Pigment grimpe à 2,3 milliards de dollars, deux rachats visent à fiabiliser les données des agents IA et le staffing des cabinets, et l’Europe assemble ses briques d’IA souveraine. Voici le point business de la semaine.
Pigment change de dimension
C’est le tour de table de la semaine. Pigment lève 250 millions de dollars en série E, pour une valorisation de 2,3 milliards de dollars. Le Scaleup Europe Fund, géré par EQT, mène l’opération. WIL et les investisseurs historiques Greenoaks, ICONIQ, IVP et Meritech l’accompagnent, et NVIDIA prévoit d’y investir. La plateforme de planification a dépassé cette année les 100 millions de dollars de revenus annuels récurrents, un chiffre une nouvelle fois doublé en un an. Autre indicateur : 85 % des nouvelles métriques y sont désormais créées par un agent IA. L’argent ira à la R&D, en particulier à Graphite, le moteur de calcul propriétaire de Pigment, ainsi qu’à l’expansion dans de nouvelles régions.
Des rachats pour fiabiliser les données et les compétences
Les agents IA ne valent que par les données qu’ils consomment, et Boomi en tire les conséquences. Après Lunar.dev, l’éditeur s’offre Elementary Data. Né en 2022 comme projet open source, Elementary est utilisé par plus de 1 500 équipes data. Sa solution d’observabilité repère et qualifie les problèmes de qualité des données avant qu’ils n’atteignent les tableaux de bord, les modèles ou les agents. Elle apporte aussi une traçabilité au niveau des colonnes et un serveur MCP. Le besoin est réel : selon une étude de Forrester Consulting commandée par Boomi, seuls 34 % des dirigeants font confiance aux actions de leurs systèmes agentiques.
Unit4 mise de son côté sur les compétences et met la main sur Napta. Fondée à Paris en 2018, la plateforme de gestion des ressources et d’analyse des compétences compte plus de 100 cabinets et entreprises clients dans le conseil, l’audit, les services informatiques et l’ingénierie. Napta garde sa marque, son équipe dirigeante emmenée par Arnaud Caldichoury et son ouverture aux autres ERP et PSA. Unit4 croisera ses données de compétences avec ses propres données projets, finances et RH.
Dans l’écosystème Cegid, HORIZONS-GROUP et PARTHENA CONSULTANT se rapprochent pour s’imposer sur XRP Flex, XRP Sprint et HR Sprint. L’opération double les effectifs consacrés à l’offre Cegid, qui atteignent 35 collaborateurs. Patrice Lecomte pilotera la convergence des équipes de services et de support.
Les agents IA se trouvent des alliés
Workday et Anthropic officialisent un partenariat. Les deux plateformes s’échangeront tâches et contexte via MCP. Dans Sana, les processus RH et financiers au long cours, comme les campagnes de révision salariale ou les clôtures comptables, peuvent faire appel au raisonnement de Claude, qui ne reçoit que les informations nécessaires. À l’inverse, les collaborateurs peuvent consulter les données Workday et agir depuis Claude, dans le respect des droits définis dans Workday, et chaque modification reste soumise à leur confirmation. Les deux entreprises sont d’ailleurs clientes l’une de l’autre. Le plugin Sana pour Claude est en accès anticipé, avant une disponibilité générale prévue d’ici fin 2026.
DXC, lui, s’appuie sur LangChain pour ses opérations IT critiques. Sa plateforme OASIS repose sur le framework open source LangGraph, et DXC prend une licence LangSmith pour développer, évaluer et observer ses agents. Déjà en production, OASIS est en cours de déploiement dans 125 environnements clients. Sur plus de 500 cas mesurés, DXC revendique un temps de résolution réduit de 95 % en moyenne et une précision de diagnostic d’au moins 92 %. Les actions sensibles peuvent être suspendues en attendant une validation humaine.
L’Europe assemble son IA souveraine
Au Luxembourg, emma s’associe à NetApp. emma apporte des GPU hébergés dans ses propres datacenters européens et sa plateforme d’exploitation multicloud. NetApp fournit la couche de données avec son stockage ONTAP. Pour Dmitry Panenkov, fondateur d’emma, la question des clients européens a changé : ils se demandent désormais où exécuter l’IA « sans perdre la maîtrise de leurs données ».
Plus à l’est, Bull et České Radiokomunikace (ČRA) signent un protocole d’accord autour de la future AI Gigafactory tchèque, candidate au programme européen. C’est le premier accord industriel issu de la coopération franco-tchèque sur l’IA. Bull y apporte les 200 ingénieurs IA de DataSentics, basés à Prague et à Brno, et pourrait fabriquer les serveurs en République tchèque et en France avec Foxconn. L’infrastructure a vocation à servir les neuf pays signataires de la déclaration de Prague.
Partenaires et écosystèmes
Keyfactor revoit son Global Partner Program pour aider ses partenaires à bâtir des services autour de la crypto-agilité et du post-quantique. Le programme prévoit un co-selling renforcé, la vente via les marketplaces des hyperscalers et de nouvelles certifications. Un PQC Lab réservé aux partenaires leur permettra aussi de développer leurs propres offres. Le déploiement se fera progressivement au second semestre.
Côté recherche, six experts fondent l’Institut Xenia, un institut indépendant consacré à l’adoption de l’IA en entreprise, en particulier dans les PME et ETI européennes. Parmi eux figurent Michal Valko, chercheur à Inria et ancien de Meta GenAI, et l’économiste Enrichetta Giurickovic, du Collège de France. Une première étude, consacrée au « dilemme du dirigeant diligent », est déjà en ligne.
Distinction
Canon figure pour la deuxième fois, après 2023, parmi les leaders de l’IDC MarketScape consacré aux programmes de développement durable dans l’impression. IDC salue notamment son reconditionnement de multifonctions, composés à plus de 90 % de pièces réutilisées, un programme étendu aux États-Unis en avril.








