
A l’occasion de l’AI Tour de Microsoft, le géant des spiritueux et le distributeur de matériel électrique ont exposé leurs stratégies dédiées à l’intelligence artificielle. Leurs ambitions sont à la hauteur des investissements consentis.
Les acteurs du « retail » ne peuvent faire l’impasse sur l’intelligence artificielle. Selon une récente étude d’IBM, 40 % des consommateurs français recourent désormais à l’IA pour les guider dans leurs achats. Ce changement de comportement s’observe également dans le monde BtoB. Venant témoigner lors de l’AI Tour de Microsoft, qui s’est tenu à Paris le 11 mars, Sonepar en est en tout cas convaincu. Le nom de ce groupe français n’est pas connu du grand public, il s’agit pourtant du leader mondial de la distribution de matériel électrique.
Une transformation numérique à marche forcée
En 2023, Sonepar a annoncé investir plus de 2,5 milliards d’euros dans l’automatisation de sa chaîne d’approvisionnement et un milliard d’euros supplémentaire dans sa plateforme omnicanale, baptisée Spark. Présente dans une quarantaine de pays, l’entreprise a réalisé, en 2024, un chiffre d’affaires de 32,5 milliards d’euros dont 40 % dans le digital. Sonepar est accompagnée dans sa transformation numérique par Microsoft (Azure, Dynamics 365), Publicis Sapient et Hitachi Solutions.
Chief transformation officer, Jérémie Profeta mise sur l’IA comme une aide à la prescription. Avec un million et demi de références à son catalogue, les installateurs et professionnels du bâtiment peuvent rapidement se perdre.
« L’IA va émettre des recommandations mais aussi proposer une solution complète répondant aux spécificités techniques d’une installation »
Jérémie Profeta, Chief transformation officer.
L’IA est également un outil d’aide à la vente permettant aux commerciaux d’anticiper les attentes des clients et de réaliser la « next best action ». Enfin, la digital factory de Sonepar a recours à la génération automatisée de code.
Développer l’esprit critique des collaborateurs
Changement complet de secteur avec Pernod Ricard. Autre géant français mais cette fois dans les spiritueux et les vins avec plus de 200 marques, un chiffre d’affaires d’environ 11 milliards d’euros et près de 19 500 employés.
Utilisateur des technologies Microsoft Azure, le groupe français a pris le tournant de l’IA dès 2020 en développant une série d’outils dédiés. D-Star conseille les équipes commerciales sur les marques à promouvoir dans telle région ou sur tel canal de vente. Maestria analyse les moments les plus propices à la consommation pour une marque donnée tandis que Matrix optimise les investissements marketing.
« Alors que nos métiers sont sur un temps long – les spiritueux mettent des années à arriver à maturation -, les vagues technologiques s’accélèrent».
Hélène Chaplain, Global CIO.
Celle de l’IA crée une rupture plus importante que les précédentes. » La DSI ne perçoit pas l’IA comme une transformation supplémentaire mais comme un projet d’entreprise qui nécessite de rapidement passer à l’échelle. « Je ne suis pas preneuse des usines à POC. »
Ce passage à l’échelle de l’IA suppose de créer en interne les conditions de son adoption. En avril, débutera un nouveau programme de formation. « Chaque collaborateur doit s’emparer de l’IA avec responsabilité. Pour développer l’esprit critique, nous allons leur soumettre des prompts qui contiennent des erreurs. »
Xavier Biseul.







