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AVIS D’EXPERT – Les applications commerciales de l’IA agentique sont déjà là ; la prochaine étape consiste à les faire passer du stade expérimental à celui de la mise en production

Shawn McAllister, Chief AI Strategy Officer chez Solace. Crédit : Solace

Un danger latent pourrait bien faire éclater la bulle spéculative autour de l’IA dans le monde des affaires. Le problème ne vient pas du fait que les modèles d’IA ne sont pas à la hauteur, mais plutôt de l’énorme fossé qui sépare un prototype construit en trois jours d’un système de production robuste et sécurisé. Pour réussir la transition entre projets pilotes expérimentaux et utilisation quotidienne dans les secteurs industriel et commercial, Shawn McAllister, Chief AI Strategy Officer chez Solace, affirme qu’au lieu de considérer l’IA comme une simple expérience scientifique isolée, nous devons la traiter comme un acteur de premier plan du paysage informatique de l’entreprise.

McKinsey estime qu’en dépit d’investissements se chiffrant à plusieurs milliers de milliards, près de deux tiers des organisations n’ont pas encore déployé leurs projets d’IA à l’échelle de l’entreprise. Les dirigeants se penchent actuellement sur cette question. Lors du Forum économique mondial 2026, de nombreuses tables rondes réunissant des PDG de renom ont abordé les problèmes liés à la mise à l’échelle de l’IA et la manière de surmonter les défis organisationnels profondément ancrés qui en découlent.

Bonne idée, dommage qu’on ne puisse pas la mettre à l’échelle !

Le piège du prototype IA est un phénomène qui hante actuellement le service informatique des entreprises. Il commence par une démonstration interne réussie – un chatbot capable d’analyser les documents RH de la société ou un script qui résume le compte-rendu d’une réunion. Cette approche, où chaque département identifie des cas d’usage concrets pour l’IA, peut sembler très prometteuse dans un premier temps.

Mais ces équipes ne font qu’établir des agents isolés les uns des autres. L’équipe marketing peut créer un agent sur la base d’un framework open source, tandis que l’équipe informatique en crée un autre à l’aide d’un stack technologique différent. Ce sont des projets sur mesure : des applications fragiles et en silos qui n’interagissent pas du tout entre elles ou qui s’appuient sur des intégrations point à point, en général des API REST, pour fonctionner.

Si cela fonctionne dans un cadre de démonstration, les dirigeants se heurtent rapidement à un mur technologique dès lors qu’ils cherchent à industrialiser ces initiatives à l’échelle de l’entreprise.

Les obstacles qui entravent la réussite de l’IA agentique

Un certain nombre d’obstacles sont susceptibles d’entraver la bonne transition des projets d’IA agentique du stade expérimental à celui de la mise en production. Parmi les obstacles les plus courants, on peut citer les problèmes d’accès, une infrastructure rigide, des développements fragmentés et des données obsolètes.

Un accès non contrôlé ouvre la voie à des failles de sécurité

Lorsque les agents passent de la simple lecture de données à l’exécution d’actions concrètes – comme effectuer des transactions, transférer des capitaux ou modifier des dossiers clients sensibles – la surface d’attaque de l’entreprise s’élargit de manière exponentielle. En l’absence d’une couche de gouvernance centralisée, les entreprises s’exposent à la menace de l’IA fantôme, lorsque les protocoles de sécurité et les droits d’accès sont codés en dur dans chaque agent ou tout simplement ignorés.

Cela peut même se produire dans des cas d’usage simples de l’IA agentique, où des actions telles que l’injection de prompts, si elles ne sont pas correctement maîtrisées, peuvent contourner les mécanismes de sécurité pourtant en place.

Cela crée un grave vide en matière de conformité. Si un agent autonome accède de manière frauduleuse à des données à caractère personnel ou déclenche une transaction non autorisée, l’entreprise ne pourra pas répondre à la question fondamentale de savoir qui ou quoi a autorisé cette infraction.

Retour alors à l’infrastructure rigide et en silos : l’ennemi de l’évolution de l’entreprise

La création de composants d’IA tels que des agents, des modèles d’invite et des bases de données vectorielles isolés les uns des autres, ne fait que reproduire les silos traditionnels sous une forme moderne. Une architecture d’IA construite de manière rigide ne bénéficie pas de la modularité nécessaire pour s’adapter à l’évolution du marché. La mise à niveau d’un LLM peu performant vers un modèle plus efficace relève davantage d’une refonte technique majeure que d’un simple changement de configuration. Il en résulte une nouvelle forme de « plat de spaghetti », un réseau fragile de dépendances sur mesure qui nuit à l’agilité et alourdit la dette technique à long terme.

