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« Nous voulons introduire de l’intelligence depuis l’Edge Computing jusqu’au Cloud », Patricia Florissi, CTO Dell Technologies

Patricia Florissi
Interview de Patricia Florissi, CTO de Dell Technologies

De passage à Paris à l’occasion du Dell EMC Forum, Patricia Florissi, CTO monde de Dell EMC, a accordé une interview à Solutions Numériques. Un an après la méga-fusion entre Dell et EMC, le groupe mise gros sur l’IoT.

Patricia Florissi, CTO monde de Dell EMC, sur scène à l’occasion du dernier Dell EMC Forum à Paris.

 

Solutions Numériques : Michael Dell a récemment annoncé vouloir investir 1 milliard de dollars dans l’IoT. Pouvez-vous donner quelques détails ?

Patricia Florissi : « Nous allons investir un milliard de dollars sur 3 ans. Notre budget R&D atteint 4,5 milliards de dollars, soit pratiquement 10 % de notre chiffre d’affaires. Lors de la conférence IQT du 10 octobre dernier, nous avons fait des annonces visant à rapprocher l’intelligence artificielle de ce que nous appelons l’analytique appliqué et l’Internet des objets. Il s’agit de transformer l’IoT en terminaux intelligents, apporter de l’intelligence au monde physique, c’est ce que nous avons appelé l’IQT, le coefficient intellectuel des objets. A cette occasion nous avons fait plusieurs annonces, dont la nomination d’un directeur général pour cette nouvelle division IoT, Ray O-Farrell, qui était le CTO de VMware. »

Il s’agit de la première entité créée 12 mois après la fusion Dell / ECM…

« Dell Technologies se compose de 7 compagnies [NDLR : Dell, Dell EMC, Pivotal, RSA, SecureWorks, Vitustream et VMware] et notre offre se compose de solutions issues de ces 7 entreprises, mais aussi de solutions composées de technologies issues de 2 ou 3 de nos entités. VxRail est issu de VMWare et Dell EMC, notre Cloud hybride natif (Native Hybrid Cloud) provient d’EMC, de VMware et de Pivotal. Ce qui diffère avec IQT, c’est la liberté de manœuvre dont dispose cette entité pour innover et prendre des solutions dans les 7 autres entités du groupe pour les assembler en solutions. »

Quels sont les premières annonces de cette nouvelle division IoT ?

« Nous voulons introduire de l’intelligence tout au long du continuum, depuis l’Edge Computing jusqu’au Cloud. Nous avons ainsi réalisé des démonstrations de technologies de type Edge Computing appelée PULSE, une technologie issue de VMware Airwatch, mais dédiée à l’IoT. Nous avons aussi annoncé EdgeX Foundry, alter ego de Pivotal Cloud Foundry pour l’IoT. Nous avons aussi annoncé Nautilus dont la vocation est de faire ce que nous appelons de l’Extreme Analytics. La solution doit à la fois analyser et stocker en temps réel les données alors qu’elles seront reçues des objets connectés. Nous avons aussi annoncé le projet Fire, environnement de contrôle de l’IoT, une appliance qui réalise les traitements analytiques au plus près des données.

Enfin, nous avons fait des annonces du côté du développement d’applications Cloud avec Pivotal et de Federated Analytics avec World Wide Herd pour réaliser de l’analytique au travers de cette architecture. Enfin, l’intégration de Boomi afin d’ajouter un contexte business aux données émises par les objets. »

Cette approche « Extreme Analytics » peut-elle s’appliquer à la gestion des infrastructures IT plus « classiques » ?

« Nous n’exploitons pas encore le Deep Learning pour savoir où les workloads devraient être exécutées. Nous sommes au milieu du gué, car jusqu’à aujourd’hui nous nous sommes beaucoup intéressés à l’emplacement des VM mais si on regarde le monde des conteneurs et des microservices, le niveau de granularité est bien plus élevé. J’en parlais récemment avec le CIO d’un groupe bancaire majeur, à partir d’un certain nombre de microservices, il devient nécessaire de les regrouper en différentes classes. Il faut être capable de gérer des millions de microservices, et à de tels volumes, il faut automatiser. VMware a travaillé depuis 20 ans à l’automatisation de la gestion des VM, maintenant avec le World Wide Herd, nous étendons cette approche afin de placer les conteneurs au plus près des données. »

 

Auteur : Alain Clapaud