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Victime d’un ransomware, le groupe lyonnais Lise Charmel en redressement judiciaire « par protection »

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Le groupe lyonnais de lingerie haut de gamme Lise Charmel a été placé en redressement judiciaire « par protection » après une cyberattaque massive début novembre dont l’entreprise ne s’est vraiment sortie qu’en janvier, selon son directeur général.

« Nous nous sommes retrouvés le 8 novembre au matin avec tous nos fichiers, toutes nos données, tous nos postes cryptés en France et à l’étranger. On a été en état de choc pendant plusieurs semaines. C’était terriblement violent« , reconnaît Olivier Piquet.
Un lransomware « avait pris en otage toutes nos données en échange d’une clé permettant de les déchiffrer« , explique à l’AFP le patron de l’entreprise, en confirmant cette mésaventure révélée par le site d’information Salade lyonnaise.

Les 1 150 collaborateurs du groupe au niveau mondial – 400 dans la région lyonnaise – « étaient tous bloqués par cette attaque ciblée« . Objectif des ransomwares : extorquer à une entreprise paralysée une grosse somme d’argent, généralement à payer en monnaie virtuelle pour éviter toute trace. « On veut rester discrets mais notre parti pris a été de ne pas payer la rançon et de reconstruire« , indique le dirigeant. « C’est pourquoi nous avons
sollicité le tribunal de commerce« .

La mise en redressement judiciaire de toutes les entités françaises du groupe, le 27 février, est avant tout technique: « c’est pour nous mettre à l’abri, nous protéger de toute pression financière alors que nous voulons rattraper notre retard de production et de livraison, aller de l’avant et travailler dans la sérénité« . « Tous nos partenaires, producteurs et clients, qui ont formé une super chaîne de solidarité, sont au courant et nous soutiennent« , se félicite-t-il. Car ces mois d’arrêt forcé, le temps de redéployer tous les systèmes, ont été difficiles avec « un manque à gagner encore à préciser mais qui se monte sans doute à plusieurs millions d’euros« .
Le groupe ne décèle par ailleurs  « aucun impact » sur son activité du coronavirus. « On en est à ce stade sur le rattrapage de notre retard », relève M. Piquet. 
Présent dans une quarantaine de pays en Europe et en Amérique du Nord, le groupe Lise Charmel a réalisé en 2018 un chiffre d’affaires cumulé de près de 60 millions d’euros. Son activité dépend à 50 % de l’export avec cinq marques (Lise Charmel, Epure, Eprise, Antigel, Antinéa) et plusieurs dizaines de magasins à l’étranger.

 

Auteur : La Rédaction avec AFP