Accueil Politique Pour une politique européenne numérique : un plan d’action franco-allemand

Pour une politique européenne numérique : un plan d’action franco-allemand

Alors qu’Angela Merkel et François Hollande vont présider une grande conférence numérique franco-allemande à Paris, le 27 octobre, le Conseil national du numérique (CNNum) français et son homologue allemand le Comité « Jeunes entreprises du numérique » (BJDW) prônent une politique unifiée en matière de numérique en Europe : programmes d’enseignement communs, mise en réseau des places de marchés virtuelles et harmonisation fiscale.

En septembre dernier, Sigmar Gabriel, ministre fédéral de l’Economie et de l’Energie, et Emmanuel Macron, ministre de l’Economie, de l’Industrie et du Numérique ont décidé de saisir le Comité « Jeunes entreprises du numérique » (Beirat “Junge Digitale Wirtschaft”, BJDW) ainsi que le Conseil national du numérique (CNNum) afin de préparer des propositions qui nourriront les réflexions des deux gouvernements sur le développement et la croissance des startups en France et en Allemagne.
Les deux institutions remettent ce mardi 27 octobre leur plan d’action en quinze points aux deux ministres, au cours d’une conférence numérique franco-allemande, à l’Élysée. « L’Europe commence seulement à prendre pleine conscience de l’importance capitale d’une souveraineté numérique à la fois sociale, économique et politique. Mais il n’est pas trop tard », alors que la capitalisation boursière des géants du web –très majoritairement américains– dépasse déjà la moitié du PIB de la France », remarque Tobias Kollmann, le président du comité allemand, cité dans un communiqué publié ce lundi 26 octobre au soir. « L’Europe dispose de nombreux atouts sur lesquels s’appuyer pour développer ses propres modèles et orienter sa transition numérique: une jeunesse créative, audacieuse et qualifiée, des innovations et des innovateurs reconnus à l’international, des valeurs communes, tournées vers la liberté d’expression, le respect de la diversité », renchérit Benoît Thieulin, le président du Conseil national du numérique. Les deux institutions considèrent qu’il est non seulement nécessaire de « lever plusieurs freins », mais aussi d’inciter l’innovation. Baptisé « Agir pour l’innovation », leur plan d’action concerne aussi bien l’éducation que le financement des startusp.

Rendre prioritaire la transformation digitale de l’économie européenne

L’Europe doit commencer par faire une priorité de l’éducation dans le numérique, généraliser l’enseignement d’un socle commun de compétences, et mettre ses écoles en réseau, selon le CNNum et le DJBW. L’Europe doit, selon eux, financer, développer et fédérer des places de marché virtuelles et des programmes d’échanges entre startups, investisseurs et incubateurs, et œuvrer pour l’harmonisation des régimes fiscaux et sociaux. sur son territoire. Bruxelles se doit également de donner aux start-up l’accès à un financement durable, en rendant notamment l’environnement plus attractif pour les business angels européens. L’Europe doit enfin définir et instaurer, selon les deux institutions, « les conditions d’un cadre équilibré et propice à l’innovation », ce qui passe par la création d’une agence de notation des plateformes à l’échelle européenne et la taxation des profits là où ils sont réalisés.

 

Auteur : la rédaction avec AFP

Juliette Paoli