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La bande n'a pas dit son dernier mot

Face aux avantages des disques, la bande fait piètre figure. “Ce système souffre d’une mauvaise image, au point que certains n’hésitent pas à prédire sa mort”, poursuit Gabriel Chaher de Quantum. Les lecteurs LTO ont en effet mauvaise presse, surtout à cause de leur supposé manque de fiabilité. “C’est cette perception erronée qui oriente les achats vers des baies de disques durs et qui fait que le marché des bandothèques reste atone. Pourtant, l’un des gros avantages des bandes, c’est que l’on peut les transporter pour les mettre à l’abri, dans un endroit éloigné du siège central. Nombreuses sont les grandes entreprises qui ne s’y trompent pas et gardent ou font évoluer leurs systèmes existants. En effet, les données stockées sur disques dans les sites distants sont quasiment toujours envoyées au siège pour être conservées sur des bandes, de façon à pallier toute défaillance. Ces dernières peuvent être entreposées dans des locaux prévus à cet effet, ce qui gagne de la place. Une chose impossible à faire avec des disques. Il faudrait en effet multiplier le nombre de baies, ce qui avec le prix du mètre carré dans les grandes villes, devient difficile”. Une opinion partagée par Jan Hildebrandt, responsable avant vente Europe du sud de Tandberg Data. “Les lecteurs de bande ont changé d’emploi. Ils ne sont plus les cibles directes des logiciels de sauvegarde, mais des moyens d’externaliser les données, voire de les archiver. C’est la technologie qui se prête le mieux à cet usage”. Il est cependant indiscutable que les solutions à base de bande sont délicates à mettre en oeuvre. Pourtant, les choses changent. “Il faut garder à l’esprit que les lecteurs actuels n’ont, techniquement, plus grand-chose à voir avec leurs ancêtres d’il ya seulement 5 ans” termine Gabriel Chaher. Les constructeurs embarquent ainsi de plus en plus de logiciels destinés à faciliter les backups sur supports déroulants. C’est le cas de Quantum, qui présente un programme de diagnostic capable de détecter la cartouche responsable de remontées d’alertes vers l'application de sauvegarde. Il propose également tout un mécanisme de reporting indiquant le nombre de fois où une bande a été insérée et éjectée. Nec, pour sa part, intègre des lecteurs de code-barre dans sa gamme T9A2 pour repérer plus aisément le contenu d’une bande, des dispositifs d'ajout à chaud ou une administration à distance, par le biais d’un navigateur internet. Dernier argument en faveur des bandothèques : les prix. Ceux-ci restent raisonnables. Ainsi, ceux de NEC démarrent à 4 000€ pour une librairie de 9 cartouches (27 To. compressés) à 8 500€ pour une autre, de 40 emplacements (64 To. compressés). Comme le précise Jan Hildebrandt : “je ne sais pas si le marché de la bande est stable, mais pour un marché soi-disant mort, ça se vend bien” !

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