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Projets énergétiques : Bruxelles cible les onduleurs « à risque » au nom de la cybersécurité

La Commission européenne durcit sa position sur certains équipements photovoltaïques, en conditionnant désormais ses financements à des critères de sécurité. Notamment pour limiter la dépendance industrielle à des fournisseurs extra-européens et la protection des infrastructures critiques.

Des équipements au cœur du réseau électrique

Bruxelles a décidé de ne plus subventionner les projets énergétiques recourant à des technologies jugées à risque, en particulier certains onduleurs solaires, d’apres les informations recueillies par le media allemand spiegel.

Ces équipements, essentiels dans une installation photovoltaïque, assurent la conversion du courant et pilotent en temps réel les interactions avec le réseau électrique. Selon une dépêche de l’Agence France-Presse du 4 mai 2026, relayée par connaissance des énergies, la Commission considère que ces dispositifs, lorsqu’ils proviennent de pays classés « à risques élevés », dont la Chine, peuvent constituer une menace pour le fonctionnement des infrastructures énergétiques européennes. 

Le risque identifié dépasse la simple vulnérabilité logicielle. Les onduleurs sont aujourd’hui connectés, pilotables à distance et capables de remonter des données d’exploitation. Dans ce contexte, Bruxelles évoque la possibilité de perturbations majeures du réseau électrique en cas d’exploitation malveillante de ces équipements. Une porte-parole de la Commission estime qu’un tel scénario pourrait aller jusqu’à un arrêt à distance de réseaux nationaux, avec des coupures d’électricité à grande échelle. 

Une réponse par le levier financier et réglementaire

La réponse européenne passe d’abord par le financement. Les projets intégrant des onduleurs issus de fournisseurs considérés comme à haut risque sont désormais exclus des subventions européennes, qu’il s’agisse de fonds structurels ou d’autres instruments publics. Cette mesure est déjà en vigueur pour les nouveaux projets, avec une période transitoire pour ceux en cours. Cette orientation s’inscrit dans un cadre plus large. Depuis plusieurs semaines, la Commission travaille sur des lignes directrices visant à restreindre l’usage de ces équipements dans les projets connectés au réseau européen, avec à terme la possibilité d’aller jusqu’à leur exclusion réglementaire. 

Au-delà de la cybersécurité, l’enjeu est aussi industriel.

Les acteurs européens cherchent à réduire leur dépendance à des fournisseurs dominants, alors que les fabricants chinois représentent une part très majoritaire du marché mondial des onduleurs. La décision de Bruxelles reconfigure ainsi les conditions d’accès aux financements publics et pourrait accélérer la recomposition de la chaîne de valeur du solaire en Europe. 

Dans cette séquence, la cybersécurité s’impose comme un critère structurant des politiques énergétiques. Elle ne se limite plus aux systèmes d’information traditionnels mais s’étend désormais aux composants physiques des infrastructures, au croisement des enjeux industriels, technologiques et géopolitiques.