Accueil Cloud Thales et Google répliquent S3NS en Allemagne : naissance d’un « cloud...

Thales et Google répliquent S3NS en Allemagne : naissance d’un « cloud souverain » sous contrôle allemand

Après la France avec S3NS, Thales et Google Cloud lancent une offre opérée depuis l’Allemagne. Une initiative qui relance le débat sur la souveraineté des clouds bâtis sur les technologies des hyperscalers américains.

Une entité allemande opérée par Thales

Selon les deux groupes, cette nouvelle offre vise les administrations et les organisations soumises à des exigences élevées en matière de sécurité, de conformité et de protection des données. L’infrastructure et les opérations seront assurées par une société allemande contrôlée à 100 % par Thales, tandis que Google Cloud apportera les briques technologiques sous-jacentes.

L’objectif est de permettre aux clients allemands de bénéficier des services de Google Cloud tout en répondant aux exigences réglementaires nationales. Les deux partenaires mettent notamment en avant une gouvernance locale, des équipes dédiées basées en Allemagne et des mécanismes de contrôle destinés à limiter les risques liés aux législations extraterritoriales.

Cette initiative s’inscrit dans la continuité de S3NS, la coentreprise créée en France par Thales et Google Cloud pour proposer un « cloud de confiance ». Elle intervient alors que plusieurs projets comparables émergent en Europe afin de concilier l’accès aux technologies des hyperscalers américains et les exigences croissantes en matière de souveraineté numérique.

Un projet qui continue d’alimenter le débat sur la souveraineté

Dans leur communication, Thales et Google Cloud insistent sur le caractère indépendant du dispositif. La future plateforme reposera sur « une nouvelle entité allemande détenue et contrôlée à 100 % par Thales » et vise à fournir aux organisations allemandes les capacités de Google Cloud tout en garantissant des données « confidentielles, sécurisées et pleinement souveraines ».

Le projet reste toutefois sujet à controverse. En France, S3NS a régulièrement été critiqué par certains acteurs du numérique souverain, qui estiment qu’une solution reposant sur les technologies d’un fournisseur américain ne peut être considérée comme pleinement souveraine. Les interrogations portent notamment sur la dépendance technologique aux hyperscalers et sur les conséquences potentielles de législations extraterritoriales telles que le Cloud Act.

À l’inverse, les défenseurs de cette approche considèrent que les mécanismes de gouvernance, d’exploitation locale et de contrôle mis en place apportent les garanties nécessaires aux organisations les plus sensibles. L’obtention de la qualification SecNumCloud par S3NS a notamment été présentée comme la démonstration qu’il est possible d’associer les technologies d’un hyperscaler américain à des exigences élevées de souveraineté. Le lancement de cette initiative en Allemagne pourrait ainsi raviver un débat qui dépasse désormais largement le cadre français.

Des réactions sceptiques sur LinkedIn

L’annonce a d’ailleurs suscité plusieurs commentaires critiques sur LinkedIn. Sous la publication de Thales, certains internautes ont remis en cause la notion même de souveraineté lorsqu’une solution repose sur les technologies d’un hyperscaler américain. Parmi les réactions relevées figurent notamment : « Affligeant de naïveté », « Une infrastructure “totalement autonome vis-à-vis de Google Cloud”, mais basée sur Google Cloud » ou encore « Le cloud souverain européen avec Google. C’est exceptionnel. »

Ces commentaires font écho aux critiques déjà formulées en France lors du lancement de S3NS. Pour leurs auteurs, une gouvernance locale ne suffit pas à garantir une autonomie complète dès lors que les briques technologiques demeurent celles d’un fournisseur américain. Les partisans du dispositif mettent, eux, en avant le contrôle opérationnel, la gouvernance et les mécanismes de protection juridique assurés par l’opérateur local.