Un décret signé par l’administration Trump prévoit la création d’un fonds destiné à indemniser les victimes d’escroqueries en ligne, financé par les avoirs saisis auprès des organisations criminelles transnationales. Le texte organise aussi une mobilisation coordonnée de l’État fédéral pour démanteler les réseaux responsables de ces attaques.
Un fonds alimenté par l’argent saisi aux réseaux criminels
Le décret prévoit la création, dans un délai de 90 jours, d’un Victim Restoration Program. Le principe est d’utiliser les fonds récupérés, confisqués ou saisis auprès des organisations criminelles transnationales pour indemniser les victimes de fraudes numériques.
La mesure intervient dans un contexte d’essor des escroqueries en ligne. Selon le FBI, les centres d’escroquerie internationaux dérobent environ 12,5 milliards de dollars par an aux Américains, notamment via de faux investissements ou des arnaques sentimentales.
Pour la Maison Blanche, ces campagnes reposent sur des organisations criminelles transnationales qui ciblent les populations les plus vulnérables. Elles mobilisent différentes techniques, allant du phishing et de la fraude financière aux ransomwares, malwares, extorsions ou usurpations d’identité.
Une réponse fédérale coordonnée contre les réseaux de fraude
Le décret demande également à plusieurs agences fédérales de produire, dans un délai de 120 jours, un plan d’action destiné à « prévenir, perturber, enquêter et démanteler » ces organisations criminelles.
Une cellule opérationnelle sera créée au sein du National Coordination Center pour coordonner l’action fédérale. Elle réunira notamment les départements d’État, du Trésor, de la Défense, de la Sécurité intérieure et de la Justice.
Cette structure devra améliorer le partage d’informations et la coordination des opérations entre les administrations. Le secteur privé pourra être associé lorsque cela est jugé nécessaire, notamment pour fournir des capacités techniques et du renseignement sur les menaces afin d’identifier et de suivre les infrastructures utilisées par les acteurs malveillants.
Pression diplomatique contre les pays qui abritent les réseaux
Le texte prévoit également une action diplomatique renforcée. Le département d’État devra travailler avec les gouvernements étrangers pour obtenir des mesures contre les organisations opérant depuis leur territoire.
Les États-Unis évoquent plusieurs mesures à l’encontre des pays qui refuseraient de coopérer, dont la limitation de l’aide étrangère, des sanctions ciblées, des restrictions de visas ou des pénalités commerciales. Dans certains cas, l’expulsion de diplomates impliqués dans ces activités pourrait également être envisagée.
Lors d’un événement organisé lundi, le directeur national du cyber, Sean Cairncross, a expliqué que ce décret s’inscrivait dans une approche visant à mobiliser l’ensemble des leviers de l’État contre les organisations criminelles transnationales, en combinant actions judiciaires, diplomatiques et coopération internationale.








