Les agents IA prennent leurs quartiers dans les logiciels de gestion, tandis que les infrastructures évoluent pour absorber leurs besoins en calcul et en données. Mais les nouveautés de la semaine ne se limitent pas à l’intelligence artificielle : numérisation documentaire, communications professionnelles et outils d’analyse métiers continuent aussi de progresser. Avec une même préoccupation pour les entreprises : exploiter leurs données sans compliquer davantage leur informatique.
Les infrastructures se préparent à l’exécution des agents IA
Akamai complète son offre cloud avec deux services destinés à l’exécution des applications d’IA. Annoncés initialement le 27 octobre, Akamai Inference et Agent Sandbox font l’objet d’une présentation en France cette semaine. Le premier donne accès à des modèles ouverts ou personnalisés via des API compatibles avec celles d’OpenAI, sans avoir à administrer les ressources de calcul. Le catalogue initial comprend douze modèles, avec une facturation à l’usage ou des déploiements dédiés.
Agent Sandbox répond à une autre difficulté : comment encadrer le code produit et exécuté par les agents eux-mêmes ? Akamai propose un environnement isolé reposant sur WebAssembly et le framework open source Spin. Le code généré s’exécute séparément de l’agent, avec des restrictions sur la mémoire, les ressources de calcul, les connexions sortantes et les fonctions système accessibles. Les deux services sont disponibles en bêta. Akamai renforce parallèlement ses capacités GPU avec NVIDIA Blackwell Ultra et prépare l’arrivée de Vera Rubin en 2027.
MariaDB s’attaque, de son côté, à la multiplication des infrastructures de données nécessaires au fonctionnement des agents. Sa nouvelle Enterprise Platform 2027 réunit transactions, analyse en temps réel, recherche vectorielle et stockage en mémoire. AI Retrieval doit permettre d’interroger les données opérationnelles et documentaires en langage naturel, en générant des requêtes SQL en lecture seule. Agent Memory conserve le contexte entre plusieurs sessions, tandis que Semantic Cache réutilise les réponses à des demandes similaires pour limiter les calculs.
L’éditeur annonce une amélioration de 56 % du débit maximal par rapport à la version précédente, selon un benchmark réalisé par McKnight Consulting Group et financé par MariaDB. Ce résultat, obtenu dans une configuration particulière, ne préjuge pas des performances de toutes les applications. Enterprise Platform 2027 est disponible, tandis qu’AI Retrieval est annoncé en préversion publique courant novembre sur MariaDB Cloud. La promesse d’une plateforme unique pour les charges transactionnelles et agentiques devra notamment être appréciée au regard des architectures de données déjà utilisées par les entreprises.
Comptabilité et achats : l’IA entre dans les circuits de validation
Sage présente AI Workspaces, une future interface de Sage Intacct destinée à réunir les agents financiers, les données comptables et les tâches à valider. Les agents spécialisés de l’éditeur couvrent notamment le traitement des factures fournisseurs, la clôture comptable, le contrôle financier et la saisie des temps. Ils doivent travailler directement dans les processus existants, selon les règles définies par chaque entreprise.
Le Sage Agent Marketplace est déjà disponible pour activer des agents développés par des partenaires et gérer leurs autorisations. Les AI Workspaces restent, eux, en développement. Un premier environnement consacré à la comptabilité fournisseurs doit être testé auprès d’un nombre limité de clients en novembre.
Onventis suit une logique voisine avec ONIX, son nouveau système d’IA intégré à la plateforme Source-to-Pay. Son assistant Cowork analyse les données relatives aux fournisseurs, contrats, dépenses et transactions pour préparer les décisions. Les agents autonomes doivent ensuite prendre en charge certaines étapes des processus achats.
Dans un scénario présenté par l’éditeur, ONIX détecte une dégradation de la situation financière d’un fournisseur, évalue les dépendances de l’entreprise et propose des mesures avant leur validation par un responsable. Chaque agent dispose d’une identité, de droits limités et d’un responsable désigné. Cowork est en bêta depuis octobre, les premiers agents autonomes sont attendus avant la fin de l’année et leur mise en production est prévue à partir du premier trimestre 2027.
Les outils de travail veulent exploiter les données sans disperser les usages
Avec SHERLOX, XEFI propose aux TPE et PME un portail réunissant plusieurs modèles d’IA, dont ChatGPT, Claude et ses propres modèles Alix hébergés en France. La plateforme se connecte aux documents et logiciels de l’entreprise pour faciliter la rédaction, l’analyse de contrats ou l’automatisation de tâches courantes. Elle s’appuie notamment sur la GED MyEddy et la plateforme de gestion Dailyapps.
