Accueil Etudes Un tiers des salariés en télétravail 3,6 jours en moyenne par semaine

Un tiers des salariés en télétravail 3,6 jours en moyenne par semaine

Près d’un an après le début de la crise Covid-19, durant laquelle le nombre de télétravailleurs a atteint 41 % des salariés, la dernière édition du baromètre annuel de Malakoff Humanis observe un « retour à la normale » avec 31 % des salariés en télétravail en décembre 2020, un chiffre quasi-équivalent au mois de novembre 2019 selon l’avant-dernière édition de ce rapport.

Il faut néanmoins nuancer ce retour en arrière, qui inquiète le gouvernement face à la montée des variatns du Covid-19 dans l’Hexagone, car le nombre de jours télétravaillés continue d’être élevé avec 3,6 jours par semaine en moyenne (contre 1,6 jour fin 2019), et 45 % des salariés en télétravail le pratiquent encore à 100 %.

Le télétravail, qui concernait 30 % des salariés avant la pandémie Covid-19, a connu un essor sans précédent en 2020 pour atteindre 41 % des salariés en mai lors du premier confinement. Un contexte exceptionnel durant lequel 44 % des télétravailleurs expérimentaient cette forme de travail pour la première fois, et 75 % à 100 %. Fin 2020, 31 % des salariés étaient en télétravail à temps complet ou partiel (62% pour le secteur Banque/Assurance, 62 % pour les Services, 23 % pour le secteur de la Santé, 19 % pour le Commerce et 17 % pour l’Industrie). Si le nombre de télétravailleurs a diminué par rapport au début de la crise, le nombre de jours télétravaillés reste nettement supérieur au taux moyen pratiqué avant la pandémie : 3,6 jours par semaine versus 1,6 jour par semaine fin 2019.

Fin 2020, 61 % des salariés déclaraient travailler à temps complet sur site (76 % pour l’Industrie, 74  % pour le secteur de la Santé, 65 % pour le Commerce, 36 % pour le secteur Banque/Assurance et 35 % pour les Services). Ils étaient 51 % en juin, et moins d’un tiers entre avril et mai 2020. Ainsi le retour au bureau a été plus rapide à l’issue du second confinement. Le télétravail à 100 % a perdu du terrain : il concernait 45 % des télétravailleurs fin 2020 contre 52 % en mai.

La satisfaction vis-à-vis du télétravail a baissé, mais demeure élevée

Alors que la satisfaction vis-à-vis du télétravail affichait une note de 8 / 10 fin 2019, elle est tombée à 6,9/10 en avril 2020, lors du premier confinement, pour remonter à 7,2 / 10 en décembre 2020.
Seuls 14 % des télétravailleurs disent ne plus souhaiter télétravailler après la crise sanitaire. Et une grande majorité de dirigeants (67 %) se déclare favorable à la mise en place du télétravail dans leur entreprise. 43 % déclarent par ailleurs le pratiquer de manière régulière ou occasionnelle.
Il faut noter cependant que 56 % des télétravailleurs se sentent plus engagés lorsqu’ils travaillent sur site, et 61 % ont le sentiment d’être plus efficaces dans leur travail d’équipe. 59 % des salariés (77 % pour les 18-24 ans) disent aller au bureau d’abord pour partager un moment de convivialité avec leurs collègues et rencontrer les membres de leur équipe (44 %).

Ainsi l’entreprise est vécue comme un lieu d’échange, d’apprentissage et de développement. C’est notamment ce lien social qui a manqué aux 26 % de télétravailleurs qui estiment que le télétravail a eu un impact sur leur santé psychologique (vs 12 % en 2019). De leur côté, 86 % des managers déclarent que cette pratique leur impose de maintenir les liens collectifs pour éviter l’isolement, et 43 % déclarent avoir eu des difficultés à gérer la fragilité de certains salariés.

Salariés et dirigeants (64 % et 54 %) s’accordent également à dire que le télétravail risque de créer de nouvelles fractures au sein d’une entreprise entre ceux qui peuvent télétravailler et ceux dont les fonctions ne le permettent pas.

Travail hybride : la nouvelle norme 

75 % des salariés et 66 % des dirigeants pensent que le télétravail va continuer à se développer. Ce sentiment est encore plus marqué chez les cadres (86 %), les femmes (80 %), les salariés de très grandes entreprises (80 %), les entreprises du secteur des services (83 %), et les personnes vivant en Ile-de-France (80 %).

La très grande majorité (86 %) des télétravailleurs souhaite poursuivre le télétravail. Pour les salariés, le nombre idéal de jours de télétravail par semaine s’établit à 2 jours, contre 1,4 jour en novembre 2019.

Se pose alors la question du partage des tâches en fonction du lieu de travail. Ainsi, 52 % des salariés estiment pouvoir faire tout ou partie de leurs tâches à distance (15 % estiment pouvoir en faire la totalité). 74 % des télétravailleurs privilégient le travail à distance pour rédiger. Plus de la moitié des télétravailleurs déclare être plus concentrée en télétravail et pouvoir mieux organiser son temps de travail. Les télétravailleurs ont aussi le sentiment d’être moins fatigués (72 %), plus autonomes et davantage responsabilisés (69 %). A contrario, ils préfèrent animer une réunion sur site (74 %) ou être au bureau s’ils ont des difficultés à résoudre (73 %).

Dans l’entreprise, les salariés veulent retrouver des espaces de convivialité (46 %), des espaces où l’on sent faire partie d’un collectif (32 %). Si le bureau « attitré » reste la norme pour une majorité des salariés (66 %), le bureau individuel fermé ne concerne plus que 19 % des personnes interrogées. Près d’un quart des salariés déclare préférer un poste de travail dans un bureau partagé. 16 % espèrent voir naître des espaces modulables, des espaces dédiés à l’innovation et à la créativité (14 %) ou à la formation (17 %).

 

1/4 des managers défavorables au télétravail

D’après un autre rapport « Flash Télétravail et Covid-19, deuxième vague », lmenée par CDA pour Malakoff Humanis, la perspective que le télétravail puisse devenir obligatoire quelques jours par semaine en 2021 inquiète cependant un tiers des salariés interrogés (30 %) et 35 % des managers. Et un quart des managers déclare aujourd’hui être défavorable au télétravail (vs 18 % en 2019).

Juliette Paoli