Un nouvel outil d’auto-évaluation entend lever l’opacité qui entoure encore la conformité des infrastructures cloud au Cadre européen de souveraineté cloud 2025.
Mettre des chiffres sur une notion encore floue
La souveraineté cloud reste, pour de nombreuses organisations, un concept difficile à objectiver. Entre exigences réglementaires, dépendances technologiques et contraintes opérationnelles, l’écart est souvent important entre ce que le cadre européen impose et ce que les infrastructures permettent réellement de garantir. C’est précisément ce « point aveugle » que vise à combler un nouvel outil d’auto-évaluation mis à disposition du marché.
Accessible en libre-service via un navigateur web, l’outil propose une évaluation automatisée de la conformité d’une infrastructure au Cadre européen de souveraineté cloud 2025. En moins de vingt minutes, il délivre un score de souveraineté et une analyse des écarts, là où les démarches traditionnelles reposent encore sur des audits manuels longs et coûteux.
Un score SEAL pour objectiver les risques
Le cœur du dispositif repose sur un indicateur synthétique : le score SEAL, pour Sovereignty Effective Assurance Levels. Celui-ci positionne l’organisation sur cinq niveaux de maturité, de SEAL-0 à SEAL-4, en s’appuyant sur les huit objectifs définis par le cadre européen. L’enjeu n’est pas uniquement de qualifier un niveau, mais de fournir un référentiel commun permettant de discuter des risques et des exigences contractuelles associées.
L’évaluation intègre également une analyse pondérée des écarts. Tous les objectifs de souveraineté n’ont pas le même poids : la chaîne d’approvisionnement et l’autonomie opérationnelle sont ainsi identifiées comme des points de vigilance majeurs, afin de faire ressortir les vulnérabilités les plus critiques dans une stratégie numérique.
De la conformité à la trajectoire d’investissement
Au-delà du diagnostic, l’outil génère une feuille de route opérationnelle, téléchargeable, destinée à transformer une discussion souvent abstraite sur la souveraineté en plan d’amélioration concret. Pour les équipes techniques, il s’agit aussi d’un levier de clarification interne. « Sans score clair, il est difficile de défendre les budgets nécessaires aux initiatives d’autonomie numérique », souligne Andreas Prins, Head of Global Sovereign Solutions chez SUSE, à l’origine de l’outil.
La question de la confiance est également centrale. Les résultats de l’évaluation restent stockés localement dans le navigateur de l’utilisateur, sans transmission ni conservation externe. Un choix assumé, qui vise à permettre aux organisations les plus sensibles de réaliser l’exercice sans exposer d’informations critiques.
En apportant une mesure objectivée, une hiérarchisation des risques et une trajectoire d’amélioration, cet outil illustre un basculement : la souveraineté cloud ne relève plus du discours d’intention, mais d’une capacité démontrable, mesurable et opposable. Un changement de nature, à la hauteur des exigences du cadre européen.








