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Élargissement des compétences

Une SSLL ou SS2L (Société de Services en Logiciels Libres) est une SSII qui présente certaines particularités. “Le terme est apparu pour les différencier des SSII, pour 3 raisons essentielles”, indique David Sapiro. “La première est idéologique : le service Open Source ne voulait pas se mélanger au mode de fonctionnement des SSII commerciales. La deuxième raison est liée à la gestion des RH et là encore, les entreprises du Libre ne voulaient pas être assimilées aux SSII classiques, dont la gestion des RH est souvent décriée. Enfin, les SS2L se sont assigné une mission d’évangélisation, pour expliquer au marché les caractéristiques de l’Open Source”. C’est Linagora qui est à l’origine de la notion de SS2L et a d’ailleurs déposé cette marque. “Mais nous permettons à tout le monde de l’utiliser”, précise Alexandre Zapolsky. “Nous sommes la plus ancienne de ces SS2L toujours en activité, puisque la société a été créée en mai 2000. À cette époque, c’était extrêmement différenciant de se spécialiser dans le logiciel libre”. Pour Alexandre Zapolsky, le marché des SS2L avait une vraie raison d’être jusqu’en 2007-2008. Mais aujourd’hui, grandes et petites SSII se mettent aussi au Libre : “il est vrai que de la compétence PHP en France, il y en a partout et pas seulement en SS2L. Bull, par exemple, est en pointe sur le sujet, de même que Logica dans le secteur public ou encore Atos avec sa filiale Atos Worldline, mais aussi les SSII généralistes de type Cap Gemini ou Sopra”, précise-t-il. Dans ce contexte, il n’y a plus aujourd’hui beaucoup de facteurs différenciateurs : les compétences de base sur les solutions Open Source sont diluées. Néanmoins, si on cherche un développeur spécialisé et très pointu sur une solution Open Source particulière, il y a plus de chances de le trouver en SS2L qu’ailleurs. “Le premier niveau de compétences est disponible un peu partout, mais les experts restent en SS2L”, assure-t-il. “La part de l’Open Source dans le chiffre d’affaires de Cap Gemini doit même dépasser le CA de Smile”, estime Patrice Bertrand, directeur général de Smile et également président du CNLL (Conseil National du Logiciel Libre). “Mais les grandes SSII généralistes ont du mal à concentrer leurs équipes sur une solution Open Source pour en faire une vraie compétence. Elles fonctionnent en mode projet, par opportunité, et ne construisent pas d’expertise ciblée. Il y a de nombreux domaines dans lesquels elles sont main dans la main avec des éditeurs propriétaires, ce qui crée un vrai conflit d’intérêt”. Véronique Torner confirme que les grandes SSII déploient leurs offres de services mais ne contribuent pas aux solutions Open Source : “ils travaillent en général avec des éditeurs, qu’ils soient Open Source ou non. Or, c’est la contribution à la communauté qui est un axe différenciateur des SS2L et crée aussi de la richesse et de l’expertise”. Pour elle, le cloud va révolutionner les SI et il s’agit d’un élément majeur. Il faut préciser qu’Alterway génère 45 % de son chiffre d’affaires avec ses solutions de hosting.

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