Accueil AVIS D’EXPERT - « L’ERP a besoin d’une nouvelle approche »

AVIS D’EXPERT – « L’ERP a besoin d’une nouvelle approche »

 

Ahmed Mahcer,
président du Directoire de TVH Consulting

 

 

Solutions Numériques : Où en est l’ERP aujourd’hui ?

Ahmed Mahcer : Il y a actuellement deux types d’ERP. D’un côté, les “anciennes générations” et de l’autre ceux dits “intelligents”, soit intégrant de l’IA, de l’analyse prédictive, etc. , soit très ouverts vers l’extérieur, pour interagir avec l’IOT et des solutions dédiées, ce qui leur permet d’être plus performants et productifs. On voit déjà des solutions pour la maintenance industrielle, prédictive, avec des liens automatisés vers les ERP pour pouvoir déclencher une intervention. Ou encore l’utilisation du Machine Learning, pour analyser des données, des tendances et pouvoir ajuster en temps réel des informations. Mais il reste un grand bout de chemin à parcourir, notamment sur le volet intelligence artificielle. Demain, un fabricant d’électroménagers , par exemple, pourra récupérer en temps réel des informations sur des pièces tombant en panne régulièrement et faire remonter ces données vers l’ERP, le service de contrôle technique, la production, les achats, etc.

 

SN : Pouvez-vous donner des exemples de clients qui utilisent des solutions de ce type ?

AM : Nous avons un client dans l’agro-alimentaire, qui, à partir des données récoltées auprès de ses utilisateurs finaux, en tire des tendances pour proposer de nouvelles gammes de produits, et être ainsi en avance sur ses concurrents. Nous sommes là, typiquement, sur de l’analyse intelligente très poussée. Autre exemple, côté IOT : les coopératives agricoles, très en pointe sur ce sujet. Leurs adhérents agriculteurs, à la fois clients, fournisseurs et actionnaires de la coopérative, utilisent l’IOT sur les tracteurs ou encore pour gérer et cartographier leurs parcelles, via des drones, et remonter automatiquement des informations dans l’ERP. Un dispositif permettant de suivre les consommations d’engrais ou encore de produits phytosanitaires. Les outils, en amont, sont capables selon la météo, le pourcentage d’eau dans la terre, etc. d’identifier la quantité et le moment nécessaires pour semer, ajouter de l’engrais, etc.

 

SN : Quel sera le futur de l’ERP, selon vous ?

AM : Il y a d’abord toute une génération de clients qu’il faut rééquiper de A à Z, ayant adopté durant le passage à l’an 2 000 « tout et n’importe quoi ». La première étape de la transformation digitale est avant tout d’avoir un bon SI et donc un bon ERP.

Les ERP datent des années 80, 90, 2000, certes réécrits et customisés, mais leur philosophie n’a pas changé… L’informatique quantique, et sa puissance de calcul, peut révolutionner tout cela. Les premières machines commencent à sortir, mais coûtent pour le moment extrêmement cher.

Pour moi, se pose également la question des grands acteurs informatique, les Gafa, qui ont des moyens très impressionnants et veulent aller vers le monde de l’entreprise, mais comment ? Est-ce que l’ERP ne viendra pas demain de l’un de ces acteurs avec des technologies et des approches innovantes ?

 

 

 

 

 

 

Juliette Paoli