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Trophées de la transformation numérique – Neptune Port optimise la chaîne logistique du Grand Port de Marseille

Lauréat LogistiqueTROPHEES_1erPRIX

Destiné à tous les acteurs du Grand Port Maritime
de Marseille, le nouveau système intégré trace chaque escale, harmonise les procédures
et fluidifie les formalités administratives.

 

Assurer la coordination parfaite de toute la chaîne logistique du premier port de France en toute sécurité, telle est la mission du nouveau logiciel exploité au Grand Port Maritime de Marseille (GPMM) depuis la fin novembre 2015. Neptune Port aide 700 professionnels à savoir ce qu’ils ont à faire, à chaque instant.

L’activité des bassins et des quais marseillais est incessante. Barges et péniches sillonnent le Rhône en franchissant les écluses, tandis que ferries, navires de croisière, pétroliers et porte-containers convergent depuis les ports Méditerranéens ou océaniques.

Bernard Caumeil
Bernard Caumeil

Vingt métiers sont en relation, toute l’année, de jour comme de nuit : « L’ancien programme de suivi de l’activité (Escale V2 Nautique) tournait depuis 23 ans. Pour optimiser les escales, nous l’avons remplacé par un système d’information intégré fondé sur des technologies Web, développements Java et protocoles Internet », résume Bernard Caumeil, le chef du département du Système d’Information du GPMM. Neptune Port a exigé 8000 jours/hommes sur trois ans ; conçu et exploité en interne, ce logiciel a reçu le soutien d’une équipe de développeurs Cap Gemini.

Gérer les entrées et les sorties de navires

Le système agit comme un entonnoir où tous les événements se déversent et où l’information est redistribuée, sous la forme de formalités administratives dématérialisées. La mise en place d’un guichet unique répond à une directive européenne récente visant à renforcer la surveillance des navires dans chaque port. L’enjeu est de taille pour le GPMM qui loue ses quais et doit multiplier les déclarations aux autorités de Paris et de Bruxelles à l’arrivée, au chargement et déchargement des navires, et jusqu’à leur départ.

« Depuis la mise en service du système, toutes les escales ont été correctement déclarées. Les navires entrent et sortent, sans aucun blocage. Les besoins majeurs sont couverts. On entre à présent dans une phase d’amélioration du premier lot, pour un usage quotidien aussi facile que possible », précise Philippe Affre, responsable de la réalisation des escales sur les bassins ouest.

Philippe Affre
Philippe Affre

Connectée au radar de l’autorité du port, l’application est nourrie par de multiples événements captés en temps réel. La capitainerie suit et partage ainsi les données propres à chaque escale via une base Oracle qui centralise toutes les informations.

« La robustesse, la sécurité et la haute disponibilité du système sont les garants d’une gestion efficace des escales », renchérit Bernard Caumeil. Les opérateurs de terminaux suivent les navires deux à trois semaines en amont de leur arrivée. Tous les événements sont enregistrés et horodatés afin de pourvoir revenir dessus en cas de litige.

Faut-il recourir à l’intelligence artificielle pour planifier l’entrée et la sortie des navires, contre vents et marées ? « C’est inutile, l’auto-régulation s’effectue d’elle-même, par le commerce », constate le manager du système d’information.

Partager l’information pour faciliter la décision

Dès qu’il franchit des lignes virtuelles au large des Bouches-du-Rhône, le navire est suivi constamment. Après identification du transporteur, un flux de données utiles aux formalités administratives, sanitaires et douanières démarre. Adapté à la réforme des ports de 2008, le nouveau système fédère de nombreux intervenants distincts. « Auparavant, il y avait un déclarant et une capitainerie. A présent, l’application peut toucher tous les professionnels des secteurs publics et privés, par échange de web services. Nous avons privilégié la compatibilité avec les principaux navigateurs afin de servir de nombreux acteurs externes », confirme Bernard Caumeil.

Grâce aux déclarations synchronisées, l’ensemble de la règlementation est prise en compte, soit une dizaine de formalités à l’arrivée, et jusqu’à huit documents en sortie. Tous les professionnels du transport connaissent, en temps réel, la position des navires et des barges. Un guide d’escale est même délivré pour faciliter la prise de décision de chacun.