XEFI indique conserver en France les documents, les index de recherche et les historiques de conversations, sans utiliser les contenus clients pour entraîner les modèles. L’hébergement français de ces éléments ne signifie toutefois pas que tous les traitements d’IA sont réalisés localement. Environ 1 500 collaborateurs du groupe utilisent déjà SHERLOX, dont le déploiement auprès des PME sera accompagné par son réseau d’agences.
Enreach fait évoluer la téléphonie professionnelle avec UP 3.0 et ses assistants Aimi. La plateforme peut transcrire les conversations, enrichir l’historique des appels et exploiter leur contenu pour suggérer des actions. Des intégrations avec les CRM, WhatsApp et n8n relient ces échanges aux processus métiers. L’éditeur défend une architecture ouverte à différents modèles de langage, hébergés dans le cloud, sur site ou directement sur les terminaux.
Une démonstration de convergence fixe-mobile permettait notamment d’associer un appel GSM au contexte CRM de l’interlocuteur, puis de proposer une action à l’utilisateur. La transcription passe par Enreach UP, les systèmes mobiles ne donnant pas directement accès à l’audio des appels GSM. L’intégration renforcée à Microsoft Teams et un serveur MCP figurent encore sur la feuille de route.
La gestion documentaire se rapproche des utilisateurs
Hyland lance une intégration de ses plateformes documentaires OnBase et Nuxeo dans Microsoft Teams. Les collaborateurs peuvent rechercher, consulter et partager des documents officiels depuis leurs conversations, mais aussi archiver directement des pièces jointes dans les référentiels de l’entreprise. Les liens sécurisés préservent les droits d’accès et les règles de conservation, sans imposer de migration préalable des documents.
L’intérêt est particulièrement concret dans les métiers réglementés. Un gestionnaire d’assurance peut, par exemple, récupérer les pièces échangées dans Teams et les intégrer au dossier de sinistre, avec déclenchement du processus associé. Les documents restent gouvernés par la GED plutôt que d’être dupliqués dans des espaces de discussion. Hyland for Microsoft Teams est disponible pour les clients utilisant ces environnements.
Ricoh intervient plus en amont avec trois scanners de production destinés aux organisations qui traitent de gros volumes de documents hétérogènes. Les fi-8600 et fi-8700 atteignent 100 pages par minute, tandis que les fi-8700S et fi-8700 combinent chargeur automatique et scanner à plat A3 pour les originaux fragiles, reliés ou difficiles à manipuler. La gamme accepte des supports de 20 à 413 g/m² et des documents longs jusqu’à 5 588 mm.
Les logiciels PaperStream assurent la correction des images, la reconnaissance optique de caractères et l’extraction des données. La version Pro Premium ajoute des fonctions de lecture de formulaires et des seuils de confiance pour identifier les informations nécessitant une vérification humaine. Les trois modèles sont disponibles depuis le 5 novembre, à des prix publics compris entre 3 819 et 9 229 euros.
Les données clients et opérationnelles au service des métiers
Salesforce présente le déploiement d’Ask Spurs, un agent de relation supporters développé sur Agentforce pour le club de football Tottenham Hotspur. Accessible depuis le site et l’application du club, il répond en onze langues aux questions sur la billetterie, les adhésions ou les événements. Selon Salesforce, 20 % des interactions sont résolues sans intervention humaine, avec un taux d’engagement annoncé de 86 %.
Le projet repose sur un travail préalable de consolidation des données. En deux ans, Tottenham a remplacé une trentaine de systèmes et en a connecté plus de dix autres. Salesforce Data 360, relié à Snowflake, rassemble désormais 4,6 millions de comptes supporters. Les données alimentent également les activités commerciales et événementielles du stade. Le déploiement illustre autant l’intérêt de l’agent conversationnel que le travail nécessaire pour lui fournir des informations exploitables. Le taux de résolution annoncé laisse aussi une large part des interactions nécessiter une autre forme de traitement.
Dans un autre secteur, Forterro déploie TARGIT Automotive sur le marché français. Cette plateforme de business intelligence s’adresse aux concessionnaires et groupes de distribution automobile, avec des tableaux de bord consacrés aux ventes, aux stocks, à l’après-vente et aux performances financières. Elle se connecte aux logiciels de gestion des concessions, notamment Autoline, Incadea et I’Car, pour réunir des données provenant de plusieurs établissements ou marques.
Déjà utilisée par des groupes automobiles européens, TARGIT arrive en France avec une équipe d’accompagnement basée à Lyon et deux projets de déploiement en cours. La solution est disponible dans le cloud ou sur site. Son intérêt repose moins sur l’ajout d’intelligence artificielle que sur la capacité à harmoniser des indicateurs métiers dispersés dans plusieurs systèmes.








