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Portefeuille européen d’identité numérique : un déficit de notoriété qui interroge à six mois du lancement

Selon une étude IDnow menée en juin 2026 auprès de 1 000 Français, seuls 18 % des répondants déclarent connaître précisément le portefeuille européen d’identité numérique, prévu par le règlement eIDAS 2 d’ici la fin de l’année. Un chiffre qui pose la question de la pédagogie à mener avant le déploiement.

À moins de six mois de l’échéance fixée par la Commission européenne, le compte n’y est pas en matière de notoriété. Le portefeuille européen d’identité numérique, qui doit permettre aux citoyens de prouver leur identité et de partager des justificatifs officiels en ne transmettant que les informations strictement nécessaires, reste largement méconnu du grand public français. L’étude commandée par IDnow, spécialiste européen de la vérification d’identité, révèle que 54 % des Français déclarent n’en avoir jamais entendu parler, tandis que 28 % en connaissent l’existence sans savoir précisément de quoi il s’agit. Seuls 18 % affirment le connaître réellement.

Un lien direct entre connaissance et confiance

L’enseignement le plus significatif de l’étude tient à la corrélation observée entre notoriété et confiance. Les répondants qui connaissent le dispositif se disent confiants dans sa capacité à être déployé de manière sécurisée et simple à utiliser à 76 %, contre seulement 36 % chez ceux qui n’en ont jamais entendu parler. Les Français informés se montrent ainsi plus de deux fois plus nombreux à croire en la réussite de son déploiement.

Pour Liudmyla Rabchynska, Directrice Global Regulatory & Government Affairs chez IDnow, ce résultat conditionne directement la suite du calendrier eIDAS 2 : « Un portefeuille numérique ne peut inspirer confiance que si les citoyens comprennent les bénéfices qu’il leur apporte. Notre étude met précisément en évidence ce lien. L’information et la communication seront donc déterminantes pour le succès du portefeuille européen d’identité numérique, dans les mois à venir. » L’étude pointe par ailleurs deux sources d’inquiétude qui pourraient freiner l’adoption si elles ne sont pas levées d’ici le lancement : 73 % des Français redoutent un manque d’interopérabilité entre les différents systèmes et services, et 70 % craignent une technologie trop complexe ou insuffisamment fiable.

Le contrôle des données personnelles comme condition d’adoption

Au-delà de la notoriété, l’étude identifie le facteur qui conditionne l’adhésion des Français au dispositif : la maîtrise de leurs propres données. 62 % des répondants se disent davantage enclins à utiliser le portefeuille européen d’identité numérique s’il leur permet de prouver leur âge sans divulguer de données personnelles inutiles. La possibilité de choisir soi-même les informations partagées ressort comme le principal facteur de confiance cité par les répondants.

Ce besoin de contrôle n’efface toutefois pas les réserves de fond. Parmi les Français qui connaissent le dispositif, seuls 8 % déclarent n’avoir aucune inquiétude à son sujet, les préoccupations portant sur la protection des données, la sécurité et les risques de détournement. Un constat que Liudmyla Rabchynska relativise sans le minimiser : « Les inquiétudes suscitées par une nouvelle solution d’identité numérique sont parfaitement compréhensibles. L’essentiel est que les citoyens comprennent les garanties offertes par le portefeuille numérique ainsi que le contrôle qu’ils conservent sur leurs propres données. C’est précisément là que réside le véritable défi en matière de communication. »