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Semi-conducteurs, la France cherche ses futurs champions pour le prochain PIIEC européen

La France ouvre la sélection des entreprises et laboratoires qui participeront au futur programme européen consacré aux technologies avancées du semi-conducteur. Les projets devront couvrir la recherche, l’industrialisation et les premières capacités de production, avec une priorité affichée pour les composants liés à l’IA et à la réduction de la consommation énergétique des centres de données.

Une sélection française avant le lancement européen

Bercy a lancé le 17 juillet un appel à projets destiné à identifier les participants français du futur Projet important d’intérêt européen commun sur les technologies avancées du semi-conducteur, baptisé PIIEC AST. Les entreprises et centres de recherche intéressés ont jusqu’au 1er septembre 2026 pour déposer leur candidature auprès de Bpifrance.

La procédure doit permettre de sélectionner deux catégories d’acteurs. Les participants directs pourront porter des projets susceptibles de recevoir des aides publiques importantes, sous réserve de leur validation par la Commission européenne. Les partenaires associés intégreront l’écosystème du programme sans relever du même régime de financement. Un dispositif distinct doit être ouvert ultérieurement pour les partenaires indirects.

Le futur PIIEC est préparé depuis 2024 par la France, l’Allemagne et les Pays-Bas. Quinze États membres ont déjà soutenu sa conception au niveau européen. Le programme n’est toutefois pas encore approuvé ni doté d’une enveloppe définitive. Il se trouve toujours dans une phase de construction avant l’examen des projets par Bruxelles.

Des puces plus sobres pour l’intelligence artificielle

Le gouvernement français met particulièrement en avant les technologies capables de réduire la consommation énergétique des centres de données et les composants utilisés dans les secteurs stratégiques. La sélection doit aussi préparer la contribution française à la future stratégie électronique 2035, qui n’a pas encore été présentée.

Cette orientation place l’intelligence artificielle au centre du programme, sans limiter le périmètre aux seuls accélérateurs de calcul. Les projets pourront concerner les procédés de fabrication, les équipements, les architectures, les composants spécialisés ou leur intégration dans des systèmes industriels. Le cahier des charges devra surtout préciser comment la France entend répartir son effort entre conception, production et technologies de rupture.

Les candidats présélectionnés participeront à une phase européenne de mise en relation destinée à faire émerger des coopérations transfrontalières. Cette organisation répond au fonctionnement même des PIIEC, qui autorisent des soutiens nationaux importants à condition que les projets présentent un intérêt commun pour plusieurs États et produisent des retombées au-delà des seules entreprises financées.

Un nouveau programme après 8,1 milliards d’euros d’aides publiques

L’Europe dispose déjà d’un PIIEC consacré à la microélectronique et aux technologies de communication, approuvé en juin 2023. Quatorze États membres avaient alors prévu jusqu’à 8,1 milliards d’euros d’aides publiques pour 68 projets portés par 56 entreprises, avec 13,7 milliards d’euros d’investissements privés attendus. Les travaux couvrent notamment l’IA, les télécommunications, l’automobile autonome et l’informatique quantique.

Le futur PIIEC AST ne remplace pas ce programme. Il doit prolonger l’effort sur une nouvelle génération de technologies et de capacités industrielles, au moment où plusieurs lignes pilotes financées par le règlement européen sur les semi-conducteurs entrent en service. À Grenoble, la ligne FAMES consacrée aux puces FD-SOI à très basse consommation a été inaugurée en janvier 2026 pour un investissement cumulé de 830 millions d’euros.

Bercy n’indique pour l’instant ni le budget français réservé au futur PIIEC ni le nombre de projets qui pourront être retenus. L’appel permet donc de mesurer l’ambition industrielle affichée, mais pas encore l’ampleur financière réelle du dispositif. Ces éléments dépendront des candidatures, des arbitrages entre États et de la validation finale de la Commission européenne.