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SharePoint dans le viseur des attaquants : deux failles critiques exploitées

Deux vulnérabilités critiques touchant Microsoft SharePoint sont d’ores et déjà exploitées par des cybercriminels, alerte le CERT-FR. Prise de contrôle à distance, vol ou destruction de données : les conséquences sont sérieuses pour les organisations qui n’auraient pas encore déployé les correctifs publiés par l’éditeur.

Une exploitation déjà en cours, pas une simple hypothèse

Les deux failles identifiées sous les références CVE-2026-58644 et CVE-2026-50522 font l’objet d’une exploitation active sur des systèmes vulnérables. Autrement dit, il ne s’agit pas d’un risque théorique découvert en laboratoire, mais d’un mode opératoire déjà utilisé sur le terrain par des attaquants. Une fois la vulnérabilité exploitée, ces derniers peuvent prendre le contrôle à distance des serveurs concernés, avec à la clé de l’espionnage, du vol, voire la destruction pure et simple de données confidentielles hébergées sur les plateformes SharePoint touchées.

Microsoft a réagi en publiant des mises à jour correctives censées neutraliser ces deux vecteurs d’attaque. Reste que la fenêtre entre la publication d’un correctif et son déploiement effectif constitue historiquement le créneau privilégié des attaquants, qui savent pertinemment que de nombreux environnements SharePoint, souvent critiques et rarement redémarrés à la légère, tardent à être mis à jour.

Versions concernées et réflexes à adopter sans tarder

Les environnements exposés couvrent un périmètre large : SharePoint Enterprise Server 2016 dans ses versions antérieures à 16.0.5556.1005 et à 16.0.5561.1001, SharePoint Server 2019 antérieur aux builds 16.0.10417.20153 et 16.0.10417.20175, ainsi que SharePoint Server Subscription Edition en dessous des versions 16.0.19725.20384 et 16.0.19725.20434. Un spectre qui englobe aussi bien des déploiements historiques que des installations plus récentes, ce qui écarte l’idée d’un problème circonscrit à une génération de produit en particulier.

La recommandation est sans ambiguïté : appliquer au plus vite les correctifs mis à disposition par Microsoft, en se référant aux bulletins de sécurité associés à chaque CVE. Cybermalveillance.gouv.fr insiste par ailleurs sur un point souvent négligé une fois le correctif appliqué : en cas de doute sur une compromission antérieure, il est indispensable de changer les mots de passe de l’ensemble des comptes utilisés sur les équipements concernés. Un attaquant ayant déjà mis la main sur des identifiants valides pourrait en effet revenir tranquillement après coup, correctif ou pas. Autant dire que le simple déploiement du patch ne suffit pas toujours à clore l’incident.