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Starbucks abandonne son outil IA d’inventaire, neuf mois après son déploiement, faute de fiabilité

Neuf mois après avoir déployé un système de comptage automatisé dans l’ensemble de ses cafés nord-américains, Starbucks a discrètement mis fin au programme. Une retraite qui en dit long sur les limites d’un déploiement à marche forcée.

Un outil conçu pour résoudre les ruptures, devenu lui-même source d’erreurs

La promesse était séduisante : remplacer les comptages manuels des produits — laits, sirops, composants de boissons — par une application combinant caméra et technologie LIDAR, capable de scanner les étagères en quelques secondes depuis une tablette. C’est en septembre dernier que Starbucks avait déployé cet outil, développé par NomadGo, dans l’ensemble de ses établissements nord-américains, avec l’ambition affichée de poser les bases d’une « optimisation plus intelligente de la chaîne d’approvisionnement », rappelle reuters le .

Le contexte était celui du plan de redressement opérationnel du PDG Brian Niccol, arrivé en poste fin 2024 avec la mission de corriger des ruptures produits chroniques qu’il jugeait directement responsables du recul des ventes. L’outil automatisé devait améliorer la visibilité des stocks en magasin et selon les déclarations de l’enseigne à Reuters en février, il avait effectivement progressé sur ce point.

Mais dans le même temps, Reuters révélait que l’application présentait des défaillances récurrentes : confusion entre types de lait similaires, articles non détectés, recomptages erronés. Une vidéo publiée par Starbucks lors du lancement, depuis supprimée du site officiel, montrait déjà l’outil incapable de reconnaître une bouteille de sirop à la menthe poivrée, alors qu’il identifiait correctement les bouteilles adjacentes.

La standardisation comme réponse à l’échec de l’automatisation

Lundi, une newsletter interne consultée et vérifiée par Reuters, annonçait sobrement la fin du programme : « À compter d’aujourd’hui, le comptage automatisé est retiré. Les composants de boissons et le lait seront désormais comptés de la même manière que les autres catégories d’inventaire. » Dans sa communication officielle, Starbucks a justifié cette décision par la volonté de « standardiser la façon dont l’inventaire est compté dans l’ensemble des cafés », dans une logique de cohérence et d’exécution à grande échelle. L’entreprise a par ailleurs indiqué travailler au renforcement de ses réapprovisionnements quotidiens et à l’amélioration structurelle de sa chaîne logistique.

Le retour en arrière est d’autant plus notable que le programme existait déjà en phase de test avant l’arrivée de Niccol, qui avait choisi de l’accélérer dans le cadre de son plan « Back to Starbucks ». Ce plan s’appuie par ailleurs sur d’autres briques technologiques (outils de séquençage des commandes, assistance aux baristas) que l’enseigne maintient. Ce n’est donc pas la technologie dans son ensemble qui est remise en cause, mais bien la trajectoire d’un déploiement massif avant maturité.

Pour NomadGo, le fournisseur de la solution, la fin du contrat se traduit par une formule prudente : l’entreprise dit « apprendre en continu des retours clients et utilisateurs » pour améliorer ses produits. Une manière de signifier que le chantier reste ouvert — ailleurs, et pour d’autres.