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Cloud dans le secteur public +62% en 2025

Dinum-Journée L'Etat dans le Nuage-Mars 2026

Il est fini le temps du frein sur le cloud pour les grandes organisations, c’est l’accélérateur qui est actionné, même pour l’Etat et la sphère publique au sens large !  La Dinum (direction interministérielle du Numérique) organisait le 24 mars la 3e edition de sa journée L’Etat dans le nuage. 2025 a vu une croissance de 62% des commandes sur le marché cloud interministériel “Nuage Public”. Ce qui correspond à 84 millions € de commandes, qui vont à 70% vers des fournisseurs européens. Etat des lieux.

Depuis juillet 2021, la doctrine « Cloud au centre » a rendu obligatoire le recours au cloud pour tout nouveau projet numérique au sein de l’État, au travers d’une circulaire du Premier ministre. Cette stratégie « constitue un levier essentiel de la transformation numérique de l’État et des territoires. Cette transformation numérique est une priorité du Gouvernement pour la modernisation et la simplification de l’action publique. » indiquait la circulaire.

Résultat de cette directive, les commandes Cloud de l’Etat était passées de moins d’1M€ en 2020 à 12 M€ la première année,  2021. Elles ont ensuite été multipliées par 7 en 4 ans, passant de 12 M€ en 2021 à 84 M€ en 2025.

L’accélération des commandes de cloud en € pour la sphère publique

À l’occasion de la journée L’Etat dans le nuage, ouvert par la ministre déléguée chargée de l’Intelligence artificielle et du Numérique, Anne Le Hénanff, la DINUM a rendu public le bilan 2025 de cette stratégie.

Les avantages du cloud pour le secteur public: “Agilité, sécurité des données, souveraineté et interopérabilité.” Stéphanie SCHAER, Dinum

Signe de son succès, la Dinum à dû d’ailleurs limiter les participants : il y avait 850 inscrits, pour 450 places disponibles, nous a indiqué Stéphanie Schaer, directrice interministérielle du numérique, qui nous a également rappelé les objectifs du Cloud au service des agents publics : agilité, sécurité des données, souveraineté et interopérabilité.

99 % des projets de l’État confiés à des fournisseurs européens

La progression annuelle de 62% s’explique par une augmentation de 42% du nombre de projets, avec  847 “projets actifs”, soit en moyenne deux nouveaux projets par jour.

L’État héberge ainsi désormais dans des clouds français des applications critiques telles que le SI du SAMU, le Géoportail de l’IGN ou les démarches d’inscription sur les listes électorales. En février, en réponse aux critiques sur le contrat signé avec Azure de Microsoft, le Gouvernement a également annoncé la migration de la Plateforme des données de santé vers un cloud de confiance d’ici 2027.

Cette croissance est également portée par une hausse de 27% de structures publiques recourant au cloud, dont de nombreuses collectivités territoriales et opérateurs.

Le souci de souveraineté est marqué par le poids des fournisseurs européens, qui ont représenté en 2025 70 % de la commande publique sur le marché interministériel du « Nuage Public », et 99 % sur le seul périmètre de l’État.

La moitié de ces hébergements (pour les données les plus sensibles), répondent à des offres qualifiées SecNumCloud, en augmentation de 20%.

Une redistribution des offres d’hébergement de confiance attendue pour 2026, grâce à SecNumCloud

Fournisseurs de cloud

La Dinum prévient que l’offre PREMI3NS de S3NS, ( 95% Thalès – 5% Google) ayant obtenu fin 2025 la qualification SecNumCloud, « contribuant ainsi à élargir le périmètre fonctionnel du cloud de confiance », et bousculera sans doute en 2026 le palmarès actuel des fournisseurs (cf tableau). D’autres offres attendent également leur certification SecNumCloud, dont Bleu, Scaleway, OVHcloud, et NumSpot.

La porte s’ouvre à des éditeurs de logiciel SaaS

La Dinum annonce : « Ces avancées permettront de bénéficier de la performance des services d’un hyperscaler dans un environnement de confiance, et permettra à davantage de logiciels en SaaS de bénéficier d’un hébergement cloud de confiance, à l’image d’Oodrive, Whaller et Pronote, ou encore Wimi. »

C’est la réponse à la levée de bouclier des éditeurs indépendants, face au développement de la Suite Numérique (lire aussi La Suite numérique de l’État ravive le débat sur la souveraineté et le rôle du privé).

Réponse à la levée de bouclier des éditeurs indépendants

Une journée d’échange de la Dinum avec des éditeurs se tiendra ce vendredi 27 mars. Elle devrait permettre de détecter les solutions du marché qui « matchent » avec des briques de la Suite. C’est une porte (entre-)ouverte, pour quelques éditeurs. Leur solution serait alors proposées par la Dinum.

Une circulaire du Premier ministre devrait publier un catalogue de “solutions sur étagère”.

2026 : migration des grands SI historiques et déploiement d’une IA « souveraine »

La Dinum a a fait une annonce, lors de son évènement, sous la forme d’un communiqué. Intitulé « Une nouvelle étape pour la stratégie cloud », il prévoit :

– une plus grande mutualisation des stratégies ministérielles d’hébergement,

-la migration des grands systèmes d’information historiques et sensibles vers le cloud de confiance,

-le déploiement souverain de l’intelligence artificielle.

Après le développement du chatbot Albert (pour lequel Solutions-Numériques et Cybersécurité a attribué un Trophée de l’IInnovation et de la Transformation numérique en 2025), la Dinum propose des applications développées avec Mistral AI. Une aide à l’utilisateur accompagne sa Suite Numérique (synthèse des textes, traduction stp) et la plateforme d’IA générative PLIAGE, permettant aux agents publics de développer leurs solutions.