Vous voilà confronté au goulot d’étranglement sur mesure qui va faire échouer le test de reproductibilité en vue d’une utilisation industrielle

L’évolution rapide de l’IA a dépassé les normes organisationnelles, ce qui a conduit à un paysage de développement fragmenté. À l’heure actuelle, les différentes équipes ont tendance à adopter des technologies et des méthodologies très disparates pour chaque projet pilote, ce qui oblige de nombreux nouveaux projets d’IA à se transformer en véritables « expériences scientifiques » menées à partir de zéro.

L’absence d’un cadre normalisé rend impossible l’industrialisation de l’IA. Pour que les idées passent du tableau blanc à la chaîne de production à un rythme adapté à l’entreprise, le développement doit évoluer d’un travail artisanal sur mesure vers une discipline d’ingénierie reproductible axée sur les plateformes.

Un projet reposant sur des données déjà obsolètes avant même de démarrer

Pour soutenir la nature dynamique des activités agentiques, l’IA a besoin des données fraîches. La plupart des projets pilotes d’IA actuels sont « rétrospectifs » et s’appuient sur des bases de connaissances statiques ou sur des données chargées une seule fois à partir d’un instantané. Cela peut suffire pour démontrer l’intérêt de ce cas d’utilisation, mais dans un environnement de production, il faut disposer d’informations à jour pour prendre les bonnes décisions ou mener les actions appropriées. Si un agent logistique planifie un envoi en se basant sur des données d’inventaire datant ne serait-ce que de cinq minutes, cette décision ne manque pas seulement de précision, elle représente une réalité qui n’existe plus.

Franchir le fossé entre l’expérimentation et la production

Pour remédier à ces difficultés, les entreprises ne doivent pas se contenter d’un ensemble disparate de bibliothèques et de solutions ponctuelles. Elles doivent avoir accès à une plateforme cohérente spécifiquement conçue pour répondre à la complexité de l’entreprise.

C’est là qu’intervient l’agent mesh, une plateforme d’IA agentique ouverte qui offre aux entreprises les outils nécessaires pour concevoir, déployer et exploiter efficacement des applications d’IA intelligentes et bien gérées – qu’il s’agisse de simples solutions mono-agent ou de puissantes solutions multi-agents orchestrées – qui interagissent en temps réel avec les applications et les données d’entreprise. Une plateforme d’agent mesh telle que l’Agent Mesh Enterprise de Solace peut aider les entreprises à passer au déploiement critique en s’appuyant sur plusieurs piliers critiques :

Développement accessible à tous

Pour combler l’écart entre la conception initiale et les systèmes d’entreprise opérationnels, les organisations doivent démocratiser le développement en réduisant les obstacles techniques à l’accès. Un agent mesh va faciliter cette démarche grâce à une interface sans code assistée par l’IA, permettant ainsi aux analystes métier, parallèlement aux options de programmation destinées aux développeurs, de s’assurer que l’expertise métier se traduise directement en logique d’agent.

L’ensemble du processus doit s’appuyer sur des capacités de connectivité étendues et prêtes à l’emploi avec SQL, les API et le protocole MCP (Model Context Protocol), qui permettent aux agents de s’intégrer de manière transparente aux flux en temps réel et aux applications d’entreprise. En offrant une orchestration flexible capable de prendre en compte à la fois la décomposition dynamique des tâches et les flux de travail normatifs et conformes aux exigences règlementaires, une plateforme d’agent mesh permet aux équipes de développer de simples projets pilots en systèmes sophistiqués, prêts à passer en production.

Orchestration et gestion des données haute performance

Contrairement aux chaînes traditionnelles basées sur REST, qui peuvent se bloquer et tomber en panne, un agent mesh orienté événements permet une orchestration asynchrone en parallèle , où plusieurs agents travaillent simultanément et se remettent automatiquement en marche après un blocage ponctuel. Pour faire face aux coûts élevés et aux contraintes contextuelles des grands modèles de langage (LLM), un agent mesh peut recourir à des capacités de gestion intelligente des données afin de ne transmettre aux LLM que les informations les plus pertinentes, réduisant ainsi la « consommation de tokens » et évitant les hallucinations.

