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Les interrogations autour de la panne GLI, qui bloque les abonnements de nombreux titres de presse

Mise à jour du 28 juin 2016 : la panne est résolue

 

Nous avons évoqué la défaillance technique affectant la disponibilité des données abonnés, chez le Groupe GLI, le gestionnaire d’abonnement de nombreux titres de la presse française: Le Figaro, Le Echos, Le Point. Et même…Solutions IT.

Les premières informations, du 23 juin, sur le site ‘En-Contact’, étaient particulièrement alarmantes, annonçant une perte des données. Les dirigeants de GLI ont communiqué le lendemain, 24 juin pour infirmer cette affirmation, et donner des détails sur la situation. La restauration est en cours mais pourrait prendre 3 à 4 semaines.

Les abonnements ne sont pas perdus

En principe le fonctionnement des abonnements des périodiques n’est pas bloqué. En effet, les éditeurs de presse impactés peuvent router leurs publications, en réutilisant les derniers fichiers que GLI adresse pour chaque envoi aux routeurs (à condition que ces fichiers aient été conservés). Un fichier numérique au format « manager » comporte les adresses de chaque abonné. Le numéro d’abonné contient les informations de l’abonnement dont la date d’expiration et le type d’abonnement. Gli peut compléter ces fichiers en livrant les étiquettes des derniers abonnés, en train de rentrer, la prise en compte des nouveaux abonnements étant effective. Tant bien que mal, le service peut donc être rendu, en attendant le retour à la normale.

Les pages abonnement des sites des éditeurs de presse pointant généralement sur les pages du site de GLI n’étaient souvent plus disponibles, et devront être modifiées par les éditeurs de presse.

PRA et un PCA en cours

Un PCA (plan de continuité de l’activité) et un PRA (plan de reprise d’activité ont été présentés aux éditeurs vendredi 24 juin. GLI a confirmé que les données des abonnés étaient sauvegardées, ayant été numérisées depuis 2012. C’est la reprise qui comporte encore des incertitudes. Les experts d’IBM (fournisseur du matériel) travaillent au niveau programmation sur la baie de stockage qu’on ne parvient pas à relancer. Un scénario prévoit la migration de la base de données Loggia (ll’application de Gli pour gérer les abonnements, voir plus bas), vers une autre base, dans un autre environnement. Différents calendriers sont envisagés, selon les résultats, dont certains avec une échéance en août.

Le film de l’accident

« Dimanche 19 juin, à 16H30, le datacenter qui  héberge notre baie de serveurs (Equinix, à Saint-Denis) nous a signalé une panne », a expliqué la direction commerciale de Groupe GLI à ses clients. « Deux disque durs étaient en rade. La société de maintenance -du groupe Econocom selon nos informations, NDLR –est intervenu dans l’heure, pour changer les disques durs et procéder à la restauration. Jusqu’à là, l’incident était banal. Mais cette intervention a provoqué une réaction en chaîne sur l’ensemble des disques de la baie, et a bloqué l’accès à l’application, Loggia, et à toutes les données. Des équipes travaillent jour et nuit depuis pour la réparation. ‘En 30 ans de maintenance, on n’avait jamais vu cela’, nous disent les techniciens. Nous avons également fait appel à IBM, fournisseur du matériel – matériel de dernière génération – leurs support de France -puis de Grande Bretagne, Allemagne, Espagne, en télémaintenance – sont intervenus. Le redémarrage de l’application pourra prendre plusieurs semaines »

Le groupe GLI est un spécialiste historique de l’abonnement de presse. Son fond de commerce est le logiciel vertical LOGGIA, qui  traite la gestion des abonnements et des adresses , avec les spécificités nécessaire au routage de presse, qui inclut un traitement postal particulier pour permettre aux éditeurs de bénéficier des tarifs de la presse. LOGGIA est un logiciel éprouvé, qui gère depuis plus de 20 ans les plus gros titres de la presse française, dont le Figaro. Conçu pour fonctionner sur les gros et moyens systèmes, il a pu souffrir d’une certaine lourdeur de maintenance.

Des questions en attente de  réponses

Les informations dont nous disposons ne permettent pas de comprendre les causes de cet incroyable incident. On peut se poser une série de questions : une erreur de manipulation sur le matériel s’est-elle produite ? A t-elle a créé un bug dans l’application ? Liée à une architecture client-serveur ? La difficulté d’intervention sur l’application provient-elle d’un manque de compétences en programmation, spécialisée et disponible pour intervenir sur le logiciel Loggia ? Et enfin : une réplication en miroir existait-elle sur un autre site physique ?

Jean Kaminsky