Accueil Cyber La cybersécurité s’écrit en roman

La cybersécurité s’écrit en roman

Le CESIN reprend le flambeau du Prix du Roman Cyber lancé par l’Agora 41 en 2021. Rebaptisé Prix CESIN du Roman Cyber, il récompense une œuvre de fiction en français qui explore la cybersécurité, l’intelligence artificielle ou la culture numérique. Dix romans sont déjà en lice pour cette édition 2026, sous le parrainage de la ministre déléguée à l’Intelligence artificielle et au Numérique, Anne Le Hénanff.

Un imaginaire qui gouverne déjà nos vies

Le mot “cyber” vient du grec kubernân, gouverner. Un rappel qui prend tout son sens quand on regarde d’où vient l’initiative. Fondé pour interroger la place grandissante du numérique dans la société, l’Agora 41 a fait de la fiction un terrain d’observation à part entière. Le raisonnement est simple : le terme “cyber”, né dans la science-fiction, façonne aujourd’hui le quotidien des citoyens et pourrait bien redessiner nos civilisations demain. Observer les récits qui s’en emparent, c’est aussi observer comment se construisent les représentations collectives du risque numérique, de l’IA et de la sécurité de l’information.

Cette réflexion a donné naissance en 2021 au Prix du Roman Cyber, porté deux ans par l’administration française avant d’être repris cette année par le CESIN, avec le soutien des sociétés Almond, I-Tracing et Advens. La dotation reste fixée à 3 000 euros pour l’auteur ou l’autrice de l’ouvrage de fiction distingué, publié entre le 15 septembre 2025 et le 14 septembre 2026.

Dix romans, un jury à double culture

La première sélection, arrêtée le 29 juin dernier, réunit dix titres : “Le ciel a disparu” d’Alain Blottière, “Orages d’octets” de Bertrand Boyer et Anthony Namor, “Memory Palace” de Léa Cuenin, “Ni le jour ni l’heure” de Sylvain Forge, “Mourir deux fois” de Maxime Girardeau, “Totem” de François-Régis de Guenyveau, “Bureau 26” d’Elie Maucourant, “La mort sous la peau” de Stéphane Marchand, “IA Q, Les cinq vies de Martin Kessler” de Roland Portiche et “L’ADN du chaos” d’Elena Sender.

Pour les départager, le jury mêle deux mondes qui se croisent rarement autant : celui de la cybersécurité et celui de la littérature. Mylène Jarossay, directrice cybersécurité du groupe LVMH et co-fondatrice du CESIN, préside ce collège aux côtés de la journaliste Delphine Chêne. On y retrouve aussi bien des écrivains que des figures du renseignement et de la cyberdéfense, des journalistes, une directrice littéraire ou encore des dirigeants d’entreprises du secteur. Une manière d’assumer que la fiction sur le cyber ne se juge pas qu’à l’aune de sa vraisemblance technique, mais aussi de sa capacité à raconter quelque chose de vrai sur notre époque.

Les finalistes seront connus le 7 septembre 2026, avant la remise du prix le 5 novembre au Campus Cyber de La Défense. Les deux premières éditions avaient déjà consacré Sylvain Forge pour “Sauve-la” puis Christophe Agnus pour “L’Armée d’Edward”, ce dernier rejoignant cette année le jury qu’il avait remporté.