellement à la version complète, l'édition Edge voit la quantité de RAM des appliances qui la supporte, bridée. Edge concerne potentiellement près de 100 000 clients de SAP. Quelques semaines plus tard, Fujitsu revendiquait déjà le premier appliance au monde pour Business One sous HANA, dernier-né des produits du constructeur. Venant étoffer sa gamme existante et basé sur le serveur Primergy TX300 S6, cet appliance est “prêt à l'emploi”, c'est-à-dire préconfiguré et préchargé avec la solution analytique. Il devrait être proposé à un tarif abordable pour une PME. Lors d'une conférence de presse le 10 avril dernier, SAP a clairement annoncé sa volonté de devenir rien moins que l'éditeur de bases de données qui connaît la croissance la plus importante au monde, une annonce faite après la “digestion complète” de Sybase, et en a profité pour rationnaliser son offre bases de données. C'était aussi l'occasion d'annoncer la disponibilité générale de SAP NetWeaver Business Warehouse pour HANA. Entré en phase de ramp-up (terme SAP pour désigner un pré-lancement) en novembre 2011, ses premiers utilisateurs signalent des gains importants en matière de performance des requêtes, de réduction des temps de chargement et de compression des données. Le challenge va maintenant consister à faire migrer la base BW, qui compte quelque 13 000 clients, vers HANA (cf. témoignage de Provimi). Lors de la même conférence de presse, Vishal Sikka, CTO et membre du conseil d'administration, a également indiqué que le Business Suite, c'est-à-dire l'ERP pour grands comptes cette fois, devrait suivre le même chemin que Business One et bénéficier de la technologie HANA dès cette année. “En fin d'année, nous serons en ramp-up là dessus, c'est-à-dire que les clients pourront en acquérir une version bêta”, confirme Steve Lucas, senior vice president, Business User Sales. Dès le lancement de la technologie HANA il y a deux ans, Vishal Sikka avait affirmé sa volonté de porter l'ensemble du portefeuille applicatif de SAP sous HANA. La disponibilité de HANA avec Business One et la Business Suite représente les premiers pas dans cette direction. Certains modules ne concernant pas la BI devraient également être rendus disponibles sur HANA. Le fonctionnement de l'ensemble des applicatifs sous HANA nécessitera toutefois un changement en profondeur de l'architecture, qui semble bien à l'ordre du jour chez SAP. La marche forcée vers les traitements en mémoire est lancée. La cadence est donnée par le géant allemand, mais aussi par Oracle, qui a certes adopté un modèle un peu différent mais possède une longueur d'avance commercialement. La concurrence leur emboîte le pas : selon Gartner, nous n'en sommes qu'aux prémisses d'une nouvelle ère, à sa période d'adolescence (cf. schéma). Son adoption à plus grande échelle nous est promise dans quelques années, aux alentours de 2016. Mais le même Gartner prévoyait dès 2011 qu'à l'horizon 2014, 30 % des applications analytiques fonctionneraient en mémoire ; il y a fort à parier que cette prévision ait été trop prudente. 

admin