Déploiement ouvert

Enfin, pour s’y retrouver dans le paysage de l’IA en constante évolution, les entreprises doivent adopter une stratégie indépendante du cloud et des fournisseurs afin d’éviter tout verrouillage coûteux. L’utilisation d’un agent mesh pouvant être déployé de manière ouverte dans des environnements sur site, dans le cloud ou hybrides garantit que les agents, les données dont ils ont besoin et le contexte qu’ils gèrent sont conformes à diverses réglementations en matière de souveraineté et de sécurité des données. Cette flexibilité permet de préserver les investissements antérieurs en facilitant l’orchestration d’agents tiers compatibles A2A et d’agents natifs au sein d’un seul flux de travail unifié.

Une meilleure façon de travailler

À quoi cela ressemble-t-il dans la pratique ? En associant une ingénierie robuste à un agent mesh orienté événements, on voit apparaître, dans tous les secteurs, des cas d’utilisation qui optimisent le retour sur investissement de l’IA agentique et qui résistent aux contraintes du déploiement en production.

Analyse conversationnelle : démocratiser l’accès aux informations en temps réel

Pour la plupart des entreprises, le premier obstacle consiste à sortir de leur zone de confort que constituent les tableaux de bord statiques. Les utilisateurs professionnels doivent pouvoir interroger des systèmes complexes (ERP, CRM et gestion des stocks), sans avoir à attendre pendant plusieurs jours le rapport d’un analyste de données concernant de nouveaux types de requêtes. Connecter un agent ponctuel directement à une base de données est un cauchemar en matière de sécurité, et les données statiques sont souvent obsolètes dès qu’on les consulte.

Par contre, une interface sécurisée et réglementée qui s’adapte à l’environnement de travail des utilisateurs (Teams, Slack, Web) leur permet d’effectuer des requêtes ponctuelles du type : « Quels sont nos chiffres de vente et notre chiffre d’affaires de ce matin par rapport à hier ? » L’agent mesh vérifie l’identité de l’utilisateur, récupère les données en temps réel auxquelles l’utilisateur a accès et donne un résumé de sa réponse. Le résultat est spectaculaire : le délai d’accès aux informations passe de plusieurs jours à quelques secondes, tout en respectant une gouvernance rigoureuse.

Automatisation agentique : autonomie de bout en bout prête à la validation humaine

Le « Saint Graal » de l’IA, c’est la suppression des interventions manuelles. Cela nécessite d’automatiser les processus longs et comportant plusieurs étapes, tels que l’intégration des clients ou les validations de crédit. Les flux de travail complexes sont fragiles. Si l’étape 3 sur 5 échoue, tout le processus est interrompu, ce qui va exiger une intervention manuelle pour y remédier.

L’agent mesh gère l’« état » de ces flux de travail complexes par le biais d’une orchestration parallélisée. Il peut simultanément vérifier les identités et contrôler les cotes de crédit. Si une API est lente, il gère l’attente de manière asynchrone et passe entre temps à la tâche suivante. Si une étape échoue, elle est automatiquement relancée.

Il en résulte un traitement de bout en bout (STP) qui réduit considérablement les frais opérationnels et minimise les erreurs tout en conservant une intervention humaine pour les validations finales.

Le tremplin vers l’IA agentique en production

En adoptant un agent mesh, les projets d’IA agentique passent du stade d’expériences isolées à celui d’acteurs à part entière de l’entreprise, capables d’interagir de manière transparente avec les applications d’entreprise existantes, les données en temps réel et les utilisateurs.

Les projets d’IA bénéficient de la sécurité et de la fiabilité du paysage informatique existant, ce qui permet aux organisations d’exploiter pleinement le potentiel des projets d’IA et de déployer leurs cas d’utilisation de l’IA agentique à l’échelle de l’entreprise.

Le développement, le déploiement et le contrôle de chaque détail s’effectuent à partir d’une plateforme commune qui favorise la réutilisation et le partage des connaissances, permettant ainsi aux entreprises de générer rapidement de la valeur ajoutée.

L’époque où l’on considérait l’IA comme une expérience scientifique est bel et bien révolue.