Accueil Chiffrement L’AFNUM dresse le bilan d’une année décisive pour les infrastructures numériques françaises

L’AFNUM dresse le bilan d’une année décisive pour les infrastructures numériques françaises

Réunie en assemblée générale le 26 juin, l’Alliance Française des Industries du Numérique a fait le bilan d’une année marquée par des avancées concrètes sur les infrastructures numériques, tout en posant ses priorités pour la séquence présidentielle qui s’ouvre. Avec un comité de direction renouvelé, l’organisation entend peser sur le débat public.

Datacenters : des procédures qui s’accélèrent enfin

L’année écoulée a vu se concrétiser plusieurs propositions portées par l’AFNUM depuis la célébration de ses dix ans en septembre 2025. Les huit mesures présentées en février dernier pour accélérer le développement des infrastructures numériques, notamment les datacenters et les capacités liées à l’intelligence artificielle, ont trouvé une traduction législative et réglementaire concrète.

La qualification des centres de données au titre des projets d’intérêt national majeur a ainsi été intégrée à la loi de simplification de la vie économique, assortie d’une procédure administrative accélérée. Autre avancée notable, le décret n° 2026-302 a simplifié le cadre contentieux des projets stratégiques en supprimant un échelon juridictionnel et en fixant un délai indicatif de dix mois par instance. Le délai global de traitement passe d’environ cinq ans à deux ans.

Pour autant, l’AFNUM ne considère pas le chantier clos. L’organisation appelle désormais à adapter les procédures de raccordement électrique aux besoins des grandes infrastructures numériques, en s’inspirant des modèles néerlandais et suédois. Elle plaide également pour la création d’un guichet unique et d’un « préfet accélérateur » régional, afin de positionner la France comme le hub numérique le plus compétitif d’Europe.

Chiffrement, cybersécurité et IA : les dossiers sous tension

Au-delà des infrastructures, l’Alliance se mobilise sur des enjeux qu’elle juge structurants pour le secteur. Sur le volet cybersécurité, elle appelle les parlementaires à adopter rapidement le projet de loi relatif à la résilience des infrastructures critiques, qui transposera la directive NIS 2. L’AFNUM insiste sur la nécessité de préserver des mécanismes de chiffrement robustes, qu’elle juge indispensables tant à la protection de la vie privée des citoyens qu’à l’intégrité des systèmes d’information des entreprises et de l’État.

Sur la régulation de l’intelligence artificielle, l’organisation a participé cette année aux travaux portant sur l’évaluation de l’impact environnemental de l’IA, la simplification du cadre européen découlant de l’IA Act, ainsi que la préservation d’un équilibre entre droit d’auteur et compétitivité de l’écosystème IA en France et en Europe.

Trois priorités pour la présidentielle 2027

Avec dix ans d’existence et une représentativité désormais établie (60 entreprises adhérentes, 250 000 emplois et 35 milliards d’euros de chiffre d’affaires cumulés en France), l’AFNUM aborde l’échéance présidentielle avec une feuille de route resserrée autour de trois priorités : renforcer la compétitivité de la France et de l’Europe, accélérer la formation, l’attractivité et la fidélisation des talents, et faire du numérique un levier de durabilité et d’inclusion.

Ces orientations structureront l’action du nouveau comité de direction, élu lors de cette assemblée générale et composé de 24 membres et 6 personnalités qualifiées, sous la présidence de Marc Charrière (Nokia). « La France a tous les atouts pour devenir le hub numérique le plus compétitif d’Europe. À nous de transformer cette ambition en réalité collective », a déclaré le président de l’AFNUM, qui annonce la poursuite de cet engagement dans les mois à venir.