« Nous gérons aussi la traçabilité des marchandises qui entrent et sortent du port », ajoute-t-il. L’activité portuaire est soumise à de nombreux textes réglementaires qui évoluent chaque année ; les dépôts de déchets et le stockage transitoire de marchandises dangereuses, à proximité de 35 industriels à Fos, sont très encadrés.

Parmi les métiers entourant l’escale, citons le remorquage, le placement et l’avitaillement des navires. « Chacun dispose de droits de consultation sur sa partie uniquement. Responsables de la Capitainerie, officiers de quart, officiers de quais et gestionnaires de déchets vérifient ainsi la conformité de leurs documents sous leur propre espace de travail. »

Plusieurs évolutions à l’horizon

Quelques améliorations d’ergonomie sont d’ores et déjà à l’étude. Elles faciliteront la consultation du système depuis une tablette ou un smartphone. La visualisation cartographique des bassins montrera aussi la rotation des navires en temps réel.

Depuis sa conception, Neptune Port met le cap sur la sécurité ; sa conformité au RGS 2.0 (Règlement Général de Sécurité) est prévue pour ce mois de février. L’habilitation garantit aux utilisateurs la réalisation d’audits et de tests d’intrusions à chaque évolution du programme, ainsi que la mise en œuvre de mécanismes de protection du code.

Neptune Port a été bâti autour d’un framework Java (J2EE 6 et EJB3), d’un serveur d’application JBOSS et d’une base Oracle. La persistance des données est assurée par Hibernate tandis que les développements web, côté client, s’appuient sur le kit de développement GWT 2.6.

 


Une infrastructure
et un datacenter en pointe

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Avec 6000 kilomètres de fibres optiques déployées entre les bassins de Fos et de Marseille, le réseau et le datacenter du GPMM répondent aux exigences des clients du premier port de France. Quelques 70 applications métiers servent un millier de professionnels répartis autour du port. Elles s’appuient sur 180 serveurs, fédérés pour la plupart en fermes virtualisées sous l’environnement VMware. Le nouveau logiciel Neptune Port retient un stockage Metro Cluster de NetApp et des serveurs redondants avec équilibre de charges pour soutenir les aléas et pics d’une activité continue, 24 heures sur 24, sept jours sur sept : « les données traitées sont trop sensibles pour être externalisées. D’ailleurs, la dépendance à un opérateur télécoms poserait des problèmes de latence et la rupture d’un lien WAN deviendrait un danger pour les navires. La salle externe que nous louons est opérée par SFR et nous sert de site de repli en cas de sinistre », explique Bernard Caumeil.

 


 

La capitainerie
savoure la réactivité et l’ergonomie Web

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Responsable de la réalisation des escales, Philippe Affre fait partie des cinquante officiers de port qui interviennent continuellement, à tour de rôle, sur les bassins ouest du GPMM, le Grand Port Maritime de Marseille. C’est un utilisateur très régulier du nouveau logiciel Neptune Port. « Je peux rejoindre mon espace de travail personnalisé depuis la maison et suivre la progression de chaque escale, en temps réel, à partir de mon micro-ordinateur. L’ergonomie est intuitive, semblable à celle des sites Web modernes. Nous n’avons connu aucun blocage. La réactivité du programme se manifeste par l’affichage successif des autorisations nécessaires pour chaque navire entrant. La gestion des événements nous manquait ; elle figure au cœur du nouveau logiciel qui centralise l’information puis la partage au niveau des agents (NDLR: 700 comptes utilisateurs et 20 métiers distincts). Tous les acteurs concernés par l’escale disposent des mêmes données simultanément, rafraîchies toutes les deux minutes. Nous pouvons contrôler, diffuser beaucoup plus d’informations et d’événements, les archiver et les ressortir en cas de besoin. Grâce au guichet unique portuaire, les déclarations des navires sont dématérialisées et conformes à la règlementation européenne. »

 


Le port de Marseille
en quelques chiffres (2014)

  •  1er port de France en tonnages marchandises et 1er port de croisières de France
  •  1 bassin portuaire dans la ville de Marseille de 400 hectares
  •  1 zone industrialo-portuaire à Fos de 10 000 hectares, soit la surface de la ville de Paris
  •  43 500 emplois directs et indirects dont 1 000 pour le GPMM
  •  78 millions de tonnes de marchandises traitées
  •  2,5 millions de voyageurs.

 

 

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Olivier Bouzereau